Les métiers du traitement de façades en plein essor

Le témoignage de Groupe 2UF à Lillers

Publié dans l'édition Nord N. 8640 par

Christophe Waubant a repris en 2006 les entreprises Artois façades et Savio à Burbure, leaders reconnus et spécialistes régionaux des enduits façades, puis, en novembre 2009, deux sociétés de Denain, SPRS (Société peinture ravalement sablage) et France façade isolation, pour en faire une seule entité : Hainaut façades. En novembre 2010, le rachat du fonds […]

D.R.

Christophe Waubant a repris en 2006 les entreprises Artois façades et Savio à Burbure, leaders reconnus et spécialistes régionaux des enduits façades, puis, en novembre 2009, deux sociétés de Denain, SPRS (Société peinture ravalement sablage) et France façade isolation, pour en faire une seule entité : Hainaut façades. En novembre 2010, le rachat du fonds de commerce de la SAS Caronor à Lille et plus récemment, courant janvier, le rachat de la société BSD couvertures à Hersin-Coupigny sont venus compléter le dispositif régional du groupe ayant maintenant un savoir-faire global «enveloppe du bâtiment». Le Groupe 2UF comprend maintenant près de 270 collaborateurs, le siège étant implanté à Lillers.

 A la veille du 9e salon des professionnels de la construction Nordbat, ce jeune dirigeant très impliqué à la CCI, au Medef, actif dans des clubs d’entreprises, également administrateur de l’Union nationale des entrepreneurs d’enduits de façade (UNEEF), a accepté de répondre à nos questions sur sa vision du secteur.

 La Gazette. Pouvez-vous nous présenter  le métier d’enduiseur façadier ?

Christophe Waubant. Ce métier est spécialisé dans la réalisation du traitement de façades en neuf ou en rénovation. Il met en œuvre les mortiers à base de liant hydraulique par projection mécanique, pouvant intégrer des décorations sous forme de couleurs, de joints creux, ou de surépaisseurs. Des enduits de résine organique peuvent être appliqués manuellement avec une taloche. Ce métier peut avoir des spécificités régionales et inclure des activités complémentaires comme la restauration de pierres, la pose de briques de parement ou le rejointoiement. La nouvelle activité de l’isolation thermique par l’extérieur complète le panel des savoir-faire du façadier. Cette profession demande des aptitudes techniques mais aussi organisationnelles spécifiques. Le façadier étant tributaire de l’état d’avancement du gros œuvre, il doit être capable de composer avec les autres équipes sur le chantier. De fortes capacités de communication et d’organisation sont donc nécessaires. Autres qualités essentielles : ne pas avoir le vertige et avoir une bonne résistance physique pour une profession qui s’exerce toujours en extérieur.

 Comment ont évolué les métiers de la façade ?

Les métiers liés au Grenelle de l’environnement sont en plein essor. Il y a de réelles opportunités de développement pour les entreprises, mais la rigueur est de mise. C’est notamment le cas pour les métiers de la façade. L’enduiseur façadier qui, il y a quatre ans encore, faisait 100% de son activité dans l’application d’enduit de façade, peut aujourd’hui, s’il s’en est donné la peine, muter son activité en une majorité de travaux d’isolation thermique par l’extérieur (ITE).

Cette activité consiste à fixer sur les murs extérieurs des plaques d’isolant (essentiellement en polystyrène), de maroufler une trame en fibre de verre dans un sous-enduit puis d’appliquer un enduit de finition. C’est finalement la continuité du geste initial d’application de l’enduit de façade. En cette période de crise, les entreprises qui auront su prendre la balle au bond bénéficient d’une véritable bouffée d’oxygène. Cette activité se retrouve à la fois sur le marché du neuf et sur le marché de la rénovation.

 Quels sont les chiffres caractérisant cette nouvelle activité d’isolation thermique par l’extérieur?

Nous possédons des données provenant du Syndicat national des mortiers industriels. Aujourd’hui, quelque 16 millions de mètres carrés d’ITE sont posés en France. Même si entre 2009 et 2011 la progression constatée du marché est de 119%, on note que celui-ci a globalement peu évolué en 2013. Par contre, si la finition «enduits sur isolant» marque le pas, la finition «bardage» reste, elle, encore très dynamique.

 Quelles préconisations faites-vous pour se lancer dans ces nouvelles activités ?

Cette activité nécessite une grande rigueur. Tout d’abord, il est capital de former les compagnons aux nouvelles méthodes pour adopter les bons gestes et éviter les sinistres. Ensuite, il faut veiller à utiliser des matériaux éprouvés car l’entreprise doit assurer une garantie décennale sur ses ouvrages. Par ailleurs, l’installation de plaques de polystyrène amène la profession à s’interroger sur sa responsabilité relative à un éventuel non-respect des modes constructifs par rapport au risque incendie (IT 249).

D.R.

L’activité de l’isolation thermique est en forte expansion.

 Comment voyez-vous l’évolution du marché ?

Aujourd’hui, cette activité évolue encore. On note que le marché s’oriente vers des systèmes mixtes d’isolation thermique en finition enduit et isolation finition bardage. La raison d’être de cette évolution est essentiellement architecturale, le coût du bardage devenant compétitif. L’entreprise doit donc intégrer ce savoir-faire en part propre, en sous-traitance ou en cotraitance.

Les systèmes d’isolation thermique évolueront très certainement techniquement mais également de façon normative, je pense tout particulièrement à l’aspect normatif sur le risque incendie. Il est fort possible qu’au niveau de l’isolant, la laine de roche supplante à terme le polystyrène. La profession s’est organisée pour répondre à ces nouveaux métiers et aux nouvelles orientations du marché. L’UNEEF milite depuis plusieurs années pour que ses adhérents prennent ces virages technologiques dans les meilleures conditions.