Un éleveur bio se lance dans l’hébergement touristique

Quatre chambres d’hôtes à Solre-le-Château

Publié dans l'édition Nord N. 8636 par

Dans l’est de l’Avesnois, Sandrine et François Bonamy ont rénové une partie de la ferme familiale pour ouvrir leur maison d’hôtes.

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D.R.

Sandrine et François Bonamy ont lancé «La Ferme aux Charmes» à Solre-le-Château, dans l’est de l’Avesnois, non loin de la frontière belge.

 En 2008, François Bonamy a choisi d’être agriculteur. Il a repris la ferme familiale de Solre-le-Château (est de l’Avesnois). Son père avait converti son élevage laitier en bio entre 1998 et 2000, puis mis aux normes en 2006. «II y a toujours 58 hectares, tout en herbe, et une quarantaine de vaches», dit-il.

En décembre 2013, nouveau projet : avec son épouse Sandrine, il a ouvert quatre chambres d’hôtes sous le label «Accueil paysan»1. Originaire de Lille, Sandrine a, précisons-le, quitté son travail dans la logistique et la gestion pour se consacrer à cette aventure de l’hébergement touristique.

 Choix militants. Pour le jeune homme, l’installation comme éleveur fut un gros changement d’orientation professionnelle. Avant de passer le brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole au lycée du Quesnoy, il avait, en effet, deux grandes occupations : sa maîtrise de physique/chimie pour devenir enseignant et le cyclisme qu’il pratiquait en bon amateur…  

Pourquoi l’agriculture ? «J’ai toujours vécu dans ce milieu et connu toutes les évolutions de la ferme familiale. Bien sûr, j’ai adhéré à son orientation vers le bio.» Et pourquoi des hébergements touristiques ? «Ce projet de chambres d’hôtes avec Accueil paysan avait déjà été envisagé en 2006, en raison d’une proximité militante et éthique. Il est revenu assez naturellement, étant donné la place disponible dans cette ancienne ferme qui était à rénover.»

 Les retards ont eu du bon. L’ouverture de la «Ferme aux Charmes», le 9 décembre, a été l’aboutissement d’une longue, et parfois éprouvante, période de démarches, de montage de dossier, d’attentes, de travaux, enclenchée en octobre 2009. Le couple a en parallèle construit sa vie de famille et, bien sûr, fait tourner la ferme. Un vrai parcours initiatique demandant obstination et patience. «On était vraiment naïfs, ou plutôt ignorants, constatent-ils d’une même voix. Heureusement, on a tenu bon, mis la main à la pâte et reçu l’aide de la famille et des voisins. Sinon, on y serait encore ! Les contretemps ont toutefois eu du bon : ils nous ont permis de peaufiner notre projet. On a aussi amélioré notre espace privé.»

Un projet a d’ailleurs émergé en 2013 : l’installation d’une chaudière à bois déchiqueté pour l’eau chaude sanitaire et le chauffage. «A l’origine, la ferme était au fuel. Le bois bûche a pris le relais, mais, finalement, lorsque s’est posée la question d’une installation plus puissante, on a opté pour le bois déchiqueté. Une visite dans l’Aisne organisée par le Parc naturel nous a convaincus. Avec notre linéaire de haies, on assure en outre une partie de notre approvisionnement.»

 1. Dans l’Avesnois, il y a désormais deux sites proposant des hébergements touristiques sous ce label : un à Prisches, à « La Cense Lignère », et un à Solre-le-Château.