A Calais, les consulaires prennent leçon

Comprendre l’économie collaborative

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8641 par

Du buzz pour les nouvelles formes marchandes d’échange de biens et de service. Collaborer plutôt que se concurrencer ? Faire travailler les autres gratuitement et récolter les fruits des réseaux sociaux ? C’est ce genre d’idées qui fit l’objet, le 18 mars dernier, d’échanges lors d’une Rencontre numérique de la CCI Côte d’Opale.

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CAPresse 2014

Cap Numéric et la CCI Côte d'Opale ont organisé une Rencontre numérique le 18 mars dernier à Calais.

 Une salle comble, studieuse et découvrant l’actualité de «la nouvelle économie». Dans les locaux du siège de la CCI Côte d’Opale, un bien jeune expert prêche la bonne parole à la cinquantaine de dirigeants présents. «Aujourd’hui, c’est dans l’utilisation des capacités excédentaires de vos entreprises que vous pouvez gagner», indique Antonin Léonard, rédacteur en chef de www.consocollaborative.com, site de référence dans le domaine. «L’économie collaborative ou le business modèle du partage» seraient-ils la voie d’une refondation de nos modèles économiques ? Aurons-nous seulement le choix face à l’épuisement des ressources, la fin des rentes et les nouvelles formes de consommation ? « L’économie de demain repose sur quatre piliers, explique Antonin Léonard : la production, la consommation, le financement et les savoirs.» Le tout fonctionne en mode partagé et les exemples sont légion : plates-formes d’échanges marchands ou pas,  location entre particuliers (de la tondeuse à gazon à la maison pour les vacances)… En France, 2 millions de personnes font du covoiturage tout les jours. «A San Francisco, la moitié des transports en commun est gérée par une plate-forme de la société Lyft. Collaborative, elle a été valorisée à 700 millions de dollars», ajoute-t-il.

 Ouishare… Créer de la valeur réside désormais dans l’utilisation et l’optimisation des réseaux : les particuliers échangent une demande de location entre eux toutes les secondes aujourd’hui. Idem pour la vente qui explose sur les site comme www.leboncoin.fr et ses avatars spécifiques. «Le Bon Coin fait toute la palette des produits. Peu à peu, des sites spécialisés ont pris un des segments du Bon Coin et l’ont amélioré.» Comme dans l’économie traditionnelle finalement… Sans inventer l’eau chaude, l’économie collaborative doit aussi répondre aux questions premières de tout business model : quelle masse critique ? comment construire la confiance entre les acteurs de ces échanges ? comment organiser la fluidité et l’attractivité des plates-formes ?… Prendre une commission sur un échange marchand entre particuliers est une chose mais pourquoi deux personnes s’échangeraient-elles leurs maisons pour les vacances sans se connaître ? «L’assurance répond à ces craintes, le système de réputation également», répond Antonin Léonard. Pour créer son business, il faut d’abord fonder «sa famille». «Tout projet collaboratif s’appuie sur une communauté qui partage des valeurs», édicte l’expert. Au sens moral, éthique… et comptable.