Pierre de Saintignon et le monde économique audomarois

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8657 par

Le 6 mai, à Saint-Martin-au-Laërt, Pierre de Saintignon «planchait» devant le gotha économique de Saint-Omer. Beaucoup des 50 chefs d’entreprise présents le connaissaient peu ou mal.  Le discours sans langue de bois du 1er vice-président du Conseil régional et 1er adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille les a séduits. Ils ont reconnu […]

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Le 6 mai, à Saint-Martin-au-Laërt, Pierre de Saintignon «planchait» devant le gotha économique de Saint-Omer. Beaucoup des 50 chefs d’entreprise présents le connaissaient peu ou mal.  Le discours sans langue de bois du 1er vice-président du Conseil régional et 1er adjoint de Martine Aubry à la mairie de Lille les a séduits.

Ils ont reconnu en ce «deloriste» convaincu l’un des leurs. Ce descendant d’une famille de la noblesse lorraine n’a-t-il pas été le grand patron de Darty France ? Le fidèle lieutenant de Martine Aubry, la fille de Jacques Delors, a énuméré les atouts de la région Nord-Pas-de-Calais avec une foi inébranlable en un avenir radieux : le ferroviaire, l’automobile, la banque, l’informatique (IBM), l’assurance, la pêche, le tourisme rural ou balnéaire ou industriel ou de mémoire… Autant de cartes maîtresses d’une région forte de sa jeunesse, de son passé industriel glorieux, de son courage face aux stigmates de l’Histoire… Une région située au cœur d’une zone de chalandise de 88 millions d’âmes à moins de deux heures de la métropole lilloise.

On a cru comprendre, sans entrer trop avant dans l’analyse politicienne de son discours, qu’il n’était pas un «hollandais» pur jus, lui qui ne croit ni à l’inversion de la courbe, ni au « retournement » annoncé. Jeremy Rifkin et la troisième révolution industrielle ne sont ni son dieu ni sa bible («je me méfie des gourous», sic !). Il n’est pas non plus un farouche partisan de la prochaine réforme territoriale : «Le Nord et le Pas-de-Calais n’ont besoin de personne d’autre pour réussir».

Il a martelé sa conception humaniste de l’entreprise et de la société où l’homme doit être au cœur de l’action politique et de l’économie. Il affiche un mépris froid pour ces chefs d’entreprise aux exigences indécentes : salaire, stock-options…