5e Journée de la transmission d’entreprise

La Caisse d’épargne ambitieuse sur le marché des entreprises

Publié dans l'édition Nord N. 8703 par

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D.R.

Philippe Kuhn, directeur depuis février 2014 du marché Entreprises et membre du Comex à la Caisse d’épargne Nord France Europe.

La Gazette. Quel bilan dressez-vous de l’édition 2014 de la Journée de la transmission d’entreprise ?

Philippe Kuhn. A l’instar des éditions précédentes, cette 5e édition a été un bon cru avec 170 rendez-vous organisés contre 150 l’an dernier, quelque 200 visiteurs et 2 ateliers, le premier sur la croissance externe, le second sur les aspects non financiers d’un dossier de reprise. Un bon cru assurément car, même dans une période économique difficile, il est important de faciliter la reprise et la cession des entreprises pour éviter qu’elles ne disparaissent. Ces disparitions sont dommageables quand la cession n’intervient pas à temps par manque d’anticipation du cédant. Celui-ci peut avoir tendance à reporter sa décision, ce qui peut entraîner parfois des situations de cessation d’activité.

Réussite tant en quantité qu’en qualité d’acteurs, cette édition l’a aussi été en termes d’image pour la Caisse d’épargne. Elle tient la route et fait ses preuves avec 26 cabinets d’experts (17 l’an dernier) et de conseils de cédants présents, principalement régionaux ou représentants régionaux de cabinets parisiens mais aussi des Belges.

Objectif atteint, donc ?

La Caisse d’épargne Nord France Europe veut être un acteur bancaire dans la totalité de ses champs d’action. Force est de reconnaître qu’aujourd’hui, elle n’a pas encore la place qu’elle devrait avoir sur le marché de l’entreprise. Sur les autres marchés, particuliers, logement social, économie sociale et solidaire, financement immobilier, secteur public, elle est déjà incontournable et reconnue comme acteur leader. Mais être challenger ne signifie pas manquer d’ambitions. Aujourd’hui, parce qu’elle a un rôle important à jouer dans l’économie régionale, la Caisse d’épargne souhaite se développer et acquérir sa part de marché naturelle sur le marché des entreprises. Elle veut accompagner les entreprises tout au long de leurs cycles de vie : création, développement, accompagnement, transmission, cession.

Ces journées de la transmission ont vocation à déboucher sur des opérations de transmissions, que la Caisse les financent ou pas.

Que pèse actuellement le marché des entreprises à la CENFE ?

Le marché de l’entreprise en CENFE aujourd’hui représente près de 1 600 entreprises clientes C’est un marché en progression sur lequel nous affichons la volonté d’être très actifs en conquête de nouveaux clients. La Caisse est présente sur toute la région à travers quatre centres d’affaires Entreprises implantés à Lille, Valenciennes, Lens et sur le littoral. Un centre d’affaires grands comptes, situé à Lille, gère les entreprises plus de 50 M€ de chiffre d’affaires. Nous intervenons sur tous les métiers de l’entreprise et notamment sur les financements court terme, moyen terme et long terme, mais aussi en capital-développement. La Caisse d’épargne Nord France Europe a d’ailleurs créé récemment sa filiale de capital-développement, Caisse d’épargne Nord France investissement (CENFI).

Nous avons ouvert début août notre succursale belge, située avenue Louise à Bruxelles, qui sera inaugurée officiellement le 11 décembre prochain. Ce développement en Belgique a pour objectif de mettre en place des financements à destination des grands corporates belges. L’appellation Caisse d’épargne Nord France Europe prend ainsi tout son sens.

Quel est votre sentiment sur la conjoncture actuelle ?

Difficile : 2014 est une année atone sur le plan économique, avec une absence de croissance qui se caractérise par une stagnation, voire une baisse de consommation des ménages, un tassement de l’immobilier et sur la partie entreprises un attentisme des dirigeants par manque de visibilité économique et fiscale. Quand vous n’avez pas de visibilité, vous hésitez à investir. Le fait que les crédits ne se développent pas comme attendu est davantage un problème de demande que d’offre. Les banques sont certes plus prudentes, mais il manque notoirement de projets à financer. Ce manque de projets entraîne une concurrence plus importante entre les banques. J’espère une reprise, mais je ne vois pas bien pourquoi 2015 serait différente de 2014, tout en espérant évidemment me tromper.