Expo «Tisser Matisse» au Cateau-Cambrésis

L’artiste était aussi un créateur dans le textile

Publié dans l'édition Nord N. 8705 par

L’exposition qui se tient au musée Matisse du Cateau rappelle qu’Henri Matisse a grandi dans une région et une famille marquées par le textile et qu’il a aussi répondu à des commandes.

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

D.R.

Lors de la visite d’élèves en primaire à l’école Notre-Dame-de-Santes, visite réalisée en compagnie d’une des guides conférencières du musée Matisse, Clarisse Van Gucht.

Jusqu’au 8 mars 2015, on peut découvrir, au palais Fénelon du Cateau Cambrésis, les 70 œuvres de l’expo «Tisser Matisse». L’événement coïncide avec le soixantième anniversaire de la disparition d’Henri Matisse, né au Cateau en 1869 et mort à Nice en 1954 (où il est enterré). Lancée le 15 novembre, cette manifestation est une coproduction entre le musée départemental nordiste et le Musée d’art moderne de Troyes (qui l’avait présentée les mois précédents). L’exposition a été, entre deux, enrichie par des prêts inédits de la famille, de privés ou d’autres musées. Parmi ces derniers : la maison familiale de Bohain-en-Vermandois et la Maison du textile de Fresnoy-le-Grand, toutes deux situées au nord de l’Aisne, à la limite du Cambrésis.

Un artiste ancré dans l’histoire textile. «Tisser Matisse» donne l’occasion de découvrir deux facettes de l’artiste, peut-être moins montrées. La première rappelle qu’Henri Matisse a grandi dans un territoire et une famille marqués par le textile, le tissage en particulier. Son histoire familiale compte trois générations de tisserands (dont ses grands-parents) et illustre cette l’époque où le Catésis et le Nord de l’Aisne travaillaient notamment pour la haute couture, les enseignes parisiennes et les tissus d’ameublement. Des activités qui existent encore mais du côté de Caudry et de Cambrai.

La maison familiale de Bohain-en-Vermandois, l’ancienne graineterie de son père devenue musée, a prêté des échantillons et la Maison du textile de Fresnoy-le-Grand, un métier ayant servi à La Filandière, la dernière entreprise textile de Picardie, dit-on, où se pratiquait le tissage sur des métiers à bras, équipés du système Jacquard.

Henri Matisse a donc baigné dans cette économie aujourd’hui disparue, mais qui l’a inspiré.

Un artiste mais aussi créateur textile. Autre facette de l’artiste : celle du créateur qui a honoré des commandes publiques (de la manufacture des Gobelins par exemple) et privées. D’où la présentation de ces croquis, œuvres ébauchées, échantillons, cartons de tapisseries ou tapis muraux illustrant ses échanges avec artisans et donneurs d’ordre. Henri Matisse a aussi collaboré à l’édition, à la réalisation de vitraux, de costumes liturgiques comme des chasubles (ces derniers sont présentés à l’expo)…

En matière de création, Henri Matisse a également innové avec la technique dite des gouaches découpées.

Au gré de son parcours, le visiteur retrouve tout ce qui a inspiré l’artiste dans ses toiles et commandes : les couleurs vives, la géométrie, la nature, la flore et la faune, notamment d’Océanie, les voyages… On découvre au passage l’amateur de textile, d’étoffes, de costumes, de tissus, de tentures, soit chinés, soit rapportés de ses voyages.

Informations sur l’expo en contactant le musée au 03 59 73 38 00. Voir aussi le site http://museematisse.lenord.fr