Laboratoire des matériaux céramiques de Maubeuge

Un programme européen tourné vers l’automobile

Publié dans l'édition Nord N. 8706 par

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D.R.

Anne Leriche, la directrice du Laboratoire des matériaux céramiques et procédés associés, en compagnie de Yannick Lorgouilloux, enseignant chercheur. La machine permet de couler du métal dans la céramique.

Le Laboratoire des matériaux céramiques et procédés associés (LMCPA) de Maubeuge a lui aussi déménagé. En début d’année 2014, il a quitté le secteur de la Petite-Savate, à l’ouest de la capitale sambrienne, pour rejoindre le nouveau site universitaire (rattaché à l’université du Valenciennois et du Hainaut-Cambrésis) construit à l’est, plus près du centre-ville, à côté de la cité scolaire Pierre-Forest.

Cette unité de recherche, où travaille une trentaine de personnes (fonctionnaires d’Etat, thésards, vacataires), est spécialisée dans les matériaux céramiques et se trouve engagée dans des programmes européens. Trois grands thèmes mobilisent le labo : la biocéramique (et ses applications en chirurgie par exemple), l’électronique et les revêtements (notamment de protection). Ses activités concernent l’innovation dans les secteurs du transport et de la santé.

Pas facile à trouver. Anne Leriche, la directrice, explique que la mise en route du LMCPA s’est étalée sur une petite année, du fait notamment d’un parc d’équipements et de machines sophistiqués à réinstaller, ainsi que d’une évaluation ministérielle prévue qu’il a fallu attendre. Le labo est vraiment opérationnel depuis septembre 2014. «L’Etat a investi dans des appareils de meilleure qualité», souligne-t-elle au passage

Les locaux sont neufs mais n’ont pas que des avantages. Avant, le labo s’organisait en plain-pied. Maintenant, il occupe deux niveaux dans des locaux qui se sont révélés parfois moins fonctionnels. En outre, pour la deuxième rentrée universitaire, il ne disposait toujours pas − pas plus que le site lui-même − d’une signalisation routière permettant à des visiteurs extérieurs de le trouver.

Dix ans d’un partenariat franco-belge. L’actualité du labo, outre son déménagement intra-muros, c’est toujours son engagement dans des projets européens de recherche. Ces dernières années, explique Mme Leriche, il était notamment engagé dans le projet PRISTIMAT², tourné vers l’industrie automobile, soutenu par le programme Interreg IV, financé à parts égales par l’Europe et la Région (567 181 euros de coût total) et coordonné par le CRIBC (Centre de recherches de l’industrie belge de la céramique), situé à Mons. «Les partenaires − six laboratoires wallons et français − travaillent ensemble depuis plus de dix ans. Cette collaboration a débouché, en cette fin d’année 2014, sur un procédé de développement d’un matériau composite alliant les propriétés isolantes de la céramique et les propriétés conductrices de la chaleur du métal.»

Présentation au CISIT. Ce projet devait être présenté fin novembre au CISIT (site universitaire du Mont-Houy, au sud de Valenciennes) à l’occasion d’une journée consacrée à l’innovation dans l’automobile et le ferroviaire. Le CISIT, c’est le Campus international sur la sécurité et l’intermodalité dans les transports. Inauguré en janvier 2014. Entre industriels et chercheurs franco-belges, on y parle donc de R&D et de transfert de technologies.

Pot catalytique. Dans le cas de PRISTIMAT²,  explique Mme Leriche, un dispositif d’écran thermique a été créé entre une source de chaleur et un équipement électrique qui craint cette chaleur. «La phase de mise au point a été réalisée. Maintenant, on en est au prototype et à la recherche de contacts avec des constructeurs automobiles.» Exemple d’usage : le pot catalytique qui fonctionne mieux quand il atteint des températures élevées. «C’est le LMCPA qui a souhaité pouvoir présenter PRISTIMAT² au CISIT. Le projet est en effet entré dans sa phase de communication.»