Bilan 2014 et perspectives 2015

Eurasanté, ce pilier régional qui booste l’économie

Publié dans l'édition Nord N. 8712 par

80 millions d’euros levés, 17 nouvelles implantations, 5 extensions, 145 entreprises, 2 800 salariés… Eurasanté prouve une fois de plus son dynamisme et sa particularité d’attirer aussi bien des groupes internationaux que des TPE ou des PME (HMS Vilgo, Diagast, Biolume, Genfit, pour n’en citer que quelques-unes). C’est sans nul doute ce qui fait sa force et son attractivité. «Nous devons rééditer et amplifier l’année 2014 qui a été, pour le GIE (groupement d’intérêt économique) Eurasanté, une très bonne année» explique Etienne Vervaecke, directeur général. Les 22 implantions – 17 nouvelles entreprises et 5 extensions – ont généré 80 emplois et le parc devrait passer la barre des 3 000 salariés à l’horizon 2015. «Plus de 80 millions d’euros ont été injectés dans le bio-incubateur en 2014. Huit nouveaux projets ont été agréés l’an dernier sur 24 dossiers présentés (contre cinq à sept habituellement). C’est difficile de trouver des capitaux, on se doit d’être sélectifs» poursuit-il. Et de citer les cas de VF Bioscience (probiotiques pour prévenir les désordres intestinaux), Lunginnov (solutions pour la recherche et le diagnostic des dysfonctionnements sévères) ou encore Lipofabrik (production, purification, mise en composition et commercialisation de molécules par des bioprocédés utilisant des ressources renouvelables) qui ont, toutes trois opéré une levée de fonds l’an dernier. Un bio-incubateur victime de son succès puisque les locaux affichent quasiment complets ! «Nous serons plein fin février», précise le directeur général. Heureusement qu’il reste 130 000 m2 de libres sur le parc Eurasanté. De quoi voir venir pour attirer de jeunes pousses ou de grosses pépites ! Depuis sa création, le bio-incubateur a permis la création de plus de 60 entreprises et accompagné une centaine de projets.

Pôle de compétitivité NSL. Record atteint également pour le pôle Nutrition Santé Longévité (NSL) avec l’accueil de 20 nouveaux membres (sur 100) et la labellisation de 6 projets au titre du Fonds unique interministériel (trois sont acceptés ; les autres, en cours d’étude). Au total depuis sa création, 18 projets ont été labellisés et financés pour un montant de 31 millions d’euros. Autre réussite de cette année, l’organisation en décembre dernier de BioFIT et ses 1 100 participants, dont la moitié d’étrangers. «L’événement sera annuel, une fois à Lille, une fois à Strasbourg, puisque nous avons signé un partenariat avec la région Alsace et la communauté urbaine de Strasbourg», poursuit Etienne Vervaecke. Il ne reste donc plus qu’à souhaiter à la filière santé régionale de vivre une année 2015 aussi enrichissante que celle qui vient de s’achever.

ENCADRE 1

La croissance est leur moteur…

 Diagast. Première entreprise à s’être installée sur le Parc au milieu des années 90, Diagast met au point et distribue des tests de détermination de groupe sanguin pour les hôpitaux, laboratoires, centres de transfusion, etc. Filiale à 100% de l’Etablissement français du sang, Diagast est aujourd’hui le 5e acteur du secteur, «après trois Américains et un Espagnol» précise Bruno Morino, PDG depuis quatre ans. Avec 31 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014 (+7%), 170 salariés, une filiale en Espagne et en Inde, 60% du CA réalisé à l’export et 10% du CA consacrés à la R&D, Diagast est en pleine expansion et a acquis en 2014 une PME bordelaise, ABO DIAG, spécialisée dans l’élaboration d’outils diagnostics pour la détermination du groupe sanguin. «Nous allons finaliser leur technologie pour les commercialiser en 2016» explique-t-il, pour poursuivre : «Nos murs sont trop petits. Nous recherchons des terrains sur Eurasanté, car nous allons doubler notre surface dans les trois ans.» Objectif d’ici cinq ans : 50 M€ de CA.

Innobiochips (Vianney Souplet, directeur général). L’entreprise de 11 salariés est spécialisée dans les «solutions multiplexes innovantes pour le diagnostic» : quantification rapide des protéines, analyses personnalisées… Elle est implantée au sein du bio-incubateur depuis août 2014 et va bientôt accueillir un plateau industriel. Innobiochips vient de répondre à un appel à projets du Fonds unique interministériel.

Axens conseil (Pascal Aubert, gérant). Son domaine ? L’agronutrition et l’analyse sensorielle. Autrement dit, savoir pourquoi un consommateur préfère l’onctuosité ou le parfum de tel ou tel aliment. «Nos clients sont les industries agroalimentaires, les distributeurs, les entreprises cosmétiques ou les drogueries/parfumeries. 60% de notre activité concerne la grande distribution et le non-alimentaire. En fait, tous les domaines où la promesse doit être au rendez-vous avec le consommateur», détaille Pascal Aubert. L’entreprise de 18 salariés a réalisé un CA de 1,5 million d’euros en 2014 (entre 8 et 10% de croissance).

 

ENCADRE 2

Clubster Santé grimpe en flèche

Clubster Santé regroupe plus de 200 entreprises régionales (sur les 700 entreprises de la filière régionale). Aux côtés du CHRU de Lille et de 70 entreprises régionales, Clubster Santé a notamment coconstruit en 2014 le Silver Concept, l’EHPAD du futur (3e volet de la saga « Concept Room ») pour faire bénéficier aux soignants et aux patients des dernières innovations du marché dans le domaine de la Silver Economie. Le concept a été présenté devant plus de 800 décideurs en décembre dernier à Lille Grand-Palais. L’objectif ? Améliorer l’accompagnement des personnes âgées dépendantes ainsi que le quotidien de leurs soignants et de leurs familles. Le Silver Concept sera réinstallé en 2015 au CHRU de Lille. Le 4e opus du Concept Room est déjà en route, il portera sur le maintien à domicile des personnes âgées et/ou handicapées.

 

Eurasanté
D.R.

Pascal Aubert, Axens Conseil, Vianney Souplet, Innobiochips, Didier Delmotte, président Eurasanté, Etienne Vervaecke, directeur général Eurasanté et Bruno Morino, Diagast.

Le bio-incubateur a accompagné plus d’une centaine de projets.