Conjoncture

L’économie régionale continue à souffrir mais ne rompt pas

Publié dans l'édition Nord N. 8713 par

Au regard d’une activité économique nationale qui affiche une once de dynamisme au 3e trimestre 2014, soit +0,3%, favorisée par plusieurs leviers (dépréciation de l’euro, baisse du cours du pétrole, CICE, Pacte de responsabilité…), l’économie régionale reste en souffrance. Le niveau de l’emploi se dégrade de nouveau, porté par un secteur du bâtiment qui ne cesse de s’écrouler. De facto, on note fort logiquement une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi se traduisant par la hausse de 0,3 point du taux de chômage. Les seuls rayons d’optimisme proviennent de la hausse respective de l’activité hôtelière et de la création d’entreprise.

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Les touristes étrangers contribuent très largement au regain de forme du secteur hôtelier.

Les touristes étrangers contribuent très largement au regain de forme du secteur hôtelier.

Le niveau de l’emploi plombé par le secteur de la construction. L’emploi salarié marchand régional repart à la baisse au troisième trimestre 2014 pour atteindre un total de 858 800 salariés, soit précisément une baisse de -0,5 % par rapport au trimestre précédent. Il est à noter que le niveau de cette tendance est un peu plus prononcé qu’au niveau national, soit -0,3 %.

Si on procède à une ventilation par secteur, on observe que la perte d’emploi la plus importante concerne le secteur de la construction. En effet, celui-ci enregistre une baisse record de -2 % en un trimestre, niveau qui est sans précédent depuis 2005 et qui, de surcroît, touche indifféremment les deux départements de la région. Pour corroborer cette tendance, on note que le nombre d’autorisations de construire et les mises en chantier affichent une baisse respective de -24,9 % et -17,9 % par rapport au troisième trimestre de 2013.

Dans l’industrie, l’emploi poursuit  sa tendance baissière pour afficher -0,4 %, soit un solde négatif de 700 emplois. La fabrication de matériels de transport reste le secteur industriel le plus touché en affichant une diminution de -0,9 % de l’emploi. Il est intéressant de souligner que cette perte d’emploi touche uniquement le département du Nord, et plus précisément ses grandes entreprises de la construction automobile. Alors que dans le Pas-de-Calais, le niveau de l’emploi est en peine plus spécifiquement dans les secteurs de la papeterie et de l’industrie du verre.

Un taux de chômage qui ne faiblit pas… Retour à la case départ : la baisse du taux de chômage régional au cours du premier semestre 2014 a été de courte durée. Le taux de chômage a très vite su retrouver ses niveaux d’antan, puisqu’au troisième trimestre 2014, il tend très sensiblement vers celui enregistré à la fin 2013 pour s’établir à 12,9 %, soit 0,3 point de plus qu’au trimestre précédent. Parallèlement, le taux national suit une tendance similaire en s’établissant à 9,9 % contre 9,7 % durant le trimestre précédent.

Malgré ces fluctuations, les comparaisons de taux restent inchangées, puisque, d’une part, l’écart entre le taux régional et national stagne à 3 points et, d’autre part, le taux de chômage dans le Pas-de-Calais est toujours légèrement supérieur à celui du Nord, soit 13,0 % contre 12,8 %.

Face à ces observations, il n’est pas surprenant d’enregistrer une nouvelle hausse de 0,8 % du nombre de personnes inscrites à Pôle emploi qui sont tenues de faire des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B, et C), soit un total de 379 500 à la fin du mois de septembre 2014. Cependant, il s’avère que cette augmentation sur un an est moins significative qu’en France métropolitaine, soit +3,0 % contre + 5,7 %.

Si on procède à une ventilation par tranche d’âge, on constate que le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans repart à la hausse, soit +0,4 %, mais est inférieur de -2,4 % par rapport à septembre 2013. Alors que celui des 50 ans et plus continue de suivre une tendance haussière, de sorte qu’il dépasse de +9,4 % le niveau de septembre 2013.

Quant aux demandeurs d’emploi qui sont inscrits depuis plus d’un an, ces derniers progressent aussi pour atteindre 47,9 % contre 42,9 % en France métropolitaine, soit une progression de +2,3 % au cours du deuxième trimestre 2014 et +5,7 % sur un an.

Des lueurs d’espoir… L’activité hôtelière continue sur sa bonne lancée du deuxième trimestre, avec des arrivées en hausse de +4,0 % et des nuitées en progression de +4,8 % par rapport au même trimestre 2013. Les touristes étrangers contribuent très largement à ce regain de forme du secteur, puisqu’ils représentent 36% des arrivées dans les hôtels. Ils ont participé également à hauteur de 80 % à la hausse des nuitées. Une constante car la région se démarque toujours du niveau national où, globalement, l’activité hôtelière est en retrait de -1,6 %.

L’autre point positif provient de la hausse, depuis début 2013, du nombre de créations d’entreprise (hors micro-entrepreneurs) sur le plan régional et national. Toutefois, il est à noter que la création d’entreprise régionale a fait preuve d’un plus grand dynamisme que la création nationale en affichant une nette progression de + 4,3 % en 2014 contre +1,4%.

Enfin, il est aussi important de souligner le déclin du nombre de défaillances d’entreprise. Entre octobre 2013 et septembre 2014, le nombre total d’entreprises en situation de défaillance est en retrait de 2,7% par rapport à la même période en N-1  au sein de la région Nord-Pas-de-Calais.

L’emploi intérimaire

*Statistiques source Insee. Fictac propose à sa clientèle toutes les solutions en matière de systèmes thermiques.

*Statistiques source Insee.

En termes d’emploi intérimaire, la tendance est très variable d’un trimestre à l’autre, ce qui illustre parfaitement l’instabilité économique et le manque de confiance qui habite les entreprises. Au 3e trimestre 2014, l’emploi intérimaire est en baisse de -2,4 % après une hausse de +5,9 % au trimestre précédent. Toutefois, en glissement annuel, l’emploi intérimaire au sein de la région Nord-Pas-de-Calais, augmente de +2,7 % en décembre 2014, ce qui contraste par rapport au niveau national où on enregistre une nette baisse de -4,1 %. En procédant par ventilation, on observe d’une part une progression de toutes les qualifications (à l’exception des ouvriers qualifiés qui enregistrent une baisse de -12 % sur la même période) et, d’autre part, une tendance haussière générale des effectifs intérimaires dans la plupart des secteurs, à l’exception des services et plus fortement dans le BTP, soit -29,9 %. Par département, le Nord représente le moteur du dynamisme de l’emploi intérimaire régional via une hausse des effectifs intérimaires de +4,7%, contre une baisse de -1,9 % pour le Pas-de-Calais.