Transport fluvial

Le projet d’extension du port de Béthune au centre des discussions

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9532 par

Cela fait plusieurs années que l’on parle d’une extension du port de commerce de Béthune. Un passage au gabarit européen, avec des quais plus longs, des voies plus larges, permettrait un accroissement des volumes chargés et donc transportés, mais aussi de développer le potentiel attractif du Béthunois.

ACT'Presse

Le port de commerce de Béthune, trop exigu, mal équipé, a aujourd'hui un trafic assez limité. Le projet d'extension doit lui permettre de passer à la vitesse supérieure avant la mise en service de Seine-Nord Europe.

Nicolas Honoré, sous-préfet de Béthune, a réuni le 22 avril les principaux décideurs concernés par le dossier d’extension du port de Béthune pour faire un point sur le montage financier de l’opération. « Il s’agit également de trouver une position commune, susceptible de finaliser le projet.« 
Depuis le début de l’année 2015, les choses sont singulièrement compliquées pour le projet d’extension. Fin mars, alors que le dossier aurait dû être bouclé, Roquette a en effet décidé de se retirer, forçant ainsi la CCI mais aussi VNF à trouver un moyen de boucler le financement de quelque 15 millions d’euros. Le leader national de l’amidon n’était pas prêt à s’engager aussi rapidement que prévu dans une augmentation de tonnage, condition sine qua non à la bonne réalisation de ce projet. Or, sans un industriel de taille ayant besoin de la voie d’eau, l’agrandissement du port est compromis.
Suite à cette annonce, l’idée de faire entrer l’agglomération de l’Artois dans le projet fait son chemin. Stéphane de Saint-André, président de VNF, travaille avec Alain Wacheux sur un projet redimensionné avec un nouveau montage financier et juridique. Reste que la CCI refuse que son projet soit revu à la baisse.

Il y a urgence. Si le sous-préfet de l’arrondissement de Béthune a souhaité réunir tout le monde autour d’une table, c’est que les choses pressent. Sur les 15 millions d’euros, 80 % doivent provenir de fonds publics (Etat, Région, Europe, VNF et Conseil général à hauteur de 5 %) et 20 % de fonds privés. Les fonds européens sont à hauteur de 40 % et donc non négligeables pour l’aboutissement du projet. « Ces fonds sont soumis à la présentation d’un projet avant la fin du mois de juin. Au-delà, la participation de l’Europe sera perdue. Les fonds seraient alors redirigés vers d’autres projets« , prévient Nicolas Honoré.
La CCI, VNF, les maires de Béthune et Beuvry, mais aussi Artois Comm. s’accordent pour dire que le projet d’extension et de modernisation du port est une nécessité pour le développement du territoire. Cet agrandissement permettrait également, dans un deuxième temps, de profiter des retombées du canal Seine-Nord Europe. « Nous sommes face à une course contre la montre, mais le désengagement de Roquette ne veut pas dire abandon du projet, même s’il y a urgence à le compenser. »
A l’issue de la réunion, tout le monde s’est mis d’accord sur le principe d’extension et de modernisation du port fluvial en deux phases, pour 15 millions d’euros. Si Alain Wacheux confirme la volonté de l’Agglo de s’impliquer, il n’en reste pas moins qu’on ne sait pas si sa participation sera possible. « Artois Comm. est partante dans l’hypothèse d’une avance remboursable. Les services de la préfecture doivent vérifier si c’est juridiquement possible« , poursuit Nicolas Honoré. La question est donc de savoir si réglementairement parlant des fonds publics peuvent remplacer des fonds privés.
Tout est aujourd’hui entre les mains de la chambre consulaire, qui doit peaufiner son dossier en attendant la réponse des juristes pour valider la participation d’Artois Comm. Par ailleurs, la CCI travaille sur un nouveau dossier, elle doit donner des perspectives d’exploitation et prospecter de futurs utilisateurs du port.