Crowdfunding – financement participatif

Ulule, première plate-forme de financement participatif en France et en Europe !

Publié dans l'édition Nord N. 8724 par

De la construction de la statue de la Liberté, aux travaux du Sacré-Cœur en passant par le financement des spectacles de Shakespeare, le concept de financement participatif a toujours existé. Ce qui diffère aujourd’hui, « c’est la façon de financer via Internet avec un paiement en ligne et une utilisation massive des réseaux sociaux », résume Arnaud Burgot, directeur général d’Ulule, qui nous dévoile tout sur cette plate-forme et le succès de sa 2e édition du tour de France.

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Durant les trois jours à Lille, Ulule a organisé une formation à destination des réseaux d‘accompagnement ; une table ronde dans le but de faire du témoignage, puis un meet-up regroupant porteurs de projet, financeurs, professionnel accompagnateur et l‘équipe d‘Ulule.

Durant les trois jours à Lille, Ulule a organisé une formation à destination des réseaux d‘accompagnement ; une table ronde dans le but de faire du témoignage, puis un meet-up regroupant porteurs de projet, financeurs, professionnel accompagnateur et l‘équipe d‘Ulule.

La Gazette. Pouvez-vous retracer le chemin d’Ulule depuis sa création, il y a quatre ans et demi, et nous expliquer son fonctionnement ?

Arnaud Burgot. La première version d’Ulule a été mise en ligne en octobre 2010. A l’origine, il y avait Alexandre Boucherot et Thomas Grange, les deux fondateurs que j’ai rejoints pour former une petite équipe d’associés opérationnels initiaux avec des compétences assez différentes.
Ulule, c’est de l’entreprenariat au services des entrepreneurs, qui peuvent être des personnes individuelles, des associations ou des sociétés commerciales. C’est un outil de communication, de création de confiance, de crowdsourcing, bien au-delà de l’aspect financier avec une logique de contre-parties non financières. Ce concept n’a pour limites que l’imagination des porteurs de projet.

Que représente Ulule en chiffres aujourd’hui ?

Aujourd’hui c’est 8 200 projets financés avec succès depuis quatre ans, dont la moitié réalisée sur les 12 derniers mois ; 70 % des projets sur Ulule sont liés à la culture (audiovisuel, art, musique), 15 % à l’entreprenariat (en croissance) et 12 % aux projets solidaires (associations, etc.). La géolocalisation des projets a commencé en août 2013 et représente au total 272 projets financés dans la région Nord-Pas-de-Calais − dont Asterion, Calais culture et le site Mademoiselle pour les plus grosse collectes − et 39 en cours de collecte. Tout s’accélère chaque année, on double, voire triple, notre attractivité. On est actuellement à 29 millions d’euros collectés et 670 000 membres.

Comment Ulule peut-il être acteur du changement sur un territoire ?

Nous avons un tout petit impact par rapport à d’autres outils de financements bancaires ou de subventions, mais la dynamique de croissance en quatre ans est intéressante. Les projets ont très souvent un impact local. On propose aux habitants des alentours − susceptibles de financer – d’être acteurs du changement sur leur territoire en devenant partie prenante. C’est un moteur psychologique pour le porteur de projet et c’est aussi une aide potentielle pour aller chercher d’autres partenaires, d’autres sources de financement. Cet outil permet de créer de l’engouement et de l’engagement.

Etes-vous confrontés à une concurrence rude ?

Nous sommes aujourd’hui la première plate-forme de crowdfunding en France et en Europe. Mais il existe une trentaine de concurrents sur l’Hexagone dont KissKissBankBank ou encore MyMajorCompany. Dans le monde entier, on peut compter plus d’un millier de sites comme le nôtre.

La seconde édition du tour de France s’est déroulée jusqu’au 28 avril. Quel était l’objectif ?

Nous avions trois objectifs précis. Rencontrer une communauté car Ulule ne fonctionne que par et pour ses membres (porteurs et financeurs de projet). Internet, c’est bien mais le contact c’est mieux, il faut aller à leur rencontre et fédérer toutes ces énergies, ces gens passionnés par la philosophie qui est derrière Ulule.

Un objectif également pédagogique, car ce n’est pas un service si évident à comprendre. Il y a beaucoup d’implication, notamment sur les dynamiques autres que financières, donc cela nécessite beaucoup d’actions de formation pour les accompagnateurs de projet. Puis un objectif de communication, car pour qu’il y ait des financeurs, il faut qu’il y ait des projets. Aujourd’hui, les porteurs de projet sont plus matures et moins dans l’amateurisme, il y a notamment de plus en plus de PME qui comprennent qu’Ulule est un vrai outil-test pour la réalisation d ‘un projet. Ce tour de France, qui a duré un mois a été chargé d’événements, tous complets tant le public était nombreux. C’est un gros succès par rapport à la première édition.

Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?

Une croissance encore plus forte. L’équipe (composée d’une vingtaine de membres) a pour objectif de développer le local avec les réseaux d’accompagnement locaux mais également d’étendre notre périmètre d’activité à l’étranger : Ulule existe déjà en sept langues, mais il faut renforcer ça et faciliter les projets à vocation internationale, qui ont notamment un très gros taux de succès.

Marie BOULLENGER