Visite européenne au port de Calais

BRIDGE relie les ports du Détroit dans leur quête d’investissement

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9536 par

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D.R.

De gauche à droite, Shaun Pottage (Port de Douvres), Jean-Marc Puissesseau (CCI Côte d’Opale), Peter Balazs (coordinateur européen du corridor mer du Nord-Méditerranée), et Wulfran Despicht (Région Nord-Pas-de-Calais).

Route maritime la plus courte et la plus empruntée entre les îles britanniques et l’Europe continentale, la liaison Calais-Douvres est un chaînon essentiel pour les échanges commerciaux en Europe. Pour le président de la commission Transports au Conseil régional, Wulfran Despicht, « le Nord-Pas-de-Calais est le maillon indispensable ». « Nous trouvons ici, ajoute Peter Balazs, la plus forte concentration de transports maritimes de toute l’Europe. »

Interdépendants, les deux ports du Détroit font face ensemble aux défis liés à la progression spectaculaire du trafic, particulièrement ces dernières années, et à l’augmentation régulière de la taille des ferries. « De navires de 180 mètres, on est passé à deux bateaux de 215 mètres avec P&0 et on s’attend désormais à accueillir des ferries de 240 mètres« , confirme le président de la CCI Côte d’Opale, Jean-Marc Puissesseau.

Cet axe qui relie l’Europe du nord et l’Europe méditerranéenne est l’un des neuf choisis par la Commission européenne pour établir un plan des transports d’ici 2030 et 2050 : de l’Ecosse et de l’Irlande à Marseille, en passant par le Benelux, le Nord-Pas-de-Calais et la Normandie. « Notre ambition, insiste le coordinateur, est de favoriser les passages transfrontaliers, la coopération entre les Etats membres et la multimodalité.« 

Des financements conjoints. Le projet commun BRIDGE (Building the Resilience of International and Dependant Gateways in Europe) vise à adapter de manière complémentaire les deux ports à la croissance du trafic fret et passagers estimée à 40% d’ici 2030. La première phase d’investissements a obtenu l’an passé une subvention européenne de 14 millions d’euros au titre du RTE-T (Réseau transeuropéen de transport), afin d’adapter rapidement les infrastructures existantes des deux ports à cette augmentation. Jean-Marc Puissesseau espère un financement à hauteur de 100 millions d’euros pour Calais port 2020, car « il faut une cohérence entre les développements des deux ports« . Douvres, qui a accueilli 13,3 millions de passagers et 2,4 millions de pièces en 2014, veut éviter le risque de saturation de ses installations dans une emprise foncière étriquée. « Notre projet Dover Western Docks Revival, explique Shaun Pottage, numéro deux du premier port européen de passagers, veut faire revivre les quais occidentaux » qui accueillaient les aéroglisseurs et les catamarans. Une demande commune pour ces deux projets a été déposée en février 2015 au titre du RTE-T. Il faut savoir que ce programme, pour la seule période 2014-2020, est doté de 26 milliards d’euros.