A Calais, changement et taxe

Les entrepreneurs circonspects face à la nouvelle direction territoriale

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9536 par

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CAPresse 2015

Pierre-Henri Dumont, maire de Marck et conseiller général, est second vice-président de l'Agglomération.

La direction politique du territoire a beau avoir changé, les entreprises ne sont pas contentes. Mais alors pas du tout… Les entrepreneurs du territoire ont donné de la voix ces derniers jours après l’augmentation de 60% de la taxe dite « versement transport » qui sert à financer les transports publics et que gère le Syndicat intercommunal des transports de l’agglomération du Calaisis (SITAC), présidé par Philippe Mignonnet, adjoint au maire de Calais. Sur un périmètre dépassant les frontières de la CAC, le réseau de transport collectif doit solder un trou de près d’un million d’euros. L’extension du réseau vers des communes extérieures à l’Agglomération et un investissement hasardeux dans une navette fluviale qui ne rencontre pas son public expliquerait cette gestion. Sauf que pour y remédier, les élus ont choisi l’un des derniers leviers fiscaux qu’il leur reste… Le versement transport passera donc le 1er juillet prochain de 1,25 à 2% (c’est le plafond) de la masse salariale annuelle des entreprises (et des collectivités) de plus de neuf salariés. « Ce n’est que 3 ou 4 euros par mois et par salarié« , tempère Pierre-Henri Dumont, maire de Marck et conseiller général UMP. « Nous avons des projets d’infrastructures à mener pour les entreprises ; nous avons préféré cette solution pour ne pas obérer nos capacités d’investissements dans les infrastructures utiles aux entreprises : la fibre, le projet Calais port 2015…« , prêche le jeune édile qui a fortement poussé au changement de direction de la CAC.

CAPresse 2015

Natacha Bouchart, sénatrice-maire de Calais, a été élue présidente de la communauté d'agglomération du Calaisis le 12 mai dernier.

Les communes paieront aussi..Pour Patrick Gheerardyn, délégué général du Medef territorial, la coupe est pleine : « Faut-il encore expliquer que toute taxe sur la masse salariale détruit de l’emploi ! Faire peser une hausse d’impôt de 60% sur les entreprises en ce moment, sans aucune concertation avec le monde économique ! Et pour boucher un déficit ! » s’exclame le dirigeant. Pour lui, cette hausse va plomber le territoire notamment à cause de la concurrence avec l’Audomarois (dont le taux est de 0,35%), le Dunkerquois (1,55%), le Boulonnais (1,25%) ou le Montreuillois (où cet impôt n’est pas levé!). « Cela va coûter un emploi à temps plein pour une PME de 50 salariés« , calcule le cadre. Autre argument, un alourdissement probable de la fiscalité sur les ménages et/ou les entreprises : « les communes paient aussi le versement transport. Où croyez-vous qu’elles iront chercher la recette ? Regardez la CFE et la CVAE dans les prochains budgets du territoire…« ,  avertit Patrick Gheerardyn qui réclame dans un courrier adressé aux maires de l’Agglomération une annulation de cette mesure. Une question directement posée à la nouvelle présidence de l’Agglomération qui veut jouer collectif, notamment en tendant la main aux communes qui vont rejoindre Cap Calaisis dans le cadre de l’extension de son périmètre et la redéfinition de ses compétences. La « gouvernance partagée » à laquelle s’est référée Natacha Bouchart dans son discours d’intronisation le 12 mai dernier. Elle ne pourra pas éviter le sujet fiscal qui pèse sur le monde économique.