Evelyne Duriez-Potier, formatrice des syndics de copropriété à la FNAIM :

« Un entretien de qualité, force de propositions »

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9537 par

Les syndics de copropriété tiennent une place particulière dans le métier d’agent immobilier. Au départ, ce ne fut pas un vrai métier : la fonction était souvent exercée bénévolement par l’un des propriétaires qui « se dévouait »… Peu à peu, elle a muté à titre onéreux dans les agences immobilières où l’on a évolué de l’exécution un peu aveugle des décisions de l’assemblée générale à une fonction de conseil et de prescription. La professionnalisation de cette fonction passe aussi par des formations dispensée par l’Ecole supérieure de l’immobilier, émanation de la FNAIM. Rencontre avec Evelyne Duriez-Potier, l’une des formatrices.

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D.R.

Evelyne Duriez-Potier.

Evelyne Duriez-Potier a la fonction de syndic de copropriété chevillée au corps. Son expérience de plus de vingt ans est passée naguère par une structure importante. Depuis deux ans, elle continue d’exercer son métier à l’Immobilière de France à Calais, sa ville, agence récente quasiment créée ex nihilo. En attendant sa montée en puissance, Mme Duriez-Potier dégage du temps pour accéder à la fonction de formatrice en syndic de copropriété au sein de l’Ecole supérieure de l’immobilier. La FNAIM, qui dirige cette école, après un audit mené par plusieurs présidents de fédérations départementales, l’intègre parmi ses intervenants.

Valorisation et pérennisation des biens. Selon Mme Duriez-Potier, lorsqu’un syndic de copropriété entre en fonctions, il est immédiatement confronté à une question récurrente des propriétaires : « Comment allez-vous vous y prendre pour faire baisser les charges ? » Evelyne Duriez-Potier n’envisage pas les choses de ce point de vue. Pour elle, le syndic doit accompagner les propriétaires, qu’ils soient occupants ou bailleurs, dans la valorisation et la pérennisation de leurs biens. Elle ajoute : « A ce titre, je préconise un entretien de qualité, un entretien qui soit force de propositions.« 

Un peu de bon sens. Le bon sens au quotidien est l’un des thèmes développés par la formatrice. Ce bon sens commence par installer une « osmose » entre le syndic et le conseil syndical et les copropriétaires eux-mêmes. Pour obtenir ce résultat, diverses mesures sont à mettre en pratique, comme la visite en forme d’état des lieux dans la période qui précède l’assemblée générale. Ou encore la tenue d’un journal de bord de la copropriété : trop nombreuses sont encore celles qui perdent leur mémoire avec le décès ou le départ de leurs plus anciens membres.

Le « médecin généraliste » de la copropriété. Selon Mme Duriez-Potier, un bon syndic de copropriété doit « avoir envie d’apporter la solution la meilleure possible » au problème posé. Aussi le compare-t-elle au « médecin généraliste » de la copropriété. Au gré des besoins, il va donc l’orienter vers les spécialistes, généralement des artisans ou de petites entreprises connus et reconnus chacun dans leur corps de métier. Mais cette bonne réputation n’exclut pas des contrôles formels sur l’existence chez ces prestataires d’une garantie décennale ou d’une responsabilité professionnelle équivalente.

Regarder l’avenir. Dernier volet de l’enseignement d’Evelyne Duriez-Potier : si l’entretien et la pérennisation du patrimoine de ses mandants est le premier devoir du syndic de copropriété, l’une de ses missions est aussi de regarder l’avenir. A cet égard, la rénovation énergétique − avec, notamment, l’individualisation des charges − est un chantier qui est loin d’être épuisé…