Création en marqueterie

Camille Meire commercialise son savoir-faire en Europe

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9556 par

Diplômée en marqueterie dans la prestigieuse Ecole Boulle, Camille Meire a dans la foulée créé son entreprise artisanale, KMR , et a saisi l’opportunité de s’installer en février 2014 au Village des métiers d’art de Desvres, rejoignant ainsi une petite dizaine de créateurs œuvrant dans des domaines très variés. L’artiste ne se contente pas de créer des objets modernes atypiques, elle est entrée dans une phase de commercialisation intense. Rencontre.

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Camille Meire, fondatrice de KMR.
Camille Meire, fondatrice de KMR.

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, la jeune Dunkerquoise a toujours aimé dessiner et bricoler. Mais arrivée à l’âge des choix professionnels, le doute s’est installé. Choisir un métier qui correspond à ses désirs et ses goûts et qui offre l’opportunité d’en vivre n’est pas chose aisée, surtout dans le domaine artistique. Elle commence une année en histoire de l’art mais y renonce face au vide artistique engendré. Elle s’inscrit à l’Ecole Boulle pour faire de l’ébénisterie. Mais elle est acceptée en marqueterie… « J’ai été très déçue, je me suis réellement demandé ce que j’allais en faire. Puis j’ai découvert ce métier, j’ai l’appris et aujourd’hui je peux dire que c’est exactement ce qu’il me fallait. » La jeune femme de 24 ans découvre l’incrustation, les essences de bois, les matières délicates ou très résistantes, et surtout elle apprend la maîtrise de la création d’un objet, de sa conception à sa finition. Elle mélange les techniques anciennes à la création d’objets modernes. « Je conçois le modèle, explique-t-elle, puis j’adapte un motif, je découpe mes différents matériaux au bocfil et au laser, j’assemble et je réalise mon objet. » Le métier de Camille est la confluence de l’artisanat et du design.

Du prototype à l’objet commercialisable. Depuis son installation, la jeune femme s’est donné pour objectif de ne pas se disperser dans la création. Elle s’est concentrée sur la fabrication d’horloges et de lampes − elle travaille avec des bois locaux comme le noyer, le chêne ou le hêtre − qu’elle a finalisées jusqu’à leur commercialisation. Elle s’est donné pour objectif également de participer à cinq à six salons par an. Elle rentre notamment du Paris Design Week où elle a exposé aux Docks de la Cité de la mode et du design dans le fameux « now ! le Off ». Cette exposition est devenue un tremplin majeur pour la création design ; elle présente les nouveaux talents du design et les éditeurs émergents du monde entier. Des contacts ont été pris, quelques ventes, réalisées et Camille a pris conscience de la nécessité d’aller voir ailleurs. Elle veut aller démarcher rapidement des boutiques de design en Belgique, Hollande ou au Royaume-Uni. Elle exposera prochainement en Slovénie, à Paris, au Royaume-Uni. L’artiste vend déjà sur des sites de designers, organise des ateliers pour enfants, réalise des commandes individuelles, répond à des appels à projets pour du petit mobilier ou autres objets de décoration. « J’ai aussi quelques projets de création avec les anciens de mon école, ajoute-t-elle, avec l’association du bois et du métal. » L’artiste partage son local avec un artisan bijoutier, Pascal Vennin. Il fabrique ses bijoux entièrement à la main avec des techniques anciennes et des matériaux comme le métal laminé. Tous deux ont les mêmes techniques de découpe, de collage, d’où l’idée qui a vite émergé de travailler ensemble. Une tête de tigre est née de cette association qui n’attend plus que ses yeux émeraudes pour figurer sur les présentoirs réalisés par Camille Meire. « Je lui fais ses présentoirs pour bijoux et lui me fait des bagues« , sourit l’artiste, qui conclut : « C’est un peu le rêve.« 

Sophie LEMAIRE