Ouverture d’Arenberg Creative Mine

De l’extraction du charbon à la fabrication d’images

Publié dans l'édition Nord N. 8746 par

Invité d’honneur, Costa Gavras, le réalisateur engagé, a présidé l’événement, nouvelle étape dans la transformation de l’ancien site minier en un site notamment dédié aux professionnels de l’image numérique.

Le bâtiment reconverti, celui des compresseurs, qui accueille les espaces et équipements techniques et le laboratoire universitaire DeVisu.

Le bâtiment reconverti, celui des compresseurs, qui accueille les espaces et équipements techniques et le laboratoire universitaire DeVisu.

Aujourd’hui, le site, avec sa trentaine d’hectares, ses classements au titre des Monuments historiques et du patrimoine mondial de l’UNESCO, ses imposants chevalements, ses bâtiments neufs ou métamorphosés, a bien entamé sa nouvelle vie. L’ensemble, rappelons-le, appartient à la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut depuis une quinzaine d’années.

Les discours, à l’ouverture d’Arenberg Creative Mine le 25 septembre, ont rappelé, non sans émotion parfois, que ce site minier, ouvert en 1903 et fermé en 1989, revenait de loin. La rencontre entre Claude Berri, le chanteur Renaud et les mineurs, à l’occasion du tournage de Germinal (1993), puis tous les clips tournés dans les vestiges ont, en effet, largement contribué à son sauvetage puis à sa reconversion. Logique donc qu’une personnalité du cinéma et que des mineurs, devenus figurants et aussi conseillers techniques, aient été mis à l’honneur.

Alain Bocquet, président de la CAPH, élément moteur des opérations, a confirmé que l’installation du siège de l’intercommunalité à Arenberg en 2001 s’était faite « dans la précarité la plus totale » et relevait d’un « choix fou« .

Rattaché à l’Université et à Pictanovo. Dans la salle dite du LEAUD, témoignages, discours et duplex avec les studios voisins ont été suivis par un important public. Il faut en retenir que la vocation actuelle de ces bâtiments s’est précisée d’abord avec la convention signée en 2011 entrel’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis. Son laboratoire DeVisu (design visuel et urbain, activités de recherche dans les technologies innovantes de l’audiovisuel et des médias numériques) s’est installé sur place.

Ensuite, ces lieux ont fait leur entrée dans le réseau Pictanovo salué, ce jour-là, comme étant une entité unique en France dans le domaine de l’image et du son. Ce réseau est une sorte de guichet unique proposant une offre technique répartie entre la Plaine Images de Tourcoing/le Fresnoy, la Serre numérique d’Anzin/Valenciennes et maintenant Arenberg. On peut y ajouter des partenaires belges. Pictanovo est considéré, selon le cas, comme un pôle d’excellence en images et médias numériques ou un cluster réunissant des acteurs de la recherche, de la création, de l’innovation, du monde de l’entreprise. D’où cette formule : « Dans la région, on peut tout faire en matière d’images, de l’idée à la réalisation. »

Partenariat public/privé. Ce qui a été inauguré, fin septembre, représente 17 mois d’un chantier mené dans le cadre d’un PPP signé le 12 novembre 2013 entre la Communauté d’agglomération et Pimawa, société de projet regroupant les investisseurs financiers − Caisse des dépôts et consignations (81%) et Bee Invest 2 − et les industriels − Bouygues bâtiment Nord-Est, Bouygues énergies et services.

Le coût de cette première tranche est officiellement de 20,5 millions, subventionnée à 80% par la Région (8 millions), l’Europe (6,3 millions par le FEDER), l’État, le Département (1,5)… Le solde revenant à l’Intercommunalité…

Des équipements. Le site comprend deux séries de locaux séparés. D’un côté le neuf, avec le LEAUD, qui comprend des salles de réunion, de séminaire, de projection, dont une de 350 places avec gradins rétractables. Et de l’autre, des bâtiments réhabilités, où ont été conservés des compresseurs, où ont été installés les équipements techniques pour « ingénieurs du mouvement » (plateau, régie, studio, mur vert pour effets spéciaux…). C’est là que l’on trouve le laboratoire universitaire DeVisu et une vingtaine d’enseignants-chercheurs travaillant sur les technologies innovantes de l’image et des médias numériques.

L’avenir du site, c’est aussi l’accueil de tournages relevant des métiers du cinéma, de la télé ou de l’audiovisuel. D’autres tranches de travaux sont prévues puisqu’un montant global de 49 millions HT a été annoncé (il est question d’un incubateur et de restauration). Signalons encore qu’un accord a été passé avec la société du Tour de France, le nom d’Arenberg étant aussi associé au cyclisme.

Plus d’infos sur http://arenberg-minecreative.fr