À Calais, à La Galerie by Dorothée White

Laurent Messager : un artiste qui communique avec son public

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9554 par

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Hervé Morcrette

Laurent Messager au travail au sein de la galerie de Dorothée White.

Qui, à Calais, ne connaît pas Dorothée White ? La cinquantaine triomphante, elle a derrière elle une carrière professionnelle riche, toujours dans des métiers de contact. Ces dernières années, cette carrière s’est infléchie vers les métiers d’art. L’an dernier, à l’automne, elle a fait un grand saut en lançant sa galerie − « La Galerie d’art by Dorothée White » −, au cœur de Calais-Nord, à quelques pas de la rue Royale. Là, elle expose des artistes locaux, mais pas seulement.

Un homme bien dans sa tête. C’est au cours d’une recherche sur Internet pour trouver d’autres artistes hors d’un cercle proche que Dorothée White voit pour la première fois les œuvres de Laurent Messager. Elle est séduite et prend contact avec l’artiste. Des premiers contacts naît l’idée de réaliser une sculpture « en direct » à la galerie. Très urbain, Laurent Messager se raconte volontiers. Il aime à insister sur le fait qu’il n’est pas un professionnel. Enfin, si : il l’est, mais en donnant des cours dans une école de dessin. « L’exercice du métier de professeur règle les problèmes matériels et j’ai l’esprit libre pour créer« , nous indique l’artiste.

Une tête de pierre et une armature métallique. Voici quelque semaines, les Calaisiens et les promeneurs de Calais-Nord ont pu admirer le travail de Laurent Messager. Cependant, l’artiste n’a pas débuté une œuvre ex nihilo dans les locaux de Dorothée White. Cela tient à sa technique : les sculptures de Laurent Messager comportent toutes une (ou plusieurs) tête(s) en pierre, qu’elle(s) soi(en)t en marbre, en grès ou en calcaire. De même, chaque sculpture repose sur une armature métallique, dont l’artiste ne fait pas mystère qu’il s’agit « de l’étape la plus dure« . Pour le temps qui lui était imparti dans la galerie, Laurent Messager est donc arrivé avec ces deux éléments de base et son travail devant le public a consisté à « habiller » la structure métallique avec du ciment-résine.

Un couple d’amoureux enlacé. Lors de son séjour chez Dorothée White, Laurent Messager a exécuté une commande qui lui avait été passée quelque temps auparavant : il s’agissait de la représentation d’un couple d’amoureux enlacé. Une sculpture où l’artiste se proposait d’y mettre une dimension sensuelle, voire érotique. Une détermination qui eut le pouvoir de déclencher l’enthousiasme de Dorothée White : « Ce n’est pas du déjà-vu. J’aime le côté sensuel, il est moderne. Dans l’œuvre de Laurent Messager, il y a vraiment quelque chose d’autre ! »