La "SAP Box" de l’ADAR Sambre-Avesnois

Pas facile de séduire les entreprises !

Publié dans l'édition Nord N. 8750 par

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

D.R.

Alain Beaurepaire, directeur général de l’ADAR, et Khadija Saïfi, chargée spécialement de cette mission "SAP Box". (Photo X)

En novembre 2014, l’ADAR Sambre-Avesnois (Aide à domicile en activités regroupées) avait officiellement présenté à Maubeuge sa « SAP Box ». Il s’agit d’une offre de services à la personne, liée au dispositif des CESU (Chèque emploi service universel), destinée notamment aux entreprises et visant à séduire, en premier lieu, les comités d’entreprise et les directions des ressources humaines. Cette initiative a bénéficié au démarrage d’un mécénat philanthropique de la Caisse d’épargne Nord France Europe (9 000 euros).

Près d’un an plus tard, Alain Beaurepaire, directeur général de l’association, le reconnaît : la « SAP Box » a surtout séduit des administrations et services publics, là où le CESU est déjà connu et où les personnels sont souvent féminins. Il cite par exemple des services du Conseil départemental, des centres de formation, le milieu hospitalier, celui des EHPAD.

 Une aide aux salariés. Le directeur général de l’ADAR ne manque pas d’arguments pour défendre le concept. Il note tout d’abord que ce « bouquet de services à la personne » répond à des besoins réels, nés des évolutions de la société : grands-parents moins disponibles qu’avant, familles monoparentales plus fréquentes, emploi du temps surchargé pour les parents. « Les besoins, dit-il, sont évidents, on le voit bien, dans les domaines de la garde d’enfant, du repassage, du jardinage et même du bricolage. » Ensuite, il affirme que tout ce qui peut faciliter la vie des salariés facilite aussi la vie des entreprises : « Le climat social ne peut qu’être meilleur. Ces services très pratiques contribuent à éviter l’absentéisme, à diminuer la pénibilité, à renforcer l’égalité homme/femme face au travail. » On peut y voir aussi un outil de management. Pourquoi pas ?

 Le privé plus réticent ? Alors pourquoi est-ce si difficile de séduire le monde de l’entreprise ? Alain Beaurepaire constate que les usagers habituels de l’ADAR sont en général fragiles : personnes handicapées ou âgées, familles ayant besoin d’aide… Alors que là, l’ADAR cible des actifs, autonomes, peut-être réticents à se faire aider, à laisser quelqu’un entrer chez eux. Bien que les services à la personne soient assortis de déductions fiscales (avec une part financière prise par l’employeur), cela ne suffit pas à convaincre. Il est possible aussi que le monde du service à la personne apparaisse complexe, même si, dans le cas de la « SAP Box », l’association s’occupe de toutes les formalités.

 Nouvelle campagne. Pour l’ADAR, dit-il, la « SAP Box » a amené à faire appel à une quinzaine de personnes en renfort. « Ce concept fait évoluer nos métiers sur le plan du relationnel. Les actifs sont plus exigeants, demandent de la productivité, veulent se sentir en confiance, ils discutent d’égal à égal avec l’ADAR.« 

Les responsables de l’association ne désespèrent pas de séduire le monde de l’entreprise. Elle vient de relancer la communication à ce sujet. Elle pense à des évolutions, à des partenariats, (notamment du côté de l’économie sociale et solidaire), à une prospection étendue à tout le Hainaut (vers le Valenciennois donc). Des contacts devraient être pris avec la CCI Grand-Hainaut et les instances patronales.

 Quels services ? La « SAP Box », précisons-le, est une sorte de kit qui comprend les services suivants : garde d’enfant à domicile (même en urgence), entretien du logement, repassage et retouches, jardinage, petit bricolage, transport accompagné, livraison de courses, promenade d’animaux domestiques, surveillance du domicile… On peut y ajouter par exemple le dépannage informatique, les conseils en diététique, le coaching…

Dans le sud du département, l’ADAR, dont le siège est à Fourmies, est une grosse structure associative : 35 ans d’histoire, 1 800 usagers, 300 salariés.