Début des travaux en 2017

Voies navigables de France fait le point sur le canal Seine-Nord

Publié dans l'édition Nord N. 8750 par

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

 

D.R.

Stéphane Saint-André, président du conseil d'administration de Voies navigables de France.

107 km de voies fluviales, des convois pouvant transporter jusqu’à 4 400 tonnes, un coût estimé entre 4,5 et 4,8 milliards d’euros… Les travaux du canal Seine-Nord − dont les premières discussions remontent en 1993 lorsque le projet a été inscrit au schéma directeur des voies à grand gabarit – débuteront début 2017. Ce canal géant, qui va relier l’Escaut à la Seine, sera une ouverture sans précédent entre la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. « Le calendrier sera tenu. Nous sommes dans le même ordre de grandeur que le canal de Suez« , n’a pas hésité à dire Stéphane Saint-André, président du conseil d’administration de VNF, pour poursuivre : « Il y a eu des réticences d’élus sur nos côtes (craignant notamment que le canal favoriserait les ports de Rotterdam et d’Anvers au détriment du Havre, ndlr), mais nous avons levé les inquiétudes. La porte d’entrée des États-Unis ou de la Chine pour atteindre les pays européens sera désormais Rouen, Le Havre ou encore Dunkerque. C’est une chance pour la France entière. » Créateur de 14 000 à 15 000 emplois, le projet sera financé à 43% par des fonds européens (soit 1,8 milliard d’euros), par l’État à hauteur d’un milliard d’euros, par les collectivités pour un milliard d’euros, 500 millions d’euros par les Conseils généraux et par un emprunt d’environ 700 millions d’euros par VNF. Il empruntera le tracé actuel du canal du Nord qui effectue la jonction entre la vallée de l’Oise et le canal Dunkerque-Escaut, mais en élargissant les voies, passant ainsi de 17 à 54 mètres de large. Il y aura également 6 écluses, 3 ponts de canaux, 61 ponts routiers et ferroviaires, qu’il reste à construire.

Impact environnemental. « Il y aura 120 camions de moins par barge sur les routes, ce n’est pas rien. À titre de comparaison, avec un kilo d’équivalent pétrole, soit une tonne de marchandises transportées, cela représente 130 km par le train, 175 sur le grand gabarit et 275 km par le canal Seine-Nord« , a répondu Stéphane Saint-André concernant la crainte des écologistes sur le projet, et notamment les critiques émises par la députée écologiste de la Somme Barbara Pompili. « Je ne comprends pas comment on peut défendre l’environnement et être contre le canal Seine-Nord à l’heure où l’on dit qu’il y a trop de camions sur l’A1. VNF reboise les zones humides jusqu’au double de leur surface. Après le canal, il y aura plus de valeur ajoutée en termes d’environnement qu’avant la construction« , a-t-il ajouté. Et de préciser aussi les économies réalisées par les industriels sur le coût de l’acheminement de leurs productions. « Le dépôt des terres des agriculteurs a également été retravaillé pour qu’il n’y ait aucune rupture des travaux agricoles« , a rappelé Marc Papinetti, directeur général de Voies navigables de France : 55 millions de mètres cubes de terre devraient être déplacés sur ce chantier colossal.

Voies navigables de France, qu’est-ce que c’est ?

− Siège national à Béthune

− Établissement public de l’État depuis le 1er janvier 2013

− 4 700 agents qui gèrent 6 700 km de voies d’eau, de canaux ou de rivières sur les 8 000 km français et entretiennent 4 000 ouvrages d’art (comme les écluses) et 40 000 hectares d’espaces publics autour des voies d’eau

− Gestion du fret, du tourisme fluvial et la gestion hydraulique