Bientôt une ferme éolienne au large de Berck et du Touquet ?

« wpd offshore » optimiste pour le parc Boulogne Grand-Large

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9555 par

L’énergéticien wpd offshore France attend en fin d’année le feu vert de l’Etat pour son projet de champ éolien dans le pas de Calais. Un investissement privé qui pourrait profiter aux ports de Boulogne et de Dunkerque.

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D.R.

Vincent Balès, directeur général de wpd offshore France.

« Nous travaillons depuis 2009 sur ce projet baptisé ‘Boulogne Grand-Large’, confirme son directeur général, Vincent Balès. Nous avons identifié une zone techniquement propice pour 10 à 25m de fond« , à 17 km au large des côtes. Le plan original prévoit 80 éoliennes (de 100 mètres de haut), espacées d’environ 1 km. Au stade actuel de la technologie, les éoliennes les plus performantes produisent 6 à 8 MW, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Celles annoncées par wpd seraient dotées d’un mât de 100m de haut et de pales de 80m, soit 180m au point culminant. L’énergie (500 MW) fournira la consommation domestique (chauffage compris) de 750 000 habitants, soit la moitié de la population du Pas-de-Calais. Le plan industriel du projet s’appuiera sur le tissu national et régional avec la mobilisation des ports de Dunkerque pour la construction et de Boulogne-sur-Mer pour l’exploitation.

Mais RTE, dans une étude technico-économique, ajoute une alternative à ce projet : le réduire de moitié permettrait de diminuer très significativement les coûts de raccordement. Vincent Balès trouve ce second scénario pertinent. Il aurait pour avantage d’amoindrir la contestation née localement. Les marins pêcheurs de tout le Nord-Pas-de-Calais qui se sont prononcés contre l’implantation d’éoliennes seraient moins gênés par un parc réduit à un périmètre de 40 km² (1 km² par éolienne), avec un impact paysager diminué de moitié. « De surcroît, ajoute-t-il, ce serait le projet français le plus éloigné des côtes, de quoi rassurer les élus des stations touristiques de la Côte d’Opale. » Le parc de 250 MW, par exemple, serait décliné en quatre rangées dans un quadrilatère de 7 km sur 5 maxi, mais qui ne serait pas parallèle à la côte, afin de ne présenter qu’un angle réduit au continent. Celui de 500 MW serait plus éloigné, donc moins visible.

Après la concertation avec les professionnels, l’État a engagé celle avec le grand public. Fin 2015 devrait être confirmée la zone retenue ou engagé un dialogue compétitif à l’intérieur d’un périmètre plus large.

L’un des meilleurs sites français. Wpd offshore est optimiste. « Une étude commandée par l’État au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA) estime que le secteur que nous visons est l’un des meilleurs en termes de vent, de nature du sol, de raccordement avec le réseau et de qualité du tissu portuaire et industriel à proximité », souligne Vincent Balès. D’après les mesures effectuées depuis un an au niveau du caisson du port de Boulogne, la vitesse moyenne sur la Côte d’Opale est de 9 mètres/seconde, contre 8 à 8,5 sur la côte atlantique et 10 dans les parcs de la mer du Nord, comme celui inauguré 15 mois après le début des travaux, le 8 septembre à Butendiek, au large du Jutland, à la limite entre le Danemark et l’Allemagne.

Des emplois à la clé. De fait, d’importantes retombées sont attendues par les ports voisins. « En période d’exploitation, estime Vincent Balès, 100 emplois directs seraient créés à Boulogne-sur-Mer d’après le plan initial : 60 techniciens, mais aussi des ingénieurs et des marins qui se relaieront à bord de trois navires spécialisés. » Le port de Dunkerque, pour sa part, pourrait être choisi pour centraliser l’acheminement des éoliennes et leur montage pendant toute la durée du chantier, ce qui offrirait du travail à 2 000 salariés durant plus de 24 mois. Un investissement privé d’environ deux milliards d’euros.