Avenue de la République à Lille

Co-Factory, un outil inédit à destination des entrepreneurs

Publié dans l'édition Nord N. 8764 par

 Co-Factory est bien plus qu’un simple espace de coworking. Dans ce nid d’entrepreneurs d’où émergent toutes sortes de projets, échange, collaboration et ateliers rythment le quotidien. Rencontre avec Magali Pourrat et David Thilliez, les deux fondateurs de ce concept inédit.     700 000 : c’est le nombre de travailleurs indépendants en France aujourd’hui. Ce nouveau […]

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 Co-Factory est bien plus qu’un simple espace de coworking. Dans ce nid d’entrepreneurs d’où émergent toutes sortes de projets, échange, collaboration et ateliers rythment le quotidien. Rencontre avec Magali Pourrat et David Thilliez, les deux fondateurs de ce concept inédit.

 

D.R.

David Thilliez et Magali Pourrat travaillent en étroite collaboration avec les entreprises de la métropole lilloise.

 

700 000 : c’est le nombre de travailleurs indépendants en France aujourd’hui. Ce nouveau mode de travail a vu naître des espaces de coworking un peu partout sur l’Hexagone, notamment à Lille où l’on ne compte même plus le nombre de structures. «Chacun a sa teinte, mais ce qui fait la couleur de Co-Factory, c’est le travail collaboratif axé sur l’entrepreneuriat, le soutien aux initiatives», résume Magali Pourrat. En 2011, les deux fondateurs – dont les parcours dans l’entrepreneuriat se sont croisés à l’association Adie – ont l’idée de «créer un lieu qui soutienne les initiatives entrepreneuriales ou intra-entrepreneuriales» et la volonté de «créer du lien entre les coworkers».

 

Succès. Aujourd’hui, ils sont près de 150 membres, coworkers nomades pour la plupart mais aussi permanents (bureau au mois) ou semi-permanents (bureau 2 jours et demi par semaine). «Nous adaptons les formules au mode de vie, il n’y a donc pas d’engagement sur le long terme», indique Magali Pourrat. Ils ne sont pas venus pour les mêmes raisons mais comptent bien partager leurs savoir-faire pour aller plus loin. «Au départ, ces personnes qui se sentent isolées viennent pour retrouver une dynamique de travail avec des collègues, puis ils découvrent petit à petit les métiers des uns, profitent des réseaux des autres et de là émergent des projets», raconte l’intéressée.

Chez Co-Factory, on trouve tout un panel de compétences et 45 métiers sont représentés. Du graphiste à la styliste, en passant le directeur RH, il n’y a pas d’âge pour collaborer : «ça va de 25 à 70 ans, et 70% des membres sont des femmes» indique la fondatrice.

 

Travail collaboratif. «Tout ce dont on a besoin en ressource, on l’a chez les indépendants. Lorsqu’on a des besoins commerciaux ou dans l’administratif, on fait appel à eux», s’amuse à dire David Thilliez. Pour assurer une proximité entre les coworkers et la direction, l’échange est capital : «On connaît leur parcours, leur activité et leur situation personnelle, on fait tout pour qu’ils avancent.» Suivi et accompagnement sont les maîtres mots de la maison.

 

Colunch, workclub… Chaque semaine, un déjeuner – qui rassemble une quinzaine de membres en moyenne – est organisé par une personne qui va faire partager son savoir-faire sur une thématique précise. «Ce type d’atelier intensifie l’échange et multiplie les occasions de rencontre.» Autre atelier, le «workclub». Lancé il y a deux ans et demi, ce système de groupe de travail consiste pour quatre personnes à mettre en avant leurs projets personnels, profiter du réseau et du regard extérieur des autres pour monter ce projet. Le tout en 45 jours. Mais aujourd’hui le concept est retravaillé. «Nous montons actuellement des groupes avec des entreprises nordistes : Decathlon ou encore Kiabi ont déjà expérimenté et d’autres entreprises sont partantes», se réjouit le fondateur.

 

ENCADRE

 

Le cochallenge : le concept made in Co-Factory

 

En juin 2016 aura lieu la 3e édition du cochallenge. L’idée ? Réunir une centaine d’indépendants qui vont, pour 60 d’entre eux (40 sont chargés de la logistique), aller à la rencontre des entreprises de la métropole lilloise par binôme afin de vendre les compétences d’autres membres du groupe. Dès lors, un graphiste peut présenter un chargé de marketing. «Le but est que les interlocuteurs fassent des promesses de rendez-vous à partir de la présentation d’un profil extérieur», explique l’intéressé (David Thilliez ?). Le 7 juin, chaque binôme rencontrera six entreprises afin de présenter six profils en 30 minutes. «Avec un objectif fixé à 500 promesses de rendez-vous, nous avons atteint 486 promesses l’année dernière», se rappelle David Thilliez. Chaque profil est ainsi présenté à 18 entreprises, 180 entreprises au total participent à l’événement. «Managers, chefs de projet, DRH sont ravis. Les gens ont été accueillis les bras ouverts. Dans une démarque (démarche ?) commerciale c’est rare, mais ce type d’initiative intrigue, tous se demandent comment on réussit à faire ce genre de choses. Et cela débouche sur des contrats», indique fièrement ce dernier. Les deux fondateurs ne manquent pas d’idées et ça tombe bien : «le nombre de free-lances a augmenté de 85% entre 2010 et 2013, et cela va encore augmenter» selon David Thilliez.