CARREFOUR DES MÉTIERS AUX ASSISES EUROPÉENNES DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

“Des techniques et un réseau plus performants, des technologies plus modernes”

Publié dans l'édition Nord N. 8766 par

Organisé dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique, le Carrefour des métiers proposait une série de rendez‑vous grand public, dont un point sur les métiers de l’énergie de demain. Petit tour d’horizon avec Catherine Foulonneau, directrice stratégie des territoires GrDF.  La Gazette. La filière énergie sera-t-elle demain une filière qui recrute ? […]

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D.R.

Catherine Foulonneau, directrice stratégie des territoires GrDF, (à droite), était venue parler des métiers de l’énergie de demain

Organisé dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique, le Carrefour des métiers proposait une série de rendez‑vous grand public, dont un point sur les métiers de l’énergie de demain. Petit tour d’horizon avec Catherine Foulonneau, directrice stratégie des territoires GrDF. 

La Gazette. La filière énergie sera-t-elle demain une filière qui recrute ?

Catherine Foulonneau. À mon avis oui, parce que c’est une filière qui évolue énormément et que les métiers changent. On va injecter du gaz dans le réseau, on va avoir des réseaux télésurveillés, télé-exploités, on va avoir des compteurs intelligents, des datas scientists, des digital officers, des ergonomes, etc. Donc, il faudra évidemment qu’on recrute de nouvelles compétences. En plus nous avons un très fort turn-over dû au renouvellement des générations : dans les cinq ans à venir, on va avoir quasiment 20% de nos agents qui vont partir en retraite, donc, là encore, il va falloir que l’on recrute.

Combien de métiers trouve-ton dans l’énergie ?Entre la production, l’exploitation du réseau, la recherche et le développement, les produits, l’entretien des chaudières chez le particulier, la fabrication de la gazinière, la maintenance, la production d’énergie renouvelable… ça représente des centaines de métiers !

Seront-ils très différents en 2050 ? Voit-on déjà des évolutions ? Il y a déjà des évolutions, et certainement qu’ils seront plus connectés. Nos agents sont de plus en plus équipés en tablettes, ils vont avoir la cartographie embarquée, pourront signer des attestations dématérialisées… Des liens vont pouvoir se créer, comme avec les lunettes connectées qui permettront, par exemple, à un responsable d’exploitation de guider sur le terrain quelqu’un qui fait des manœuvres. Il y aura une évolution technologique, mais aussi quant à la manière dont nos collaborateurs vont appréhender ces technologies. Je reste persuadée que l’homme restera au cœur de l’énergie, au cœur du réseau. Il sera équipé de techniques plus performantes, avec un réseau qui sera plus performant, tout comme les technologies chez les clients seront aussi plus modernes.

Et une énergie qui sera aussi plus vertueuse, plus respectueuse de l’environnement ? On l’espère. On travaille beaucoup sur notre réseau au développement du gaz vert et de l’injection du gaz vert dans les réseaux. Il y a quatre ans, il n’y avait pas d’injection sur le réseau, aujourd’hui on en est à 17 sites qui injectent sur le réseau de gaz, 14 sur notre réseau de distribution. Ce sont des gens qui font de la méthanisation de déchets et de l’injection dans le réseau. Il y a aussi une filière de nouveaux métiers qui se crée avec des fabricants d’épurateurs, des méthaniseurs, la fabrication de postes d’injection… Et puis; pour chaque point d’injection de biométhane; il y a au minimum un emploi qui est créé. Donc ça créé des emplois pour exploiter et pour concevoir toute l’installation.

Comment anticipez-vous la formation de ces futurs salariés ? On travaille avec l’Education nationale, canalisateur de France, GRT gaz, TIGF, pour créer des diplômes 100% gaz. C’est long, mais on y arrive. Aujourd’hui tout est en place et devrait démarrer d’ici un an ou deux. On a aussi travaillé sur des programmes de préparation opérationnelle à l’emploi qui sont des formations en neuf mois. Et puis on travaille beaucoup en alternance : on a 670 apprentis par an qui profitent d’un apprentissage théorique bien sûr, mais qui bénéficient également du savoir-faire que leur transmettent les anciens.

Il faut encore aller chercher ce public qui ne va pas spontanément vers ces filières. Quelles sont vos armes de séduction pour recruter ? On essaie d’avoir dans les territoires des partenariats avec les écoles pour nous faire connaître. Et puis en prenant des alternants, qui en parlent avec leurs copains, sur les réseaux sociaux, etc.

Stéphanie ABJEAN