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Le commerce extérieur affiche un bilan contrasté

Publié dans l'édition Nord N. 8767 par

Le déficit des échanges de biens, hors énergie et matériel militaire, de la France continue de se creuser. En revanche, le nombre d’entreprises exportatrices a un peu augmenté, dans un contexte d’imbrication croissante des économies. Le gouvernement veut continuer à encourager les PME à l’export.  La contribution du commerce extérieur à la croissance a été […]

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Le déficit des échanges de biens, hors énergie et matériel militaire, de la France continue de se creuser. En revanche, le nombre d’entreprises exportatrices a un peu augmenté, dans un contexte d’imbrication croissante des économies. Le gouvernement veut continuer à encourager les PME à l’export. 

La contribution du commerce extérieur à la croissance a été négative, en 2015 (-0,2%). Derrière ce chiffre brut, un déficit des échanges de biens – hors énergie et matériel militaire – qui continue de se creuser, une balance excédentaire pour les services, un tissu d’entreprises exportatrices qui se densifie légèrement… C’est un bilan contrasté qui a été présenté par Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, lors d’une conférence de presse le 5 février à Paris. En 2015, le déficit sur les échanges de biens pèse 45,7 milliards euros. Un chiffre en réduction, puisqu’il s’élevait à 58,3 milliards l’année précédente et à 74,5 milliards, en 2011. “C’est la quatrième année consécutive de réduction”, constate Matthias Fekl. Reste que la tendance positive de cette dernière année est pour l’essentiel due à la baisse du prix de l’énergie – qui diminue le montant des importations – et au cours de l’euro. Pis, “hors énergie et matériel militaire, notre déficit se dégrade même” pour atteindre 23,2 milliards d’euros, admet Matthias Fekl. Mais au-delà de cette mauvaise performance, un faisceau d’indices incite à plus d’optimisme. Premièrement, “le dynamisme retrouvé de l’exportation des biens et des services”, avance le secrétaire d’Etat. En 2015, les exportations de biens ont crû de 4%, jusqu’à atteindre 455,1 milliards d’euros. Les principaux secteurs exportateurs de la France se maintiennent : l’aéronautique, toujours en tête, a connu une croissance de 11% de ses ventes à l’export et pèse 58 milliards d’euros. Suit l’automobile dont l’export croît de 9%, pour atteindre 42 milliards d’euros. Parmi les autres secteurs exportateurs en croissance, figurent l’industrie du luxe, l’agroalimentaire et la pharmacie, qui a exporté pour 29 milliards d’euros. Du point de vue géographique, “nos exportations sont soutenues en particulier vers les pays avancés”, souligne Matthias Fekl. Exemple, l’export vers les Etats-Unis a crû de 20%, notamment en raison de l’appréciation du dollar. Vers l’Europe aussi, les exportations ont augmenté : 7% de plus vers l’Espagne, 3% vers l’Italie et 2% vers l’Allemagne. Au total, 60% des exportations française sont tournées vers l’Union européenne. La faiblesse des exportations vers les pays émergents finit par tourner à l’avantage de la France, à
l’heure où ces pays connaissent une fragilisation de leur situation économique.

Faire participer les PME aux dynamiques positives qui s’esquissent. Globalement, le déficit sur les échanges de biens est compensé à 80% par les services et le négoce international : avec 39 milliards d’euros, ces deux postes sont excédentaires. Les services affichent un excédent de 14 milliards, en recul depuis l’année précédente. Le négoce international, lui, progresse, pour atteindre 24,9 milliards d’euros. “Cela confirme la bonne intégration de nos sociétés de trading dans l’économie mondialisée”, analyse le secrétaire d’Etat. Par ailleurs, sur le territoire même, plusieurs phénomènes macroéconomiques signalent une dynamique positive, d’après le ministère. Ainsi, les importations hors énergie, qui ont augmenté de 6% en valeur en 2015 : si elles sont aussi constituées de biens de consommation finale, qui contribuent à creuser le déficit de la balance commerciale, elles comportent une part “majoritaire” d’intrants intermédiaires, lesquels sont intégrés dans l’industrie – aéronautique, notamment –, pour être ensuite exportés. Bref, la croissance des importations “dénote aussi une reprise économique du pays”, estime Matthias Fekl. Par ailleurs, l’année 2015 a été marquée par une légère augmentation du nombre d’entreprises exportatrices. Faiblesse structurelle hexagonale, le nombre de ces entreprises, en France, est deux à fois trois moins important qu’en Allemagne et en Italie. En 2015, le ministère en décompte 125 000, soit 3,1% de plus que l’an dernier et 7% de plus qu’il y a quatre ans. “Nous retrouvons le plus haut niveau depuis 2003”, précise le secrétaire d’Etat, se réjouissant d’un “état d’esprit qui a changé” pour devenir plus offensif. Parmi les nouvelles entreprises exportatrices, figurent des entités de toutes tailles et également des PME. Le nombre de celles qui exportent a progressé de 4,2%, plus que les grandes entreprises, même si ces dernières continuent de concentrer l’essentiel de l’export. Et le Quai d’Orsay entend poursuivre sa politique d’encouragement à l’export pour les petites et moyennes entreprises, notamment en les invitant à participer aux voyages des délégations à l’étranger et en augmentant le nombre de VIE, volontaires internationaux en entreprise.

Anne DAUBREE