VENTE DE LA SOCIÉTÉ DE RAFFINERIE DE DUNKERQUE

L’opposition des syndicats et des élus

Publié dans l'édition Nord N. 8767 par

Le torchon brûle entre SRD (Société de raffinerie de Dunkerque) et la Ville de Dunkerque. Le 14 janvier, Colas annonçait la vente de l’entreprise SRD. Le 20 janvier dernier, les députés, maires, conseillers régionaux et départementaux de l’agglomération dunkerquoise publiaient un communiqué dénonçant la mise en vente de l’entreprise SRD.  Le groupe Colas s’est comporté […]

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D.R.

115 emplois directs et plus d’une centaine d’emplois indirects sont menacés par la fermeture de l’usine SRD.

Le torchon brûle entre SRD (Société de raffinerie de Dunkerque) et la Ville de Dunkerque. Le 14 janvier, Colas annonçait la vente de l’entreprise SRD. Le 20 janvier dernier, les députés, maires, conseillers régionaux et départementaux de l’agglomération dunkerquoise publiaient un communiqué dénonçant la mise en vente de l’entreprise SRD. 

Le groupe Colas s’est comporté de façon assez lamentable. Au moment où s’est organisée la fermeture de la section huiles, nous avions accompagné Colas, qui voulait signifier son attachement au bitume… C’est un comportement indigne.” Le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, ne mâche pas ses mots. Ce sont donc 115 emplois directs et plus d’une centaine d’emplois indirects qui sont menacés par l’éventuelle fermeture de l’usine SRD – la vente de l’usine est une conséquence de la loi Florange, qui oblige un groupe de plus de 1 000 salariés à chercher un repreneur avant de fermer. L’édile dunkerquois estime avoir été “baladé” par le groupe Colas : “Il n’y a que du mépris de Colas pour le territoire. Les élus du territoire sont mobilisés. Nous sommes attachés à l’industrie. J’ai écrit à M. Macron pour une table ronde à ce sujet.”

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Devant l’usine SRD, la contestation a laissé quelques traces...

Ce qu’en pense le syndicat. Michaël Desmadrilles, secrétaire CGT du comité d’entreprise, dénonce cette mise en vente qu’il considère prématurée : “Colas a acheté cette usine en 2010 pour sécuriser la production de bitume. Avec la flambée des prix du pétrole, l’investissement paraissait rentable. Seulement, aujourd’hui, avec la baisse du coût du baril, les marges sont en chute. Mais s’ils nous avaient laissé quelques années…” “Tout le monde ferme le bitume en ce moment, poursuit le délégué syndical. Normalement, si l’offre se réduit et que la demande reste stable, les marges seraient reparties à la hausse. Ce que je perçois, c’est que cette décision est une décision de Bouygues, qui est un groupe de financiers qui ont une vision à court terme. Colas, je pense, a des industriels raisonnables à sa tête.” La première priorité des salariés de SRD est de maintenir l’activité de la chaîne afin que les outils de travail ne se dégradent pas et que la reprise soit plus facile. Pour l’heure, aucune piste d’un repreneur au niveau national, mais un repreneur étranger ne serait pas à exclure selon Michaël Desmadrilles. La production d’huiles s’était arrêtée en 2015 afin de se concentrer sur la section bitume. SRD avait alors licencié 154 employés. Plus d’un millier de postes avaient été proposés, mais “le problème, c’est que nous sommes des raffineurs et non des professionnels du bâtiment”, lance Michaël Desmadrilles. Le groupe devait injecter 19 millions d’euros dans l’entreprise afin de remplacer le fuel par du gaz naturel, moins onéreux, sur ses installations. L’investissement ne se fera donc pas, selon toute vraisemblance.
Toutefois, Colas se veut rassurant, du moins pour le moment : “Aucun départ n’interviendra avant le dernier trimestre de 2016.” Pas sûr que cette annonce soit de nature à rassurer les salariés et les élus…

Corentin ESCAILLET