LES VOEUX DE LA CASO

Un hymne à l’entreprise et à l’intelligence collective

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9572 par

Concernant l’art oratoire, Nicolas Boileau distinguait : “Démosthène est grand en ce qu’il est serré et concis et Cicéron, au contraire, en ce qu’il est diffus et étendu.” François Decoster, président de la CASO, à l’évidence maîtrise le verbe. Si son discours fut long, c’est que le bilan de l’année écoulée était riche et la feuille de route, pour les prochains millésimes, dense et structurée. Son plaidoyer en faveur des entrepreneurs avait comme cadre l’immense hangar d’une société leader, les Ets Samyn, sur la plate-forme multimodale d’Arques, “présence symbolique dans une PME dynamique et conquérante au coeur de la PMA”.

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

L’action en faveur des entreprises : les protocoles de développement.

Jean-Michel Blanquer, directeur général du groupe ESSEC.

Jean-Michel Blanquer, directeur général du groupe ESSEC.

François Decoster, président de la CASO.

François Decoster, président de la CASO.

“Nous refusons la fermeture du site Arjowiggins de Wizernes parce qu’un projet de reprise existe”. D’entrée, le discours est offensif : “Notre objectif est clair : favoriser le maintien de l’emploi industriel sur nos territoires (…), permettre l’épanouissement des entreprises (…) qui sont la base de notre tissu économique local”. Et François Decoster de citer, outre la société Samyn, les entreprises Régnier sucré-salé, Didry, Schenker Joyau, Tomabel, Brasseurs de Gayant, Horizon espaces verts… Autant de structures, moyennes ou grandes, qui se développent avec le soutien de la Communauté d’agglomération. Après avoir énuméré l’ensemble des aménagements sur les zones d’activités favorisant l’installation d’ateliers ou de bureaux, après avoir rappelé le rôle éminent de la Maison du développement économique qui regroupe tous les acteurs de la création, de la croissance ou de la reprise d’entreprise en un seul lieu, le président a annoncé la mise en place d’un outil de la stratégie partagée : les premiers protocoles de développement seront signés avant le printemps avec les entreprises volontaires.

Les priorités 2016 : la formation et la santé. “Mieux adapter la politique de formation aux besoins de notre territoire et favoriser l’apprentissage”. Cette ambition sera menée conjointement par la CASO et un groupe de patrons autour de Jacques Parissaux (Alphaglass). Un audit sur l’enseignement supérieur local sera confié à François Bonnacorsi, acteur majeur de “la modernisation des universités françaises”. Quant à la politique “santé” de l’Intercommunalité, après la signature du CLS (contrat local santé) en décembre 2014, elle a pour double objectif la venue de nouveaux généralistes et spécialistes et les décisions prochaines concernant les maisons de santé. L’intelligence collective.

L’intelligence collective. “L’écoute, le dialogue, la concertation (… ), la méthode que nous suivons dans notre agglomération est une façon différente de faire de la politique. Grâce à cette intelligence collective, les projets peuvent entraîner une véritable dynamique de territoire.” Cette méthode a permis la mise en place d’une politique culturelle ambitieuse : conservatoire d’Agglo, contrat local d’éducation artistique, EPCC… La politique touristique est elle aussi agressive avec, entre autres, la reconquête du public anglais. La politique sportive, avec un office intercommunal des sports, vise le rayonnement de l’Audomarois : championnats de France de cyclisme sur route cette année, championnats d’Europe de kayak-polo en 2017… L’écologie n’est pas en reste : mobilité accrue (bus Mouvéo), plan climat énergie territorial, gestion de l’eau (une richesse territoriale), politique de l’habitat (Maison de l’habitat durable). Dans le cadre de la COP21, le dossier CASO “Territoire zéro déchet, zéro gaspillage” a été distingué au niveau national.

De nouveaux espaces : le Pays de l’Intérieur.

Damien et Aurélie Cousin, des Ets Samyn (préparation et transport de béton, location de camions...).

Damien et Aurélie Cousin, des Ets Samyn (préparation et transport de béton, location de camions...).

“En 2016, l’Agglomération devra également renforcer sa place dans l’espace régional et au niveau départemental.” Prochainement sera signé le nouveau contrat territorial de développement durable avec le Département. Au niveau régional, le vice-président Decoster défendra la cause du territoire audomarois. Le Pays de Saint-Omer fêtera ses 20 ans en 2017 et la nouvelle Intercommunalité (CASO, Morinie, canton de Fauquembergues, Roquetoire et Quiestède) “prendra toute sa place dans la construction d’une identité territoriale forte, entre le littoral et la métropole lilloise”. Le 26 février, la commission départementale de coopération intercommunale sera un rendezvous très important. L’orateur aborde l’autre dimension géographique, interdépartementale celle-là : le Pays de l’Intérieur qui unit la communauté de communes de Flandre- Intérieure, présidée par Jean-Pierre Bataille, au Pays de Saint-Omer. Une agence d’urbanisme et de développement commune et, récemment, une agence de développement économique (SOFIE) commune sont les deux premiers marqueurs de cette intelligence collective appliquée à un plus vaste territoire. Se profilent déjà une coopération transfrontalière avec la Flandre belge et aussi “l’intégration du territoire dans le groupement européen de coopération transfrontalière Flandre-Dunkerque-Côte d’Opale”.

Jean-Michel Blanquer. Invité d’honneur de cette soirée de voeux, il est une sommité du monde de l’Education. Ancien directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education Nationale (décembre 2009-novembre 2012), il est aujourd’hui directeur général du groupe ESSEC (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), une des meilleures business schools européennes. En quelques minutes, il a brossé le tableau du monde actuel et futur. La révolution digitale, la révolution numérique, la révolution 3D, les progrès des sciences cognitives, etc, ouvrent des perspectives insoupçonnées qui obligent à mobiliser les compétences : Titulaire d’une maîtrise de philosophie, il a teinté son propos d’un optimisme raisonné car cet avenir, s’il suscite des inquiétudes, est aussi porteur d’espoir.