ENTREPRENDRE POUR APPRENDRE

Créer une entreprise ? Un jeu d’enfant pour les lycéens

Publié dans l'édition Nord N. 8771 par

2016 marque un tournant pour l’association “Entreprendre pour apprendre” qui va fêter son 10e anniversaire. Dix ans durant lesquels l’association a développé chez les jeunes collégiens et lycéens l’envie de fonder une mini-entreprise en groupe, le temps d’une année scolaire.  Donner envie aux jeunes de créer une entreprise, c’est le défi que se lance l’association […]

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D.R.

Les élèves de la mini-entreprise “What a box ?”.

2016 marque un tournant pour l’association “Entreprendre pour apprendre” qui va fêter son 10e anniversaire. Dix ans durant lesquels l’association a développé chez les jeunes collégiens et lycéens l’envie de fonder une mini-entreprise en groupe, le temps d’une année scolaire. 

Donner envie aux jeunes de créer une entreprise, c’est le défi que se lance l’association “Entreprendre pour apprendre” depuis maintenant presque dix ans. Et ils sont à chaque fois de plus en plus nombreux : cette année, ils sont 3 500, au sein des établissements participants du Nord, à se lancer dans l’aventure de la minientreprise. Le but est très simple : les jeunes élèves de collèges ou lycées de tout type sont invités à créer durant leur année scolaire – de septembre à juin – une entreprise grandeur nature avec leurs camarades de classe. Au lycée Sacré-Cœur de Tourcoing, “c’est la sixième année qu’on participe au concours mini-entreprise et que j’accompagne personnellement les élèves dans leurs projets”, déclare Marie-Jeanne Oger, professeur d’économie et accompagnatrice du projet. Selon elle, “c’est un très bon moyen de développer l’esprit d’équipe et c’est également un support qui permet de voir ce qu’il leur plaît. D’un côté, c’est un peu un test d’orientation grandeur nature”. Ce projet de création d’entreprise représente aussi un moyen d’apprendre différemment et, parfois même, sans s’en rendre compte. Gautier Toulemonde, le PDG de la mini-entreprise, déclare même : “On a des notions qu’on a en cours, certes, mais on les développe, on les comprend, et on se rend compte que beaucoup de ce qui est enseigné nous est utile pour plus tard, même si on pense souvent le contraire.”

Qu’est-ce que la “What a Box ?“ Le jeune PDG raconte : “L’idée du projet est venue après un brainstorming pour voir les idées de chacun. Il y en avait d’extravagantes, mais on les mettait quand même : ça peut toujours être modifié. Puis, deux filles ont eu l’idée d’une “Candy Box” avec des bonbons, et l’idée a évolué en une box où on pourrait vendre un repas”. Largement adopté par les lycéens, ce projet permet de vendre environ quarante repas toutes les deux semaines. Cette réussite s’explique, selon Gautier, du fait qu’ils avaient le choix. “Rien n’est imposé et donc ils se sentent intégrés à la mini-entreprise. La box est vraiment pensée par l’équipe, mais elle est créée par et pour les lycéens. C’est eux qui choisissent leur plat parmi trois plats au choix et deux desserts.” Une expérience unique. “Notre objectif est de faire comprendre aux jeunes, à travers les valeurs que l’on souhaite diffuser, qu’il est possible de manger des produits locaux sans que ça soit forcément cher ou moins bon.” Mais ce projet leur tient également à cœur en ce qui concerne la mise en avant des producteurs locaux, auxquels on ne pense pas toujours, et aussi le fait d’avoir “de vrais produits faits maison, vus avec les producteurs”. Loin d’être obligatoire, la formation à la minientreprise est proposée à l’inscription au lycée en tant qu’option, sur la base du volontariat. Elle n’est cependant pratiquée qu’en seconde uniquement, se désole le jeune PDG : “Je retenterais sans hésiter l’expérience ! Je suis même un peu déçu parce que je passe en première et, du coup, je ne pourrai plus le faire.” En dix ans d’expérience, plus de 24 000 élèves ont été sensibilisés et formés à la création d’entreprise. La finale régionale du concours aura lieu le 24 mai prochain. Pour certains d’entre eux, les meilleurs projets iront disputer leur place au championnat national, les 2 et 3 juin, au ministère de l’Economie et des Finances.

 Clémentine SOREL