QUELLES PRIORITÉS POUR L’AGRICULTURE DU NORD - PAS-DE-CALAIS - PICARDIE ?

La première session de la nouvelle Chambre régionale d’agriculture

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9576 par

Après la session d’installation du 14 décembre, la chambre régionale d’agriculture Nord – Pas‑ de‑Calais – Picardie a tenu une première session à la base nautique de Saint‑Laurent‑Blangy, en présence de Xavier Bertrand, président du Conseil régional. Occasion unique pour les responsables du monde agricole de présenter leurs préoccupations et d’échanger avec le nouvel exécutif […]

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D.R.

En tribune, avaient pris place les élus régionaux autour de Xavier Bertrand, président du Conseil régional.

Après la session d’installation du 14 décembre, la chambre régionale d’agriculture Nord – Pas‑ de‑Calais – Picardie a tenu une première session à la base nautique de Saint‑Laurent‑Blangy, en présence de Xavier Bertrand, président du Conseil régional. Occasion unique pour les responsables du monde agricole de présenter leurs préoccupations et d’échanger avec le nouvel exécutif régional. 

Les attentes du monde agricole. Dans son intervention introductive, Christophe Buisset, président de la Chambre régionale, a rappelé le rôle des chambres d’agriculture. “Organe consultatif des pouvoirs publics, elles reflètent et portent l’image et le poids de toute l’agriculture, de la forêt et du milieu rural, les familles professionnelles représentées par les salariés, les propriétaires, les forestiers, les coopératives et les syndicats professionnels. Établissements consulaires de par leur mission de service public, elles ont toujours travaillé en partenariat avec les autres acteurs aussi bien économiques que sociaux, à la fois sur l’ensemble des territoires et aux différents niveaux de décision et d’intervention.” Son souhait est de “s’appuyer sur ce qui rassemble les forces vives de notre économie et de nos territoires plutôt que sur ce qui divise… L’activité agroalimentaire qui irrigue le territoire est constitutive de notre économie et le prolongement de nos exploitations, l’image de notre agriculture et de notre économie régionale.” En quelques phrases, le président définit les besoins : “un État facilitateur, une région qui fait de l’agriculture et de l’agroa
limentaire le socle d’une économie territoriale dynamique et des filières s’appuyant sur des organisations de producteurs adaptées aux forces du marché et aux nouvelles formes de consommation”. Il compte sur le Conseil régional pour “écrire vite un pacte d’avenir profession-État-Région”.

Les réponses du président du Conseil régional. En guise d’introduction, Xavier Bertrand a lu un édito (“Le chant des paysans”) de Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l’Express. Celui-ci n’at-il pas conclu par ailleurs un de ces éditos par : “Deviendronsnous une nation qui pleure ses paysans ?” Xavier Bertrand démarre : “On sera à vos côtés, comme pour le plan pour l’élevage. Il faut bâtir une nouvelle stratégie. Des erreurs ont été commises dans le passé, le terme paysan était parfois péjoratif alors qu’il touche à tout : au pays, à la terre et au terroir. J’aime le terme d’agriculteur mais il faut aussi accepter de reconquérir cette campagne des mots. Soyez fiers d’être paysans !” Pour présenter sa stratégie, il préfère s’appuyer à fur et à mesure sur les interventions des responsables en répondant directement avec pragmatisme, détermination et bon sens. Le président “veut bâtir quelque chose de nouveau et aller vite pour définir une nouvelle politique agricole, sans attendre les autres”. La réflexion ne peut pas aller au-delà de mai. Il rappelle que le Conseil régional a voté fin janvier un plan d’urgence pour les éleveurs et producteurs laitiers consacrant 3 M€ de crédits nouveaux, dont 2 destinés à un fonds permettant de prendre en charge les frais liés à la restructuration des emprunts bancaires des éleveurs. Il annonce qu’une réunion tripartite entre la Région, l’État et la Chambre d’agriculture est prévue pour “ensuite organiser des groupes de travail permanents”. “Je sais que pour avoir une stratégie de conquête agricole, il faut mettre de l’argent. Mais je ne sais pas forcément où le mettre. C’est à vous, chambres consulaires, de me donner des pistes. Nous ne sommes pas la région la plus riche de France, mais nous sommes riches de notre agriculture.”

 

Georges BACOT