SERRE NUMÉRIQUE DU VALENCIENNOIS

Le deuxième concours “Creative Startup” est lancé

Publié dans l'édition Nord N. 8771 par
D.R.

Les créateurs qui ont témoigné. De gauche à droite, au premier rang : Kim Giaoui et Harry Knowlman (Sound Grabber). Derrière eux : Tennessee Veldeman (VSI innovation) et Luc Verdier (YS interactive).

Les candidats à la création d’entreprise ont jusqu’au 15 mai pour s’engager (business plan à présenter et projet innovant créateur d’emplois à expliquer). Enjeux : un accompagnement sur mesure et des financements…

La Serre numérique, rappelons-le, se situe dans le périmètre du parc des Rives-Créatives-de-l’Escaut, 26 hectares à la limite d’Anzin et de Valenciennes. Valenciennes Métropole est l’aménageur de cet ancien site Vallourec reconverti. La Serre, première construction terminée dans ce périmètre, a été ouverte en janvier 2015 et inaugurée en avril de la même année. La CCI Grand-Hainaut est maître d’ouvrage et gestionnaire de ce bâtiment high-tech de 17 000 m2, dédié à la création numérique. Il a coûté environ 40 millions d’euros… Ces locaux abritent aujourd’hui le groupe Rubika qui réunit les trois écoles supérieures de la CCI Grand-Hainaut : Supinfocom (animation 2D/3D), Supinfogame (jeu vidéo), l’Institut supérieur de design. L’ensemble se veut un “écosystème” dédié à la création numérique. Il réunit étudiants (800),
enseignants, chercheurs, entrepreneurs, salariés consulaires, mais aussi, grâce à son incubateur et à sa pépinière, des créateurs d’entreprise et même de start-up à croissance rapide.
Deuxième édition. Dans ce contexte et dans cette logique, a été lancé, l’an dernier, un premier concours appelé “Creative Startup”. La deuxième édition a été présentée le 15 mars dernier. Francis Aldebert, président de la CCI Grand-Hainaut, a rappelé que “l’incubateur, labellisé par le Conseil régional, est opérationnel depuis 18 mois (et que) 12 projets y ont été accompagnés, dont 7 issus de la première édition”. Quant à la pépinière, elle “héberge et accompagne actuellement une vingtaine d’entreprises en développement qui emploient plus de 60 personnes“. Certains créateurs ont témoigné ce jour-là (voir encadré). Cinq sociétés sont directement issues du concours.La première édition, a-t-il ajouté, avait reçu près de 40 dossiers de candidature, venus de la région, de Paris, de Lyon, de Belgique et du Canada. Sont visés les porteurs de projet, les étudiants, les jeunes diplômés ou les professionnels, seuls ou en groupe, décidés à se lancer dans des domaines comme le jeu vidéo, l’animation, le design, la réalité virtuelle, la création d’œuvres numériques (bande dessinée, livres interactifs…). Le concours recherche bien sûr à faire émerger les plus innovants et imaginatifs.

Coup de pouce à la création. Le concours est doté d’une enveloppe de 350 000 euros, la même que l’an dernier mais avec un accompagnement un peu différent, toujours assuré par des professionnels de la création numérique, des partenaires financiers, des structures spécialisées dans le développement, le conseil et la gestion d’entreprise… Institutionnels et privés soutiennent ce concours. La somme comprend des prix de 2 000 à 6 000 euros qui récompenseront les six premiers lauréats, des journées d’accompagnement offertes, un accès à l’incubateur qui offriront hébergement et services (financement d’études de faisabilité, allocation…). A la création, les six premiers pourront aussi bénéficier d’un prêt d’honneur allant de 10 000 à 30 000 euros.Québec, terre promise ? La présentation du concours a permis de rappeler que le groupe Rubika avait ouvert un campus à Montréal au Canada, en octobre dernier. A propos du Québec, lors des échanges, les participants ont constaté que la province francophone avait pris des allures d’eldorado ou de terre promise pour les start-up de la création numérique. Elle propose, en effet, des allègements fiscaux et de charges de l’ordre de 50% ! Des taux avec lesquels la France, même avec des zones franches, aura du mal à rivaliser pour retenir ses créateurs. De quoi “siphonner” (le mot a été employé) les talents français.

Bernard KRIEGER