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Le recrutement des cadres repart à la hausse

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9576 par

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L’année 2016 devrait confirmer le redémarrage des recrutements de cadres avec une hausse estimée à +10%, par rapport à 2015, selon le baromètre annuel de l’Apec. L’association prévoit entre 182 000 et 200 000 embauches de cadres cette année : une bonne nouvelle qui devrait bénéficier aux jeunes diplômés. 

“La reprise amorcée en 2015 sur le marché de l’emploi cadre devrait se confirmer en 2016”, a annoncé d’emblée, le 9 février dernier, Jean-Marie Marx, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Avec près de 182 000 embauches de cadres en 2015, dont 28 800 créations de postes, le bilan est positif avec une hausse de 7% des embauches, et marque le début d’un retournement de conjoncture après deux années de recul – en 2012 (-14%) et 2013 (-16%) – et une année 2014 stable (+0,6%). Une tendance qui se confirme au niveau européen, selon le baromètre de l’ECSSA : “La performance des marchés français, allemand, italien, espagnol et belge rend compte d’une hausse de l’indicateur d’activité qui est passé de 12 à 26 points, entre mai et octobre 2015, à l’exception de l’Italie.” Au-delà, l’enquête de l’Apec, réalisée auprès de 11 000 entreprises françaises, fait ressortir une nette amélioration de leur confiance dans l’avenir avec un contexte économique davantage porteur, marqué par une croissance du PIB de +1,1%, en 2015, des facteurs exogènes favorables, comme la baisse durable du prix du pétrole ou la dépréciation de l’euro, et une augmentation de l’investissement productif. En conséquence, 8% des entreprises du panel prévoient d’augmenter leur effectif de cadres en 2016, soit un point de plus par rapport à l’année précédente.

Entre 182 000 et 200 000 embauches prévues. “Clairement les indicateurs sont au vert en ce début d’année 2016 et la confiance est là. (…) L’activité est repartie à la hausse”, remarque également Wilhem Laligant, président de Syntec conseil en recrutement, l’organisation syndicale qui représente ces métiers. Les prévisions de l’Apec font ressortir une fourchette de recrutement comprise entre 182 000 et 200 000 embauches, soit une hausse de 10% pour l’estimation la plus optimiste. Autre enseignement important de l’enquête, les recrutements concerneront tous les secteurs d’activité, en particulier les services, avec une croissance de +11%, et l’industrie à +9%. Concernant les fonctions, l’informatique arrivera en tête avec plus de 42 000 embauches, suivie par le commercial (37 500) et la recherche et développement (32 400). Par ailleurs, l’étude révèle que quasiment toutes les régions de l’Hexagone devraient être orientées à la hausse. Quatre d’entre elles – l’Îlede-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Nord –Pas-de-Calais – Picardie et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse – concentreraient 75% des embauches.

Une nette amélioration pour les jeunes diplômés. Après plusieurs années de marasme, les jeunes diplômés, dont les recrutements ont progressé de 9% l’an dernier, devraient profiter encore pleinement de l’amélioration du marché. Les cadres débutants pourraient voir leurs embauches progresser jusqu’à14%, avec 43 400 recrutements. Globalement, les profils des cadres avec une expérience comprise entre un
et dix ans seront les plus courtisés des recruteurs avec plus de la moitié des embauches pour les meilleures prévisions de l’Apec. En revanche, les cadres les plus expérimentés ne profiteraient pas de l’embellie du marché avec des perspectives de croissance de recrutement au mieux stable, pour les onze à quinze ans d’expérience, et même une importance contraction (-17%, fourchette basse des prévisions), pour les cadres de plus de vingt ans d’expérience.

Le bien-être et l’épanouissement avant le salaire. “Evoluer dans sa carrière, se fixer de nouveaux défis, progresser dans un secteur porteur et enrichissant : voilà ce que recherchent désormais les candidats (…). Nous assistons à la manifestation d’une nouvelle quête de sens qui passe par l’épanouissement au travail”, a dévoilé Antoine Morgaut, viceprésident de Syntec conseil en recrutement, à l’occasion d’une conférence de presse, le 4 février dernier. Selon un sondage réalisé par le syndicat auprès de 130 consultants en recrutement, l’évolution de carrière et le contenu du poste ou de la mission sont les principaux motifs expliquant le désir de changement de poste pour les cadres. La rémunération n’arrive qu’en quatrième position, même si 20% des cadres affirment que le salaire constitue un frein à la mobilité. Une donnée que les entreprises ne manqueront certainement pas de prendre en compte, mais pas nécessairement au bénéfice des salariés !

Alban LE MEUR