À LENS, UN CHANTIER D’AMPLEUR POUR LE RÉSEAU SNCF

Deux ponts‑rails en six jours

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9582 par

Temps fort d’un chantier qui fera date. Deux ponts-rails ont été installés à deux pas du stade Bollaert-Delelis de Lens, au cours de travaux à flux tendu. En six jours, du démontage des voies commencé le vendredi 25 mars à 19h30 au mercredi 30 mars à 4h20, jour où la vérification par le passage d’un […]

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D.R.

Les ouvrages font respectivement 3 000 tonnes et 4 000 tonnes. Le chantier a été bouclé en six jours. Un record...

Temps fort d’un chantier qui fera date. Deux ponts-rails ont été installés à deux pas du stade Bollaert-Delelis de Lens, au cours de travaux à flux tendu. En six jours, du démontage des voies commencé le vendredi 25 mars à 19h30 au mercredi 30 mars à 4h20, jour où la vérification par le passage d’un train d’essai a été faite. Nuit et jour, 350 personnes ont travaillé sur le chantier. La circulation des trains sur la ligne Arras-LensBéthune-Hazebrouck-Dunkerque nécessitait en effet des travaux à vitesse grand V. Depuis, le démontage des voies jusqu’à la vérification, le chemin a été long et semé d’embûches…

Contretemps. Le chantier était censé se terminer le mardi 29 mars à 19h30, mais a pris 9 heures de retard, dans la nuit de dimanche à lundi, à cause d’un nombre important d’obus et d’autres munitions de la Deuxième Guerre mondiale retrouvés sur le chantier. Au total, ce sont 150 engins explosifs qui ont été retrouvés dans le sol, dont quelques-uns étaient situés à l’endroit où devait être posé l’un des deux ponts-rails. La sécurité civile a failli être appelée à plusieurs reprises, ce qui aurait encore retardé le chantier. Les obus retrouvés dans le sol du chantier pouvaient en effet atteindre une taille de plus de 150 mm. À cela, il faut ajouter les conditions météorologiques, pas toujours très favorables : pluie et vent sont venus accompagner les travaux à plusieurs reprises. Malgré tous ces contretemps, le trafic a pu reprendre normalement mercredi matin sur la ligne ArrasLens-Dunkerque à partir de 5h. Le chantier aura donc duré un peu moins de 105 heures… “Mercredi matin, les trains passeront”, avait annoncé Henri Ruelle. Pari tenu, il s’en est fallu de peu…

Un chantier impressionnant. Les opérations ont donc été menées en six jours par SNCF réseau (maîtrise d’ouvrage), l’Infralog Nord – Pas-de-Calais (qui avait un personnel formé aux métiers de l’infrastructure et des engins ad hoc), DEHE constructions et SOGEA (qui se sont chargés du génie civil), ETF (pour les travaux sur les voies ferrées) et Vinci constructions (pour le terrassement). On n’est pas loin de l’exploit. Pour mener à bien ce chantier éclair, il fallait donc démonter les voies, terrasser les talus, dépolluer les sols – ce qui a été une affaire bien plus difficile que prévue –, riper les ouvrages, remblayer des deux côtés des voies, reconstituer la voie ferrée ainsi que la signalisation et le câblage, avant de vérifier avec un train-test. Le processus a nécessité de couper la voie ferrée à l’endroit où devait passer le pont-rail. Le câblage électrique, lui, a été placé sur un tancarville au-dessus du trou de 22 mètres, à une dizaine de mètres au-dessus du sol. Au total, ce sont 50 000 m3 de terre qui ont été terrassés pour laisser la place à ces deux ouvrages de respectivement 4 000 tonnes (pour la voie Arras-Dunkerque) et 2 600 tonnes (pour les voies de service). Ceux-ci ont été réalisés près de leur emplacement final, pour être déplacés à l’aide de chariots Kamag fournis par Mamoet, qui font office de crics géants sur roues et soulèvent l’édifice à l’aide d’une traverse posée pour l’occasion à une trentaine de centimètres du sol… Coût total de l’opération : plus de 9 millions d’euros.

Objectifs. Le chantier a pris place dans un projet d’envergure pour la ville de Lens : une zone d’aménagement concerté (ZAC), dont les buts sont variés. D’une part, la Ville a décidé d’aménager une zone urbaine entre le centre-ville et les autres sites d’importance de Lens (Louvre-Lens, le stade Bollaert-Delelis, l’université…), rendre une dynamique importante à ce secteur via des locaux à destination d’activités tertiaires, afin de proposer des loisirs et des services, “complémentaires” et non compétitifs. La Ville veut ainsi changer son image en s’imposant comme un pôle culturel de la région. Les deux ponts-rails posés, le trafic ferroviaire rétabli, le chantier durera jusqu’au 13 mai. Le Syndicat mixte des transports Artois-Gohelle devrait prendre le relais afin de terminer la voirie, même si ces travaux ne sont pas attendus avant 2017. Les deux ponts-rails permettront d’organiser une circulation à quatre voies, dont deux réservées aux bus, menant au stade BollaertDelelis. La réorganisation de la circulation devrait ainsi participer à la modification du plan de circulation de la ville, inhérente aux grandes modifications.

Corentin ESCAILLET