RÉNOVATION URBAINE

A Mouvaux, Vilogia propulse un quartier dans le futur

Publié dans l'édition Nord N. 8780 par

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D.R.

Une vue du quartier de l’Escalette une fois sa transformation achevée, à l’horizon 2024.

Faire du (très) neuf avec du (plutôt) vieillot, c’est l’ambition du bailleur Vilogia, qui, en partenariat avec Rabot‑Dutilleul, veut transformer une cité jardin des années 1950 en un éco‑quartier à la pointe de la performance énergétique. Visite guidée.

Nichée à quelques encablures du boulevard de la Marne, la cité-jardin du quartier de l’Escalette, à Mouvaux, étale ses briques rouges, ses pelouses au cordeau et ses arbres en fleurs. Un quartier paisible, figé dans le temps depuis sa construction, vers 1950. Mais un bond dans le futur attend cet ensemble de 281 logements, dont les deux tiers appartiennent à Vilogia. Le bailleur élabore depuis 2013 , avec Rabot-Dutilleul, le projet “Hep/Step Mouvaux”, lauréat de l’appel à projets “Démonstrateurs industriels pour la ville durable”, lancé par les ministères de l’Environnement, du Logement et de l’Habitat durable. Un programme de rénovation très ambitieux, s’inscrivant dans les objectifs de la Troisième révolution industrielle, qui entend mêler innovation technique et sociale pour être le “laboratoire de la ville de 2030 “. Un coup de jeune qui devrait également permettre d’attirer une nouvelle génération de locataires dans le quartier. “ Pour situer la population du quartier, l’ancienneté moyenne au sein du parc Vilogia, c’est
33 ans. Dans 80% des cas, il s’agit de personnes âgées qui vivent seules et donc, même si les surfaces des logements tournent autour de 65 m², les deux tiers sont sous-occupés, indique Ludovic Rousseau, chef de projet Rev3 chez Vilogia. Il y a donc toute une organisation de l’espace à repenser, on peut très bien imaginer partager une même maison en deux petits appartements, occupés par une personne âgée au rez-de-chaussée et un jeune couple à l’étage.”
Concertation et opposition. Le quartier de l’Escalette est appelé à devenir exemplaire en termes de consommation et de production d’énergie, grâce à de nombreux panneaux solaires, mais aussi en termes de développement durable, d’éco-mobilité et d’économie circulaire. Mais pas de rénovation sans consultation des premiers concernés. Et, insiste Ludovic Rousseau, Vilogia a mis sur pied “une vraie concertation, pas seulement pour déterminer quelle espèce on va planter dans les espaces verts”. Le projet est d’ailleurs baptisé “Hep”, pour “Habitants à énergie positive”. Depuis six mois, des équipes sillonnent le quartier pour informer les habitants, et recueillir leurs suggestions et doléances. Mais c’est aussi là que le bât blesse : un tiers des logements sont détenus par des particuliers, dont beaucoup voient d’un mauvais œil le chantier qui s’annonce. Crainte de voir leur bien déprécié par la proximité de constructions neuves, ou de se voir poussés à des travaux jugés superflus, les propriétaires du quartier font de la résistance et ont déjà contraint Vilogia à revoir sa copie à plusieurs reprises. Un processus normal, assure le bailleur, qui maintient son cap malgré tout.                                                                                                                                                                                                                                                                             40 à 60 M€€ de travaux. Un tour dans le quartier laisse entrevoir l’ampleur du projet. Au fil de la visite, il est ainsi question, pêle-mêle, de désamiantage des toitures et possiblement de la voirie, de coffrage des maisons pour une isolation par l’extérieur, d’ajouts de vérandas ou de loggias, de mise en accessibilité des logements, de surélévation de toitures… 

Une incursion dans une maison typique du quartier, avec son minuscule séjour et sa grande cuisine, son isolation thermique et phonique plus que défaillante, ses papiers-peints défraîchis, achève de convaincre que les logements ne sont plus ni aux normes ni au goût du jour, et que le chantier s’annonce, à l’échelle du quartier, pharaonique. Mais Vilogia se donne les moyens de ses ambitions et table sur un budget entre 40 et 60 millions d’euros pour rénover son parc. Le prix à payer pour une première, estime le bailleur, qui veut faire du quartier de l’Escalette un terrain d’expérimentation, et y inventer des solutions de rénovations industrialisables, et donc duplicables ensuite, à grande échelle et à moindre coût. Vilogia gère un parc de 65 000 logements dans les grandes métropoles françaises. À l’Escalette, le lancement de la première phase des travaux est prévu pour la fin 2018. Le chantier devrait durer jusqu’en 2024.

Jeanne MAGNIEN