SELON L’INSEE

La crise freine l’emploi dans les entreprises sous contrôle étranger

Publié dans l'édition Nord N. 8793 par

Selon une étude de l’Insee, un salarié français sur huit travaille dans une société dont le siège social est implanté à l’étranger. Un chiffre important qui cache une réalité plus préoccupante. Depuis 2008, l’emploi sous contrôle étranger a chuté de 12%, avec une forte réduction de l’emploi industriel. Les firmes multinationales concentrent l’essentiel de l’emploi marchand […]

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Selon une étude de l’Insee, un salarié français sur huit travaille dans une société dont le siège social est implanté à l’étranger. Un chiffre important qui cache une réalité plus préoccupante. Depuis 2008, l’emploi sous contrôle étranger a chuté de 12%, avec une forte réduction de l’emploi industriel.

Les firmes multinationales concentrent l’essentiel de l’emploi marchand en France avec, fin 2013, près d’un salarié sur deux qui travaille dans un grand groupe, soit 7,10 millions de personnes. Une part significative de ces salariés (1,85 million) évolue dans une firme internationale sous contrôle étranger. Toutefois, depuis 2008, les effectifs de ses entreprises étrangères implantées en France ont reculé de 12%, avec une forte chute constatée en 2009 lors de la crise économique (-11%). Depuis, leurs effectifs se sont stabilisés (-1%).

Une forte présence dans l’industrie. Fin 2013, ces firmes étrangères employaient 680 000 personnes, soit 37% de leurs effectifs, dans le secteur industriel, 10 points de plus que les multinationales françaises. Elles sont particulièrement bien implantées dans certaines activités industrielles, comme le papier et le carton ainsi que la métallurgie et la fabrication de machines et d’équipements où elles concentrent respectivement 53%, 50% et 49% des emplois salariés de l’Hexagone, détaille l’Institut de statistique. “Cette surreprésentation des firmes étrangères dans l’industrie peut s’expliquer par la volonté de garder la maîtrise d’une technologie innovante ou d’un savoir-faire spécifique ou encore de conserver des unités de production proches des marchés finaux pour réduire les coûts de transport des biens produits”, avance l’Insee. Néanmoins, les emplois industriels des firmes dont le centre de décision est à l’étranger ont diminué de 6 points entre 2008 et 2013, alors qu’ils progressaient de un point pour les multinationales françaises. Dans le même temps, l’Insee constate une forte progression de l’emploi dans le commerce pour les firmes sous contrôle étranger avec un gain de 4 points, pour représenter, à fin 2013, 27% de l’emploi total. Les filiales françaises des multinationales étrangères sont souvent rangées dans la catégorie des ETI. Ces ETI à capitaux étrangers concentrent plus de la moitié des emplois et 64% des salariés du secteur de l’industrie sous contrôle étranger travaillent dans une entreprise de taille intermédiaire.

Des emplois sous contrôle européen. En fin d’année 2013, “1,13 million de salariés, soit 61% de l’emploi salarié sous contrôle étranger, travaillent dans une entreprise dont le centre de décision est en Union Européenne hors de France”, constate l’Insee. Avec plus de 300 000 salariés, l’Allemagne apparaît comme le premier employeur européen dans l’Hexagone, suivie de l’Angleterre avec 190 000 salariés. La part des entreprises européennes s’est dégradée au cours du dernier quinquennat avec des effectifs en baisse de 17,5%. Hors UE, les Etats-Unis, quant à eux, sont le plus important employeur étranger en France, avec 400 000 salariés, soit 22 % des effectifs de ces multinationales, suivis de la Suisse (8%, 150 000 salariés) et de la Belgique. Avec la mondialisation grandissante et l’émergence des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), l’Insee remarque une hausse significative de leurs filiales en France, avec une croissance du nombre de salariés de 31% entre 2008 et 2013. Néanmoins, ces pays n’emploient que 22 000 salariés en France. Cela ne représente que 1 % de l’emploi salarié total des firmes multinationales étrangères, mais cette part est appelée à évoluer dans les prochaines années.

Alban LE MEUR