JEUMONT ELECTRIC ET LES DOUZE SOUS-MARINS POUR L’AUSTRALIE

L’entreprise sambrienne se chargera de la propulsion électrique

Publié dans l'édition Nord N. 8790 par
D.R.

Nathalie Renard, directrice du marketing, en compagnie de Patrick Brutsaert, responsable calculs machines, service études. Derrière eux : un rotor, une des deux pièces d’un alternateur avec le stator…

Depuis 1898, l’usine fabrique moteurs et alternateurs. L’aventure industrielle se poursuit, entre autres, avec le marché remporté en avril par la DCNS, dont Jeumont Electric est un des partenaires réguliers. 

Fin avril, au terme d’un appel d’offres international, l’Australie avait choisi le groupe industriel français DCNS1 comme partenaire, en vue de concevoir et de construire douze sousmarins conventionnels de haute mer. Au printemps, la commande, remportée devant le Japon et l’Allemagne, était estimée à 34 milliards d’euros. Le groupe DCNS est détenu par l’Etat à 62,49% et par Thalès à 35% (entreprise où l’Etat a également une participation). Si le constructeur naval historique de la France est apparu dans la lumière, il ne sera cependant pas le seul à profiter de ce marché qui devrait s’étirer jusqu’en 2030. La DCNS distribue le travail, assemble, assume la responsabilité mais plusieurs entreprises, équipementiers ou fournisseurs, bien identifiés, ont été associées à l’appel d’offres.

C’est le cas de Jeumont Electric, dans le Val de Sambre, qui doit s’occuper de la propulsion électrique et fabriquer les moteurs ainsi que l’électronique associée qui se situeront à l’arrière des sous-marins australiens. “On fait partie du pack, assure Nathalie Renard, et on occupe le quatrième rang, derrière la DCNS, Thalès et Safran.” La construction ne va pas commencer tout de suite. L’effet d’annonce et le cocorico de victoire ont ouvert des négociations entre l’Australie et la DCNS en vue de finaliser un contrat dont la signature pourrait intervenir vers la fin 2016 ou le début 2017. Nathalie Renard, directrice du marketing chez Jeumont Electric, fait bien comprendre qu’un tel contrat suit une procédure. “Une fois le contrat final signé, estime-t-elle, suivront les études entre 2017 et 2020. La construction devrait, elle, commencer en 2020 et se poursuivre jusqu’en 2030 selon un cadencement qui est à déterminer.” A priori, donc, Jeumont Electric travaillerait pendant dix ans sur cette commande.

Un moteur déjà “rodé”. L’entreprise sambrienne, confirme Mme Renard, va se charger du système de propulsion. La directrice du marketing précise que le moteur à fabriquer répond à une technologie éprouvée depuis 1980, connue sous le nom “Magtronic”, mais ayant évolué avec les années. Le moteur de nouvelle génération devra composer avec l’architecture du sous-marin, répondre à des critères de discrétion électroacoustique et à des impératifs liés au système de combat. Si le moteur est rodé, l’entreprise l’est aussi puisqu’elle a déjà participé à plusieurs chantiers de bâtiments militaires de surface (frégates multimissions, navires ravitailleurs…) ou de sous-marins, classiques ou nucléaires. Mme Renard précise au passage que Jeumont Electric participe également à l’équipement de paquebots de croisière : propulsion principale, distribution d’énergie, motorisation auxiliaire lors des manœuvres dans les ports…

Moteurs et alternateurs. Le métier de Jeumont Electric est très technique. Pour simplifier, disons que l’équipementier conçoit et réalise, dans ses 66 000 m2 d’ateliers et de bureaux, des gammes de moteurs, qui transforment un courant électrique en mouvement, et d’alternateurs, qui transforment un mouvement en courant électrique (dans le cas d’une éolienne par exemple).