PROJET D’AGENCE DU NUMÉRIQUE DANS L’AGGLO DE MAUBEUGE

Un des buts : retenir les étudiants qui sortent de l’université

Publié dans l'édition Nord N. 8790 par

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D.R.

À la Ruche de Maubeuge, le représentant du Conseil régional était attendu de pied ferme par les représentants de l’antenne universitaire, les techniciens du Conseil régional et de l’Agglo, travaillant sur le projet, le directeur de la Ruche et l’élu intercommunal chargé du numérique.

Ce projet espère associer l’antenne universitaire, l’Agglomération Maubeuge Val de Sambre, le Conseil régional et la Ruche départementale d’entreprises. Il doit maintenant convaincre.  

Au sein de l’Agg l o m é r a t i o n Maubeuge Val de Sambre, en lien avec les services du Conseil régional, un projet d’agence du numérique et une stratégie de développement dans ce domaine ont été élaborés. Pascal Douffet, directeur général adjoint du pôle développement économique de l’AMVS, explique qu’avec Claude Oziard, numéricien travaillant dans ses services, la réflexion a été menée ces dernières années afin de faire du numérique un facteur de développement économique dans un territoire qui en a bien besoin…
“Avec Saint-Omer, nous faisons partie des collectivités les plus avancées dans ce domaine”, précise-t-il, en soulignant que l’objectif est maintenant de faire entrer ce projet dans la politique publique relayée par la Région sous le nom de “Schéma directeur des usages et services numériques”. Celui-ci comprend un volet économique, un volet vie quotidienne et un volet social.

Convaincre. Les processus de décision étant ce qu’ils sont, le chemin pour parvenir aux subventions publiques sera long. Mais la distance sera plus rapidement parcourue si les élus concernés, et décideurs, sont convaincus de son intérêt. Le projet numérique de l’Agglo de Maubeuge a fait, pour cette raison, l’objet d’une rencontre, le 21 juillet dernier en fin de journée, à la Ruche départementale d’entreprises 

de Maubeuge. Les acteurs locaux concernés y ont attendu Guillaume Delbar, vice-président du Conseil régional, notamment chargé du numérique, qui terminait un périple dans le Valenciennois et le Val de Sambre. Profiter des atouts locaux. L’idée est simple : le territoire de l’AMVS a des atouts. M. Douffet les énumère : une antenne universitaire en pointe dans le domaine de la sécurité des systèmes informatiques (la cybersécurité et la lutte contre les piratages de toutes origines), un réseau de fibre numérique (pour le très haut débit) en cours d’installation tant en zone urbaine qu’en zone rurale (avec des financements de l’Agglo et un opérateur), une Ruche départementale d’entreprises rodée à l’accueil des créateurs qui pourrait accueillir l’agence prévue. L’association de ces acteurs permettrait d’organiser la collaboration entre l’université et les entreprises, de mettre en place du coworking, du télétravail, un “hacker space”, et d’abriter des start-up du numérique. M. Douffet évoque la création possible d’un fablab qui pourrait entrer dans un réseau international déjà existant. Un de ses premiers arguments : les étudiants formés à la cybersécurité – un métier qui leur permet d’aider les entreprises et administrations à se protéger des pirates – ne trouvent pas de travail dans ce domaine en Val de Sambre. Une stratégie organisée pourrait les y retenir.

L’économie, mais pas seulement. L’idée est donc là, mais pour qu’elle se concrétise, il lui faut trouver des cofinancements et soutiens politiques (Europe, Région, Département, Etat…) et donc convaincre les élus du potentiel économique que représente le numérique. Autre écueil à surmonter : les économies budgétaires à l’ordre du jour à tous les niveaux. M. Douffet ajoute que les outils numériques concerneraient aussi la population, dans les domaines de la formation, des services administratifs ou encore de la santé. La stratégie utilise d’ailleurs le thème métaphorique de la mosaïque. Il insiste notamment sur le fait que le travail a déjà bien commencé avec les services du Conseil régional, représentés ce soirlà par Isabelle Zeller, directrice de la mission “région numérique”.

Pour rencontrer Guillaume Delbar, l’université était venue en force avec Robert Crocfer, Franck Ebel, Jérôme Hennecart et Christian Courtois. Ce dernier a repris la direction du Laboratoire des matériaux céramiques et procédés associés basé à l’université. Ce labo est un autre de ses atouts tournés vers le monde des entreprises. Ont aussi participé à la rencontre Jean Meurant, élu intercommunal chargé du numérique,
et Luis Capelas, directeur de la ruche. Une nouvelle rencontre est prévue à l’approche de la rentrée.