Keolis perd le Nord mais s’ouvre au monde

Publié dans l'édition Nord N. 8809 par

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Au coeur du garage-atelier de Dron.

 

 

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Le poste de contrôle de la gare Lille Flandres est ouvert 24 heures sur 27, 7 jour sur 7. Les techniciens gèrent tout ce qui touche aux déplacements, des équipements aux rames en passant par le service aux passagers.

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La direction de Keolis au dépôt de Beckton. Keolis exploite le réseau de métro (DLR) dans l'est de Londres.

 

 

Coïncidence malheureuse. Alors que Keolis ouvrait les portes de ses garages-ateliers et postes de contrôle à Lille et Londres dans le cadre d’un voyage de presse fin novembre, la Métropole Européenne de Lille (MEL) annonçait au même moment l’annulation de l’appel d’offres en cours pour l’exploitation des réseaux de transports en commun lillois dont le futur délégataire sera connu en juin 2017. Un coup dur pour Keolis qui exploite le réseau lillois depuis maintenant 33 ans. Mais la filiale de la SNCF dédiée aux transports urbains a décidé d’introduire un référé pré-contractuel auprès du tribunal administratif de Lille. Elle estime «avoir déposé une offre financière et technique conforme au règlement de la consultation. Nos conseils n’ont pas la même lecture juridique des arguments avancés par les conseils de la MEL pour justifier cette décision d’infructuosité.» En attendant les suites de l’affaire, le métro lillois devrait, sauf retournement de situation, échapper à Keolis.

Lille, point de départ. Pionnier du métro automatique, Keolis revendique aujourd’hui son leadership mondial en la matière à travers l’exploitation de 10 lignes et le transport de 350 millions de voyageurs annuels. Tout a commencé à Lille en 1983. Keolis exploite depuis 33 ans le métro lillois, le premier métro automatique sans conducteur au monde. Et ne se prive pas de s’en vanter. « Lille est le métro de tous les records, le premier 100% automatique avec le plus petit intervalle – 66 secondes – jamais égalé au monde ». Sur les 160 villes dotées d’un métro, seules quarante possèdent un métro automatique. « De plus en plus de métropoles se posent la question de la reconversion. Les besoins en matière de mobilité urbaine ont explosé » explique Jean-Pierre Farandou, PDG de Keolis. À Lille, la fréquentation a augmenté de 50% depuis 2000. Et le métro automatique possède de nombreux avantages : coûts d’exploitation plus faibles, plus d’efficience opérationnelle, plus de régularité notamment en période de pointe et une baisse de 10 à 25% de consommation énergétique. 400 000 passagers empruntent le métro lillois chaque jour. Pour assurer l’intégralité des trajets, 143 trains sont affectés (90 sur la ligne 2 contre 53 sur la ligne 1) et desservent au total 60 stations. Le poste de contrôle, situé dans les sous-sols de la gare Lille Flandres, supervise le réseau lillois de jour comme de nuit. 22 techniciens exploitent l’ensemble du réseau. « Le poste de contrôle est le centre névralgique du réseau, tout se passe ici. En 33 ans, il n’y a eu aucun accident » indique fièrement le responsable d’exploitation, Jean-Luc Perruzetto.

Grand Paris Express. Après avoir démontré son expertise à Lille, Rennes et Lyon, Keolis veut « tenter sa chance » à Paris à travers le projet de métro automatique baptisé « Grand Paris Express ». Cette ligne 15 reliera tous les grands pôles des agglomérations de Paris. De la Défense à Roissy, en passant par Paris-Saclay, l’Est-Parisien ou encore Paris-Le Bourget, Keolis assure doter la capitale d’un métro « du 21ème siècle, 100% digital avec la fibre optique et un wifi très haut débit » assure le président du groupe. La réponse de l’appel d’offres du STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France) est prévue pour 2019 pour une mise en service du Grand Paris Express en 2022… Pour la conquête de l’Ile-de-France, Keolis sera bien évidemment confronté à une concurrence féroce. « Nous voulons que le grand Paris Express soit pour nous une référence » conclut Jean-Pierre Farandou.

 Une force de frappe à l’international. Keolis réalise 5 milliards de chiffre d’affaires dont 44% à l’international. « Nos activités à l’étranger sont très importantes. Notre expérience des réseaux français nous donne aujourd’hui une véritable crédibilité à l’international » affirme Bernard Tabary, directeur exécutif du groupe. Plusieurs projets devraient voir le jour en 2017 notamment à Shangaï en Chine avec le premier tronçon de ligne automatique (1 ligne et 6 stations) et à Hyderabad en Inde, avec le lancement du métro aérien automatique (3 lignes et 66 stations). « Avec ces deux réseaux, nous atteindrons le milliard de passagers » dixit Bernard Tabary.

Présence massive Outre-Manche. Depuis 2014, la filiale de la SNCF exploite les six lignes du métro automatique des Docklands Light Railway (DLR) dans l’est de la capitale londonienne. 149 véhicules desservent 45 stations. « Notre expérience de services au Royaume-Uni est très importante mais nous souhaitons accroître davantage notre présence. Le marché Britannique a doublé en 17 ans » résume le directeur exécutif du groupe. Keolis est d’ailleurs en course pour l’appel d’offres du métro à Manchester et entend également développer des réseaux de bus dans différentes régions du pays.

Au cœur de la mobilité des grandes métropoles, le leader mondial du métro automatique est actuellement en course pour plusieurs appels d’offres à l’étranger notamment au Moyen-Orient (Doha au Qatar et Riyad en Arabie Saoudite). Mais doit définitivement faire une croix sur le projet lillois.

 

ENCADRE

 

Keolis Nord se dote d’un nouveau siège à Comines

 

Keolis a investi 4 millions d’euros dans son nouveau siège nordiste, inauguré le 1er décembre dernier à Comines. Cet équipement s’étend sur 1 900 m² de bâtiments dont 1 500 m² d’atelier. Il comporte également 110 emplacements bus et cars ainsi que 117 emplacements pour véhicules légers. Keolis Nord possède une flotte de 160 véhicules et compte 260 salariés dont 234 conducteurs, 10 mécaniciens et un carrossier.