Échos du Royaume-Uni

De l’autre côté du Channel…

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9627 par

Les annonces de Junker. Le président de la Commission européenne a laissé entendre que le Royaume-Uni paierait cher son ticket de sortie de l’Union européenne. Le prix du Brexit : entre 40 et 60 milliards d’euros environ. «Ce sera une négociation difficile, a annoncé l’ancien Premier ministre luxembourgeois. Pour nous mettre d’accord sur les modalités de […]

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Les annonces de Junker. Le président de la Commission européenne a laissé entendre que le Royaume-Uni paierait cher son ticket de sortie de l’Union européenne. Le prix du Brexit : entre 40 et 60 milliards d’euros environ. «Ce sera une négociation difficile, a annoncé l’ancien Premier ministre luxembourgeois. Pour nous mettre d’accord sur les modalités de sortie et pour nous mettre d’accord sur l’architecture future des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, il faudra des années. Il faut que les Britanniques sachent […] que ce n’est pas à coût réduit ou à coût zéro.» Jean-Claude Junker a en outre lancé que les Britanniques devraient respecter les engagements «à la confection desquels ils ont pris part». Un discours prononcé devant le Parlement belge, qui pointe une dette essentiellement constituée des «restes à liquider» des Britanniques vis-à-vis de l’UE.

 

La Chambre des lords débat du Brexit. Après la Chambre des communes, c’est au tour des Lords de se prononcer sur le projet de loi concernant le déclenchement de l’article 50 censé démarrer le processus de sortie de l’Union européenne. Les Lords ont le pouvoir de modifier des textes de loi, mais pas celui de les rejeter. Dans ce sens, la chambre haute du Parlement britannique est uniquement habilitée à retarder l’adoption d’un texte de loi dans le but de pousser le gouvernement à le revoir. Les débats ont démarré le 20 févier autour de la question et devraient se conclure le 7 mars prochain, l’article 50 devant être déclenché avant la fin du mois de mars selon le calendrier du gouvernement. «Je ne veux voir quiconque faire barrage à la volonté du peuple britannique», a annoncé Theresa May, menaçante, lors d’un déplacement à Stoke-on-Trent. A priori, les Lords ne devraient pas être un obstacle au texte de loi, mais ils pourraient avoir l’envie de l’amender, ce qui pourrait occasionner un retard dans le calendrier gouvernemental. «En fin de compte, la Chambre des communes doit prévaloir, car c’est la chambre élue. Mais j’espère que les Lords ne jetteront pas l’éponge trop vite», a plaidé l’europhile Peter Mandelson. Côté gouvernemental, on reste confiant quant au respect de l’agenda…

 

Les deux Irlande à nouveau séparées par une frontière ? La question se fait de plus en plus présente… et pressante. Alors que l’échéance que représente l’article 50 se rapproche à grands pas, le 17 février, le Premier ministre irlandais Enda Kenny avançait que le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne mettait en danger «à la fois notre paix et notre prospérité». La plupart des entrepreneurs irlandais se considèrent véritablement en danger sur le plan économique : leur modèle est, sinon le plus dépendant du Royaume-Uni, du moins un des plus dépendants des Britanniques. D’autre part, la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande met encore plus en péril l’économie du nord de la République d’Irlande, ainsi que les relations entre deux pays dont les tensions sont historiques.

 

Grève des travailleurs étrangers à Londres. Les travailleurs étrangers du Royaume-Uni ont manifesté leur incertitude face aux conséquences du Brexit le 20 février, lors d’une journée nommée «One Day without us», organisée aussi de l’autre côté de l’Atlantique, dont le but est de défendre les droits des immigrés au Royaume-Uni. La manifestation comptait environ deux cents personnes devant le Parlement, où se déroulait le débat autour du Brexit. La plupart des manifestants se posaient la question de leur avenir professionnel au sein de leur pays hôte après le divorce entre l’Union européenne et le royaume de Sa Majesté.

 

Les emplois des Français de la HSBC «rapatriés». Stuart Gulliver, le directeur général de la banque, l’a annoncé : les Français représentent plus de la moitié des mille emplois que la HSBC s’apprête à déplacer à Paris. «Un millier d’emplois ne pourront plus légalement être accomplis au Royaume-Uni une fois que ce pays aura quitté le marché unique européen et devront être déplacés dans un autre pays de l’UE», a-t-il précisé. L’autre pays, c’est l’Hexagone, où la banque emploie actuellement 9 500 personnes et dispose de toutes les licences pour exercer ses activités bancaires au sein de l’Union européenne.