Échos du Royaume-Uni

De l’autre côté du Channel…

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9626 par

Le vote du Brexit plébiscité au Parlement britannique… Le 2 février dernier, le Parlement britannique a voté massivement en faveur de la poursuite de l’étude du projet de loi autour du Brexit avant la publication du livre blanc, qui devait donner la direction à prendre après le déclenchement de l’article 50 qui devrait amorcer la […]

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Le vote du Brexit plébiscité au Parlement britannique… Le 2 février dernier, le Parlement britannique a voté massivement en faveur de la poursuite de l’étude du projet de loi autour du Brexit avant la publication du livre blanc, qui devait donner la direction à prendre après le déclenchement de l’article 50 qui devrait amorcer la sortie de l’Union européenne. Résultat du vote : 498 voix pour la poursuite de la lecture du texte, 114 voix contre. L’Ecosse a tenté d’amender le texte proposé au Parlement afin de s’opposer à la sortie de l’UE, amendement rejeté à 336 voix contre 100.

 

Les pro-Brexit ont caché une ardoise de 25 à 73 milliards d’euros. Le Royaume-Uni devra verser cette somme comme solde de tout compte à l’Union européenne. Cette somme, calculée par le Mouvement pour la réforme en Europe, un groupe de réflexion, comprend deux dépenses majeures : la part du pays dans les programmes de cohésion, à savoir les aides aux pays les moins riches d’Europe, et la part du Royaume-Uni dans le système de retraite de l’Union européenne.

 

Le gouvernement britannique a publié son livre blanc… Il s’agit de la stratégie du Royaume-Uni pour négocier avec l’Union européenne. Le livre blanc propose un «nouveau partenariat positif et constructif» en s’appuyant sur une économie solide et une démocratie qui a fait ses preuves, toujours selon le document. Publié après le vote massif du Parlement britannique en faveur du Brexit, l’avant-propos table sur les qualités du Royaume-Uni afin de sortir de l’Union européenne dans les meilleures conditions. «Nous sommes un grand pays mondial avec tant à offrir à l’Europe et tant à offrir au monde», écrit le Premier ministre Theresa May dans son avant-propos. Mais dans les faits, plutôt que de proposer une stratégie générale pour assurer les meilleures conditions de sortie possibles, le très attendu livre blanc propose plutôt des objectifs… Ceci, officiellement, afin de préserver ses arguments dans la négociation avec l’UE. Par ailleurs, on note le retour des objectifs d’échanges commerciaux «les plus libres et les plus fluides possibles» entre l’Union et le Royaume-Uni. Pour le gouvernement May, les 27 auraient davantage à perdre que le royaume de Sa Majesté dans la rupture des liens commerciaux. Nos confrères du Monde ont toutefois relevé que 46% du commerce extérieur du Royaume-Uni est destiné à l’UE, alors que l’Union exporte uniquement 5% de ses biens outre-Manche. Autre argument du gouvernement : la City resterait la «seule plate-forme» dont les pays de l’UE continueraient à dépendre. Autre débat à trancher : les ressortissants européens présents sur le territoire britannique et vice versa. Les Britanniques sont davantage demandeurs sur la question, les membres de l’Union voulant se concerter sur la question. En revanche, le gouvernement s’est gardé de chiffrer le coût du Brexit…

 

Le Parlement écossais vote symboliquement contre le Brexit. L’Écosse est un territoire des plus europhiles au sein du Royaume-Uni, ce qui a provoqué de vives tensions entre le gouvernement britannique et les Ecossais ces derniers mois. Le 7 février, c’est un vote symbolique qui a eu lieu, car la Cour suprême a tranché : c’est au Parlement de Westminster de s’exprimer sur le sujet. L’objet ? Résultat : 90 voix pour le maintien dans l’UE, pour 34 voix favorables au Brexit. «Ce vote est beaucoup plus que symbolique, a déclaré le Premier ministre écossais, Mme Nicola Sturgeon. C’est un test clé pour savoir si la voix de l’Écosse est écoutée et si nos souhaits peuvent être pris en compte.» L’Écosse avait déjà organisé un référendum autour de son indépendance en 2014, qui s’était soldé par un «non» à 55%, suite à quoi la région aurait dû avoir autant de poids que Londres… Au moment du Brexit, 62% des Ecossais avaient voté contre le Brexit, quand 52% du Royaume avait voté pour.

 

Des tensions ravivées en Irlande. La frontière entre Irlande du Nord et du Sud pourrait réapparaître avec la sortie de l’Union européenne. Ce qui pourrait être problématique pour les villes frontalières, dont une grande partie de l’économie est fondée sur la liberté de déplacement. Le problème est relevé par nos confrères de France Info à Newry, où un chef d’entreprise a déclaré que «Marks & Spencer, Sainsbury’s ou Tesco attiraient des milliers d’acheteurs. Il y avait des files de voitures de six kilomètres de long, depuis le sud jusqu’à Newry. Ces magasins anglais sont à Newry pour une seule raison : la localisation.» Un professeur de français estime même qu’il faut «peu de choses pour que le conflit reprenne» entre les deux Irlande. Comme en Ecosse, les Irlandais ont voté à 56% pour le maintien dans l’Union européenne et certains habitants estiment ne pas avoir été écoutés.