A Blaringhem, les élus locaux acquièrent un site industriel

Les édiles contribuent indirectement à la reprise d’Arc international

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9521 par

Effective depuis le 10 février, la reprise d’Arc international par l’Américain PHP a donné lieu à une implication des collectivités territoriales pour faire la aboutir. Si l’usine d’Arques ne doit pas baisser en régime, celle de Blaringhem sort définitivement du périmètre.

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CAPresse 2015

43 hectares de foncier, dont 14 couverts, forment la disponibilité du site de Blaringhem.

Les élus de la communauté d’agglomération de Saint-Omer (CASO) et ceux de Flandre-Intérieure (CCFI) ont contribué à la reprise d’Arc International. « Dans la première offre de reprise de PHP, le site de Blaringhem n’était pas dans la balance. Dans la seconde, oui« , raconte brièvement Jean-Pierre Bataille, président de la CCFI. Il a donc fallu faire entrer du cash dans l’entreprise avant que PHP ne finalise son offre. Sis dans le département du Nord mais dans l’aire audomaroise, le site de Blaringhem couvre 43 hectares. Les constructions réalisées par Arc s’échelonnent des années 80 à 99. Des espaces arborés demeurent encore sur un site qui a vu travailler jusqu’à 2 000 personnes. Aujourd’hui, 300 travaillent sur les derniers stocks du géant mondial des arts de la table. Fin mars, ils auront rejoint le site d’Arques qui sera réorganisé avec le départ de 200 personnes et la réaffectation de 200 autres. PHP apporte 60 millions d’euros et acquiert « avec ses co-investisseurs, la majorité des dettes de l’entreprise« , indique un communiqué d’Arc international. La famille Durand apporte 2 millions d’euros dans la structure et pèsera 20 %, tandis que Tim Gollin, PDG du fonds américain, deviendra directeur général d’ici le printemps. La famille Durand reste toutefois solidaire des dettes avec PHP. Dernier point qui bloque encore, le dossier de l’amiante. Sortis des propositions de PHP, les dispositifs dédiés au plan amiante ne seront pas réclamés par les organisations syndicales. L’Etat n’en fait pas une histoire de principe, trop heureux de voir se dénouer plutôt positivement un dossier industriel qui préoccupait Bercy depuis plusieurs mois.

CAPresse 2015

A droite, Jean-Pierre Bataille, président de la CCFI, et François Decoster, président de la CASO, à Blaringhem le 10 février dernier.

Industries ou parc de loisirs ? Sur le site, le temps a fait son œuvre peuvent constater les édiles, guidés par Xavier Ibled, président de l’antenne audomaroise de la CCI et membre du board familial d’Arc international. Le montage de la reprise de ce site est particulier : c’est la CCFI qui rachète via un portage de l’Etablissement public foncier (EPF). La CASO signe une convention qui la rend solidaire de cet acquisition (une convention est en cours). Le Conseil régional vient mettre un dernier point aux incertitudes juridiques (et financières) du montage avec une « garantie de bonne fin« . L’opération Blaringhem poussent les deux communautés de communes à travailler plus étroitement : les deux agences de développement économique commercialiseront ensemble le site. « On peut imaginer étendre le périmètre de notre maîtrise » glisse François Decoster, président de la CASO. « C’est un bien commun que nous avons. Et des possibilités de recettes fiscales aussi« , indique quant à lui Jean-Pierre Bataille. La visite des édiles flamands (qui n’avaient pas encore vu ce qu’ils achetaient) offre de belles perspectives. La plupart des bâtiments sont prêts à être utilisés. Une réserve foncière de 7 hectares jouxte la zone, avec à proximité le canal et une ancienne voie ferrée. Pour Jean-Pierre Bataille, on ne doit rien s’interdire : « L’EPF peut nous remettre tout le site à plat gratuitement. Imaginez un parc d’attractions… L’EPF peut aussi prendre en charge 50 % des investissements dans les réseaux par exemple. Cela donne du potentiel… » Le poste électrique de 18 mégawatts, le gazoduc (doublé l’an dernier) et l’oxyduc terminent un tour du propriétaire plutôt enthousiaste…