Denis Robin quitte le Pas-de-Calais

Une réelle passion pour le service public

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9521 par

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D.R.
C’est un préfet très détendu qui a rencontré la presse du Pas-de-Calais.

Dès son arrivée le 5 mars 2012, Denis Robin avait pris rapidement un premier contact avec la presse du département. A cette époque, nous l’avions rencontré très rapidement lors de grandes inaugurations : le pôle Automobile et Energies de l’Université régionale des métiers et de l’artisanat à Arras, la magnifique exposition « Roulez Carrosses ! » au musée des Beaux-Arts d’Arras… La veille de son départ, il a tenu à rencontrer à nouveau la presse pour un dernier échange.

 Un regard bienveillant sur le département. « Le Pas-de-Calais est le plus gros département de France, pas toujours bien identifié en tant que tel. » Par ailleurs, il estime que « les décideurs politiques, économiques et sociaux n’ont pas toujours conscience de la situation stratégique du département et du niveau des infrastructures publiques« . Et de compléter : « avec des territoires différents, pas toujours complémentaires, un réseau autoroutier dense, le TGV, un tunnel sous la Manche, deux ports, à une heure et demie de Londres et Bruxelles et à une heure de Paris ». L’image du département a fortement évolué en quelques années, et de citer en vrac « le Louvre-Lens, le partenariat château de Versailles-musée d’Arras, le projet Calais 2015, le projet canal Seine-Nord Europe, la réhabilitation des cités minières, etc. ». Les dossiers industriels difficiles, parfois épiques, n’ont pas manqué ; il liste sans être exhaustif « Meryl Fiber, Doux, Fraisnor, Stora Enso, Continental, Arc, Arjowiggins, etc.« . Le préfet, qui est reconnu comme un homme de terrain proche de la population, des élus, des entreprises, bref du quotidien du département, avoue n’avoir « jamais fait autant de kilomètres (3 000 à 3 500 km par mois), il fallait gagner la confiance des gens« , ce qu’il considère comme « exceptionnel dans sa fonction« .

 La sécurité et les migrants. La recrudescence en 2014 des vols à main armée dans le bassin minier semble l’inquiéter : « Des bandes professionnelles viennent de Lille ou Paris et sévissent dans le Lensois, le long des voies d’accès ». Par ailleurs, se développe une délinquance artisanale, « pour des butins dérisoires par une population locale paupérisée« .

La gestion des migrants à Calais a (trop) longuement focalisé l’échange avec le préfet. Il est certain que son emploi du temps a été fortement impacté en trois ans par ce sujet, « une gestion de crise permanente« , qui l’a rendu probablement visible du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. A son arrivée dans le département, il y avait 200 à 300 migrants −  « on arrivait à les gérer » − , des Afghans, des Kurdes, des Syriens. « La situation s’est dégradée mi-2013 jusqu’au printemps 2014« , avec « sûrement 2 300 migrants, des Erythréens, des Soudanais : les nationalités ont changé. » Il s‘agissait « de protéger les migrants eux-mêmes avec l’aide de l’Etat, des collectivités et du monde associatif, d’assurer la sécurité des installations économiques pour éviter un détournement du trafic maritime vers les ports belges, et naturellement d’assurer la  sécurité des calaisiens« . Face à une logique d’affrontement, l’explosion a été évitée,  « nous sommes maintenant dans une phase d’apaisement« .