Interview

Antonio Molina à la pointe de l’innovation

Publié dans l'édition Nord N. 8824 par

À 76 ans, Antonio Molina est sur tous les fronts. Ancien consultant en France et en Afrique, cet ingénieur de nationalité espagnole rachète la PME Corsain dans le Pas-de-Calais en 1993. Vingt ans plus tard, il dirige avec passion le groupe Mäder, numéro 1 européen de la peinture industrielle.

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Également président du pôle de compétitivité Matikem (pôle des matériaux, de l’innovation et de la chimie verte), il avance avec un objectif en tête : faire de la métropole lilloise un acteur mondial et incontournable des matériaux complexes. Rencontre.

La Gazette : Comment se porte le groupe Mäder ?

Antonio Molina : Lors du rachat en 1993, l’entreprise comptait 50 salariés, aujourd’hui le groupe est composé de 850 salariés répartis en France, en Suisse et en Allemagne. De 1993 à 2007, le chiffre d’affaires est passé de 10 millions à 200 millions d’euros ; 10% est consacré à la recherche. Mäder est aujourd’hui le fabricant numéro 1 de la peinture industrielle en Europe et leader mondial de la peinture dans les trains. D’ici à 2024, nous visons 350 millions de chiffre d’affaires. Plusieurs implantations internationales sont prévues, notamment au Mexique, aux Etats-Unis et en Pologne.

Quelle est la clé du succès pour une entreprise ?

La première préoccupation d’une entreprise doit être la gestion de l’humain. J’ai toujours attribué une valeur énorme au capital humain et à la relation avec le salarié : c’est comme ça que les idées peuvent avancer. Il faut aussi rester en veille et surtout être innovant.

En tant que président du pôle Matikem, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le programme Verem ?

Il s’agit d’un projet très structurant et générateur d’emplois qui se limite aux matériaux du futur. Le programme a été lancé il y a deux ans et va se mettre véritablement en marche en fin d’année, avec l’appui de la Région et de la MEL. L’idée est de développer un système de matériaux allégés afin d’entraîner des économies d’énergie. Pour Alstom ou Peugeot par exemple, l’enjeu est de faire des pièces en matériaux composites. Les matériaux allégés doivent être généralisés à l’industrie ferroviaire, à l’automobile ou encore au secteur du bâtiment.

Qu’est-ce qui va être mis en place concrètement ?

L’idée est de créer un fonds régional de prototypage pour aider les industriels à développer leurs prototypes pour créer ensuite de l’emploi. C’est précurseur dans la région. Il faut partir de l’innovation pour créer de l’emploi. Beaucoup d’innovations se créent et s’en vont, c’est une vallée de la mort qui sépare aujourd’hui la recherche de l’emploi. Il faut créer ce lien.

Quels atouts dispose la région Hauts-de-France ?

Il s’agit de la première région française dans le secteur automobile et ferroviaire. Les besoins en allègement de matériaux sont énormes ! Les Hauts-de-France disposent également de deux ITE (instituts pour la transition énergétique rassemblant les compétences de l’industrie et de la recherche publique), IFMAS et PIVERT. La région dispose d’atouts considérables !

 

ENCADRE

Pour en savoir plus…

Le livre intitulé La Course à l’innovation, la saga d’Antonio Molina vient récemment d’être publié aux Editions Henry Dougier. Luc Hossepied, l’auteur, est journaliste indépendant. Après avoir travaillé dans la presse quotidienne régionale et la télévision régionale, il est désormais un observateur reconnu dans la région. À travers ce livre, il dresse le portrait d’Antonio Molina, un homme atypique, ex-consultant devenu chef d’entreprise et reconnu pour être un fervent défenseur de la troisième révolution industrielle.

 

©Matikem-ClaudeWaeghemacker

Antonio Molina.