Aquanord s’est refait une santé

Publié dans l'édition Nord N. 8822 par

Première ferme marine en France, la Ferme aquacole de Gravelines s’étend sur 10 hectares. Il s’agit de la plus importante unité aquacole marine française en bassins à terre. Créée en 1982, elle élève des bars et des daurades. Son activité fut complétée en 1986 par l’arrivée de l’Ecloserie marine gravelinoise, chargée de l’alevinage de bars. […]

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D.R.

La Ferme aquacole de Gravelines produit 1 800 tonnes de bars et daurades.

Première ferme marine en France, la Ferme aquacole de Gravelines s’étend sur 10 hectares. Il s’agit de la plus importante unité aquacole marine française en bassins à terre. Créée en 1982, elle élève des bars et des daurades. Son activité fut complétée en 1986 par l’arrivée de l’Ecloserie marine gravelinoise, chargée de l’alevinage de bars. Sa spécificité tient dans le partenariat avec EDF lui permettant de bénéficier d’eau de mer réchauffée.

Au début des années 2000, la Grèce pratique la vente en dessous du coût de revient. Cette stratégie a impacté lourdement la filière française et poussé 70% des entreprises à la faillite. Très rentable jusqu’en 2007, Aquanord change sa stratégie pour tenter de contrer la concurrence. Elle augmente sa production afin de réduire les prix de revient. Elle n’atteindra jamais les productions attendues, mais, au contraire, l’augmentation des densités d’élevage va poser des problèmes de production sans réussir à faire baisser les frais fixes.

La remise à niveau de l’outil était devenue indispensable tout autant que l’amélioration de la rentabilité : la modernisation des systèmes de filtration, d’oxygénation et de traitement de l’eau étaient nécessaires, faute d’investissements durant les dix années qui ont précédé la liquidation en 2013. L’outil était devenu obsolète…

L’entreprise a été rachetée en novembre 2013 par le groupe Gloria Maris. Le plan social a permis de conserver 42 salariés sur les 72 de la Ferme aquacole et 15 sur les 17 de l’Ecloserie marine. Cette baisse d’effectif était nécessaire afin de permettre la diminution du tonnage de l’unité de grossissement (de 2 500 à 1 300 tonnes). Le président du groupe, Philippe Riera, ne veut pas voir disparaître le savoir-faire français : l’Ecloserie dispose d’une ingénierie unique et produit des alevins résistants aux pathologies, réputés pour avoir une excellente croissance. L’Etat, la Région Nord – Pas-de-Calais, la communauté urbaine de Dunkerque, la CCI Côte d’Opale, la Ville de Gravelines et EDF ont soutenu le projet axé sur la qualité, la recherche et l’innovation. Avec la disparition d’Aquanord, la France aurait perdu 50% de sa production marine (35% toutes espèces confondues).

Un an plus tard, l’entreprise avait retrouvé l’équilibre budgétaire. La Ferme aquacole emploie aujourd’hui 48 salariés et l’Ecloserie marine, 27. Le tonnage de production est remonté à 1 800 tonnes ; 8 millions d’euros ont été investis pour la remise à niveau et le renouvellement des installations. La concurrence, jusqu’à peu, était essentiellement intensive et d’une qualité médiocre, elle tend aujourd’hui à progresser. La filière française est donc toujours confrontée à une concurrence agressive. Aquanord n’a d’autres alternatives que de conserver un niveau de qualité élevé et de poursuivre la recherche concernant de nouvelles espèces.

Gloria Maris. Philippe Riera crée Gloria Maris en 1992. Sous sa direction, cette petite ferme de 200 tonnes devient la plus performante de Corse. En 2006, Gloria Maris devient la 2e ferme aquacole nationale et le premier exportateur de Corse.

Le groupe est constitué par cinq entreprises. Il est constitué de 180 salariés, affiche une production de 3 600 tonnes (bar, daurade, maigre et turbot), 20 millions d’alevins de bar et 7 millions d’alevins de turbot. Il exporte 50% de sa production dans le monde entier.