Hauts-de-France Prévention

Contre les coups durs, la CCI prépare sa solution

Publié dans l'édition Nord N. 8823 par

La CCI de Région est en train de mettre sur pied Hauts-de-France Prévention. Un dispositif qui s’adressera, à partir de juin, aux entreprises de plus de dix salariés, et leur viendra en aide en cas de gros imprévu.

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D.R.

La CCI de Région s'est associée au Conseil Régional pour mettre sur pied Hauts-de-France Prévention.

Un sinistre, un gros client qui met la clef sous la porte ou un mauvais payeur, la vie des entreprises est rythmée par des imprévus … qui parfois font très mal. Pour des entreprises déjà fragilisées, ou juste à l’équilibre, ces aléas peuvent vite tourner au drame, et à la faillite. C’est pour répondre, en urgence, à ces problèmes de trésorerie avant qu’ils ne dégénèrent, que la CCI de Région s’apprête à mettre en place Hauts-de-France Prévention. Un dispositif directement inspiré de CCI Prévention, instauré à l’échelle de la métropole lilloise par Philippe Hourdain, alors président de la CCI Grand Lille. Une belle réussite, d’après ses troupes, qui assurent que son extension à la région est très attendue par les chefs d’entreprises.   

Les PME ciblées. Dupliqué à l’échelle de la Grande Région, le dispositif voit donc son périmètre étendu, mais le principe reste le même, explique David Brusselle, le directeur général de la CCI de Région. « Nous nous adressons à toutes les entreprises de plus de 10 salariés basées dans les Hauts-de-France, quel que soit leur secteur d’implantation ou d’activité. L’objectif, c’est de venir en aide financièrement à des entreprises qui ne sont pas en grande difficulté, mais qui traversent un trou d’air, une période difficile ponctuelle, avec une perte brutale de chiffre d’affaires qui fragilise, voire compromet, la pérennité de l’entreprise. La logique, c’est de sauvegarder l’activité de l’entreprise et ses emplois.« 

Un dispositif de sauvegarde qui devrait bénéficier d’une enveloppe de 20M€ pour cinq ans, alimentée à hauteur de 12M€ par le Conseil régional, et de 8M€ par la CCI de Région. Ce total devrait permettre d’aider environ 350 entreprises de la région, dans un premier temps – les montants pourraient être revus à la hausse par la suite. « Les versements se feront sous forme de prêts, sur une durée de cinq ans, avec des tickets entre 50 000 et 300 000€, et une année de différé d’amortissement. Il sera accordé sans garantie sur les actifs de l’entreprise ou du dirigeant, mais pas sans contrepartie : l’entreprise doit accepter un accompagnement de la part de la CCI. La solution ne peut pas être que financière, il faut aussi un accompagnement, sur des problématiques RH, ou sur l’accès au marché par exemple. Et il faut absolument un co-financement, la CCI n’interviendra pas seule.« 

Co-financement. Dans les faits, le chef d’entreprise en difficulté devra débloquer soit des fonds privés, à hauteur du montant obtenu auprès de Hauts-de-France Prévention. Soit, recourir à un prêt bancaire. Il devra alors obtenir au moins le double du prêt consenti par la CCI. « Si on prête 300 000€, il faudra que le chef d’entreprise ait obtenu au moins 600 000€ de la banque, résume David Brusselle. Et si par ailleurs, il a obtenu 300 000 € en fonds propres, le total peut vite grimper à 1,2M€!« 

Pour ne pas se placer en concurrence des banques, La CCI s’alignera sur le taux d’intérêt que le chef d’entreprise aura réussi à négocier auprès des banques. Et Hauts-de-France Prévention ne demandera pas de frais de dossiers, ni aucune garantie. « On prévoit un peu de casse, mais ce sera marginal« , assure David Brusselle. Le dispositif, qui devrait être opérationnel début juin, s’appuiera sur l’ensemble des réseaux des CCI régionales. Des correspondants Hauts-de-France Prévention seront nommés dans chaque antenne, pour accueillir les chefs d’entreprises, diagnostiquer le problème et le guider tout au long du processus. Lequel se devra d’être court et réactif, pour répondre avec agilité aux difficultés des entreprises. La CCI estime que le temps de réaction devrait se situer entre six semaines et deux mois.