ÉCHOS DU ROYAUME-UNI

De l’autre côté du Channel…

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9631 par

Brexit : les négociations vont enfin démarrer. Theresa May activera officiellement l’article 50 du traité de Lisbonne le 29 mars prochain, entamant ainsi la procédure de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Du côté de Bruxelles, les 27 Etats membres se réuniront dans les semaines qui suivent afin de se concerter sur le cadre à […]

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Brexit : les négociations vont enfin démarrer. Theresa May activera officiellement l’article 50 du traité de Lisbonne le 29 mars prochain, entamant ainsi la procédure de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Du côté de Bruxelles, les 27 Etats membres se réuniront dans les semaines qui suivent afin de se concerter sur le cadre à donner aux négociations, qui ne pourront pas durer plus de deux ans. Face aux 27, le Royaume-Uni semble cependant affaibli par l’Ecosse qui souhaite rester au sein de l’UE. Le Premier ministre écossais, Nicola Sturgeon, a fait part de sa volonté de présenter un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse avant le printemps 2019. Londres, qui peut refuser la tenue de ce référendum, prendrait cependant le risque de faire monter la fièvre en Ecosse et de sembler refuser l’expression populaire.

Malgré les incertitudes dues au Brexit, Toyota investit au Royaume-Uni. Le fabricant automobile japonais a annoncé qu’il va investir 240 millions de livres (274 millions d’euros) dans son usine de Burnaston, dans le comté de Derby. Cet investissement, qui vise à moderniser le site de production, est rendu possible grâce à l’aide apportée par le gouvernement britannique d’un montant de 21,3 millions de livres. Toyota est cependant conscient du risque que représente le Brexit. «Le maintien d’un accès au marché libre avec l’Europe […] sera vital pour nos succès futurs», admet Johan van Zyl, PDG de Toyota Motor Europe. Aujourd’hui, 85% des véhicules produits au Royaume-Uni sont en effet exportés vers l’Europe.

Les entreprises écossaises confiantes en leur avenir. Une étude menée par le cabinet de conseil  écossais Johnston Carmichael révèle que 70% des PME prévoient de s’agrandir ces prochaines années, malgré une «profonde incertitude» quant au Brexit. En effet, 47% des PME voient le Brexit comme leur principale préoccupation, alors que 43% des entreprises craignent plutôt la perspective d’un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse.

Le cours de la livre sterling s’est stabilisé, mais une chute est à craindre. Depuis son point le plus bas, atteint en octobre 2016, le cours de la livre se maintient à un taux environ 10% inférieur à celui d’avant le référendum en faveur du Brexit. En dépit des prévisions, le chômage diminue et la croissance du PIB s’accélère, notamment grâce à la consommation des ménages. Cependant, il ne faut pas oublier que la balance courante britannique a un déficit équivalent à 5% du PIB. Donc, tant que le pays arrive à attirer les investissements étrangers, cette stabilité devrait se maintenir. Mais si les négociations du Brexit prennent une mauvaise tournure, alors les investisseurs pourraient se montrer plus réticents et le déficit de la balance courante deviendrait insoutenable, provocant une nouvelle chute de la livre.

Les Nations unies demandent l’arrêt des travaux d’Hinkley Point. La Commission économique pour l’Europe des Nations unies (CEE-ONU) a demandé au gouvernement britannique de suspendre la construction de l’EPR d’Hinkley Point C, en raison de son échec à consulter les autres pays européens sur ce projet. La CEE-ONU avait déjà déclaré l’année dernière que le Royaume-Uni n’avait pas respecté ses obligations de discuter de l’impact d’un possible accident à la centrale avec ses pays voisins. La Commission exige désormais que le gouvernement entende les autres pays européens avant de continuer les travaux de construction, en vertu de la convention d’Espoo sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement.

La hausse des taxes menace les pubs londoniens. Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’inquiète pour l’avenir des commerces indépendants et familiaux qui pourraient être obligés de quitter les rues commerçantes de la capitale à cause de l’augmentation des taxes d’entreprise. Les nouveaux taux d’imposition des entreprises votés par le gouvernement rentreront en vigueur le 1er avril 2017. Leur réévaluation, qui prend en compte l’emplacement du commerce, atteindra +45% dans certaines rues londoniennes. Face aux premières inquiétudes quant aux surcoûts de cette hausse, le chancelier de l’Échiquier (ministre en charge des Finances et du Trésor), Philip Hammond, a annoncé un programme d’aide de 435 millions de livres en faveur des commerces de proximité. Sadiq Khan estime cependant qu’au moins un millier de pubs ne seront pas éligibles à ce plan d’aide.