Échos du Royaume-Uni

De l’autre côté du Channel…

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9629 par

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Les Lords approuvent un deuxième amendement. La nouvelle est difficile à entendre pour Theresa May : un deuxième amendement au projet de loi autour du Brexit a été approuvé par la Chambre des lords. Cette dernière réclame qu’en dernière instance, après négociations avec l’Union européenne, le Parlement ait le dernier mot sur le résultat de ces négociations. Si le premier amendement proposé par la Chambre des lords qui vise à protéger les droits des travailleurs issus de l’Union européenne a toutes les chances d’être rejetée par la Chambre des communes, ce deuxième amendement, qui a été voté à 366 voix contre 268, va probablement donner du fil à retordre au gouvernement mené par Theresa May : certains élus conservateurs seraient tentés de donner un «filet de sécurité parlementaire» selon les mots d’Anne Soubry, député parmi les vingt Tories favorables à cet amendement. Theresa May, quant à elle, estime qu’il serait imprudent à ce stade de s’assurer de la sorte : l’Union pourrait proposer un accord défavorable au Royaume-Uni, dans l’espoir que le Parlement le rejette…

 

Des hausses d’impôt à prévoir ? Mauvaise année pour le pouvoir d’achat des ménages : le coût de la vie a augmenté ces derniers temps au Royaume-Uni et voilà qu’une hausse d’impôts se profile. Plusieurs médias britanniques prévoient que Philip Hammond, le chancelier de l’Échiquier, annoncera une hausse d’impôts dans le cadre de la présentation du budget 2017. Le ministre des Finances britanniques refuse de voir le déficit public augmenter alors qu’une hausse des dépenses est à prévoir : des dépenses de santé pour un milliard de livres sterling, ainsi que 300 millions de livres pour compenser la hausse de la taxe professionnelle pour les bars et les magasins. Les hausses d’impôts concerneraient les auto-entrepreneurs, dont les cotisations sociales devraient s’aligner sur celles des salariés. Les taxes sur l’alcool devraient elles aussi augmenter. D’autre part, le chancelier de l’Échiquier prévoirait un fonds de 60 milliards d’euros afin de compenser les manques à gagner inhérents à la sortie de l’Union européenne, certains secteurs d’activité recevant beaucoup d’aides européennes.

 

Des augmentations pour le beurre et le thé. L’inflation est particulièrement forte outre-Manche (à hauteur de 1,4% de décembre à fin février selon les chiffres du Kantar Worldpanel, soit le double de l’inflation entre novembre et fin janvier). Mais elle est particulièrement significative pour des produits comme le beurre, dont le prix a tout de même augmenté de 15,8%, pour le poisson (+8,8%) et pour le thé, qui a augmenté de 6%. Le fautif : le taux de change de la livre sterling, qui a perdu 12% de sa valeur depuis le référendum du 23 juin. Les produits en question sont tous importés. Pour le Guardian, il s’agit de la première augmentation observée depuis 2014, la concurrence entre les supermarchés ayant occasionné une relative stagnation. Pour l’OCDE, qui prend la question très au sérieux, «l’inflation frapper[a] les ménages britanniques cette année », ce qui aura pour conséquence de les « rendre moins disposés à dépenser de l’argent» et de « freiner la croissance économique».

 

PSA redoute le Brexit lors de l’acquisition de Vauxhall… Car si le groupe achète Opel, il s’agit d’acheter aussi Vauxhall, marque qu’Opel a utilisée pour vendre tous ses véhicules chez nos voisins britanniques. «Si ce n’est pas un Brexit dur, tout le monde sera content car le marché sera en meilleure forme et tout le monde en tirera avantage», a déclaré le PDG du groupe Carlos Tavares, qui essaiera dans ce cas de figure d’être performant et concurrentiel. Dans le cas contraire, PSA compte profiter au maximum du faible coût de la livre sterling : «Peut-être qu’en termes de stratégie, ça sera une bonne opportunité de pouvoir s’approvisionner depuis le Royaume-Uni afin d’avoir une structure coûts en livre sterling plutôt qu’en euro.» Le PDG du groupe pense ainsi «développer la base fournisseurs et (croit) que c’est quelque chose que le gouvernement britannique comprend très bien parce que c’est dans notre intérêt d’avoir des usines au Royaume-Uni avec cette structure coûts en livre sterling ».

 

Le gérant M&G compte mettre le cap sur le Luxembourg. Ne sachant pas si le Brexit lui sera favorable, le grand gérant M&G a décidé de placer ses billes au Luxembourg. Gérant 355 millions d’euros, y compris en Europe, M&G veut ainsi conserver son passeport européen. Ne sachant pas si le passeport européen sera renouvelé à l’issue du Brexit, le géant de la gestion a donc décidé d’émigrer…