A Gravelines : Eupec mise sur l’activité partielle et un différé de 10% des salaires pour remonter la pente

Deux tiers des emplois sauvés

Publié dans l'édition Nord N. 8823 par

Pour maintenir l’emploi et l’activité, l’entreprise, spécialisée dans le revêtement de pipelines, a trouvé une solution alternative au plan social, avec le soutien des partenaires institutionnels locaux ainsi qu’avec l’aval des représentants syndicaux.

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Eupec est une entreprise de pipecoating basée à Gravelines, qui dispose de deux autres sites, à Grande-Synthe et Saint-Pol-sur-Mer. En 2012, Mutares, groupe allemand spécialisé dans le holding industriel, rachète l’entreprise, qui rencontre déjà des difficultés, au groupe coréen Corado. Après avoir connu la cessation de paiement et le départ d’une douzaine de salariés suite à l’annonce d’un plan social, Eupec est aujourd’hui en maintien d’activité.

Pour faire face à une crise conjoncturelle, entraînant une baisse des investissements et donc des projets (le CA de l’entreprise est passé de 45 M€ en 2015 à moins de 15 M€ en 2016 et devrait se maintenir à 12,5 M€ en 2017), l’entreprise Eupec, propriété du groupe Mutares, a misé sur une alternative au plan social. Se rapprochant des élus et représentants syndicaux, avec l’adhésion des institutions locales, la direction a opté pour une solution novatrice qui repose sur un dispositif d’activité partielle et de maintien dans l’emploi, en plus d’un gel des salaires sur trois ans, ainsi qu’un différé de 10% des salaires de 2017 remboursable dès 2018 au taux d’intérêt de 1,5%. Ce qui représente entre 100 000 € et 500 000 € de différé sur l’année. «Il n’y a pas d’impact en termes de pouvoir d’achat et ça permet de libérer de la trésorerie, résume François Martin, nouveau président-directeur général d’Eupec. Nous étions dans une logique d’adhésion individuelle : chaque collaborateur a eu quinze jours pour se positionner. Et il était important pour nous de passer par cette adhésion individuelle. A l’issue de ce délai, 60 des 93 salariés de l’entreprise ont accepté cet accord, qui a été signé le 19 décembre dernier avec la CGT. A partir de là, nous avons pu organiser le transfert de compétences pour assurer 100% des métiers et de la qualité de la prestation.» Objectif : limiter l’impact de la forte dégradation du marché, maintenir la viabilité de l’entreprise et pouvoir répondre dès 2017/2018 aux attentes des clients. «Nous pourrons ainsi nous consacrer aux nouveaux marchés sur lesquels se positionner et aux nouveaux produits à développer, poursuit le nouveau directeur. Nous avons besoin de redonner confiance à nos clients, on est sur des projets à long terme. Il faut donc assurer la pérennité de l’entreprise, relancer la croissance de l’entreprise. L’activité partielle nous permet d’assurer le service et n’a pas d’impact sur nos clients puisque le planning est établi au mois, avec des taux d’activité partielle selon les postes et les priorités. Notre priorité est de regarnir notre carnet de commandes», conclut le dirigeant. D.R.