Ferroviaire

Ecovigidriv, pour une conduite plus économique et vigilante des tramways

Publié dans l'édition Nord N. 8823 par

Le projet Ecovigidriv a présenté le 14 mars 2017 le fruit de ses recherches, au sein de l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis. Trois nouveautés technologiques devraient équiper prochainement les futurs tramways et trams-trains, qui représentent un marché mondial en croissance.

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Anne Henry-Castelbou

Simulateur de conduite de tram-train.

Les équipes de chercheurs travaillent sur Ecovigidriv depuis 2013. L’objectif de ce projet est de sécuriser davantage la conduite des tramways et tram-trains. « Il faut dire que les enjeux sont importants. Ce mode de transport doux ne cesse de se développer dans le monde entier. Et notre région est à la pointe dans ce domaine, avec une réelle expertise dans le ferroviaire depuis plus d’un siècle« , souligne Frederic Vanderhaegen, responsable scientifique à l’université de Valenciennes et Railenium. Plusieurs acteurs ont travaillé ensemble : Alstom, les PME Haption et Savimex, le laboratoire de l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis LAMIH-UMR CNRS 8201 et le centre de recherche ferroviaire l’IRT Railenium.

 

Anne Henry-Castelbou

Présentation du projet Ecovigidriv par Denis Miglianico, porteur du projet chez Alstom, et Frederic Vanderhaegen, responsable scientifique à l’université de Valenciennes et Railenium.

Trois briques technologiques. Quatre ans après, Ecovigidriv aboutit à trois nouvelles briques technologiques. Elles étaient rendues publiques quelques jours avant leur présentation au salon international du ferroviaire (SIFER) à Lille. La première est la création d’un afficheur «tête haute». « Il projette sur le pare-brise la vitesse et des flèches en couleurs qui indiquent au conducteur comment adapter sa vitesse pour une écoconduite« , précise Denis Miglianico, porteur du projet chez Alstom. Ecovigidriv a permis également de confectionner un nouveau manipulateur, utilisé par le conducteur pour changer les vitesses : cette fois-ci, il n’est plus mécanique mais haptique, avec un retour de force, et il permet d’intégrer des consignes d’écoconduite. Enfin, un système de contrôle de vigilance, à l’aide de caméras embarquées dans la cabine de conduite, permet d’alerter le conducteur en cas de baisse d’attention. 

 

Anne Henry-Castelbou

«Pschitt-Rail», premier simulateur de conduite de tramways et trams-trains en France dédié à la recherche, à l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis.

Premier simulateur de conduite dédié à la recherche. Pour aboutir à ces résultats, l’équipe de chercheurs a installé un simulateur de conduite 3D, «Pschitt-Rail», au sein même de l’université. On en trouve généralement chez tous les grands opérateurs ferroviaires pour former leurs conducteurs. Mais celui-ci est particulier : c’est le premier simulateur de conduite de tramways et trams-trains en France dédié à la recherche. Une cabine de conducteur a été reconstituée. Grâce aux vérins électriques situés en dessous, elle est mobile et simule l’évolution de la route. Face au conducteur, un visuel 3D sur 225 degrés est projeté sur plusieurs écrans, avec plus de 60 km de voies modélisées. Tous les scénarios sont prévus, avec des conduites en cas d’intempéries, avec ou sans foule… 80 conducteurs ont participé à cette campagne expérimentale, testant les trois nouvelles innovations, avec des retours d’expérience très favorables.

Clients déjà intéressés. Ce projet de 3,6 millions d’euros a été cofinancé par l’Union européenne, l’Etat, les Régions de Hauts-de-France, Pays de la Loire, PACA et le pôle de compétitivité i-Trans. Onze brevets ont été déposés. Après cette phase de recherche, le projet entre maintenant dans une phase d’expérimentation. L’afficheur «tête haute» est testé actuellement à Nice. Puis, Ecovigidriv entrera dans une phase d’industrialisation. Mais déjà des clients potentiels se disent intéressés.