Pour la sécurité des riverains, l'Etat investit massivement

La digue de Sangatte fait peau neuve

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9628 par

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

«Il était temps !» C’est une des premières paroles de la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio, soulagée, qui met en avant le travail fait en amont : «c’est la fin de toutes les procédures, c’est allé relativement vite», compte tenu de toutes les étapes qui ont dû être franchies avant de débuter les travaux. La digue de Sangatte protège 12 000 habitants, des entreprises, ainsi qu’une zone commerciale, des champs, des routes, des lieux touristiques, tels que les campings, des dangers de la submersion marine. Ce qui justifie les cinq années qui se sont écoulées depuis le début du projet. «Il faut faire les choses sérieusement, explique la préfète du Pas-de-Calais. Ce sont 19 millions d’euros payés par les citoyens, il faut que le pays fasse attention à ce qu’il fait.. L’intérêt des habitants est que ça aille vite, mais aussi que la digue soit solide.» Les 19 millions d’euros que coûte le projet ont en effet été directement investis par l’État à travers le fonds Barnier, créé après les ravages qu’a causés la tempête Xynthia en Vendée en 2010. C’est sur la base des enseignements d’une autre tempête passée par Sangatte qu’ont été réalisés les plans de la digue : la tempête Xaver, survenue à la fin de l’année 2013.

Opérations. La base de la digue sera constituée d’enrochements provenant de trois carrières de Marquise, à savoir les Carrières de la Vallée Heureuse, les Carrières de Stinkal et les Carrières du Boulonnais, surmontés d’une dalle de béton. L’ensemble se dressera sur 8 mètres, dont 5 mètres hors sol (pour l’heure, la digue est haute de 3,5 mètres à 4 mètres), et s’étendra sur 2,4 kilomètres le long de la côte. Les pieux s’alignant tous les 300 mètres sur la plage sangattoise, destinés à retenir le sable sur la plage et à casser le courant marin, seront remplacés par d’autres pieux en chêne français. Le chantier est géré par un groupement d’entreprises, formé d’une part par Spie Batignolles, en charge du génie civil et du béton, ainsi que de l’approvisionnement des enrochements et des pieux en bois, et d’autre part par EPV, qui gérera le terrassement et la mise en œuvre des enrochements. Au total, ce seront 380 000 tonnes d’enrochements sourcés localement qui orneront la digue de Sangatte, livrés à mesure de 1 000 tonnes par jour pour le moment, pour arriver par la suite à 2 500 tonnes. D’ores et déjà 45 000 tonnes de pierre sont sur place. «On commence l’approvisionnement à l’heure qu’il est, annonce Stéphane Brimeux, chef du service des affaires maritimes du littoral. Ensuite, on coulera du béton sur la partie supérieure de l’ouvrage.» Fin des travaux prévue en octobre, avec tout de même une pause estivale : il faut bien que tourisme se fasse…

 

CAPresse

Fabienne Buccio, qui a posé la première pierre, a désormais pris ses fonctions en tant que préfète de la Région Normandie.

 

CAPresse

Les pieux de la plage de Sangatte seront remplacés par d'autres, en chêne.

 

Calendrier du projet

• 13 décembre 2012 : fin de la concession de la digue de Sangatte au Syndicat des digues et dunes du Calaisis.

• Février 2014 : étude des dangers autour de la digue de Sangatte.

• 1er juillet 2014 : examen de trois scénarios : la reconstruction entièrement en enrochements, en béton ou une solution intermédiaire mêlant les deux matériaux.

• 29 août : adoption d’une solution définitive.

• 17 février 2015 : la Commission inondation donne son accord pour le projet.

• 11 juin 2015 : la Commission mixte inondation donne elle aussi son aval.

• 25 mars 2015 : dépôt du dossier «Loi sur l’eau», indispensable à la poursuite des opérations.

• 6 novembre 2016-22 décembre 2016 : organisation de concertations publiques.

• 26 avril 2016 : dossier d’autorisation de destruction d’espèces protégées instruit par la DREAL, sous conditions d’aménagements, de préservation et de surveillance des espèces concernées.

• 20 juin 2016-22 juillet 2016 : enquête publique autour du projet de digue ; le commissaire enquêteur rend son rapport le mois suivant.

• Décembre 2016 : installation de la base de vie du chantier.

• Fin octobre 2017 : fin prévue des travaux, après une pause estivale.