Agroalimentaire

La filière semencière, un atout fort en région

Publié dans l'édition Nord N. 8821 par

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D.R.

La région compte plus de 1 000 emplois dans la filière semencière.

 

 

Blé, maïs ou betterave, la France est le 1er producteur de semences en Europe et occupe le 1er rang des exportateurs mondiaux. Il faut dire qu’à elle seule, la France compte 353 000 hectares consacrés à la production de semences, soit 17% des terres dédiées aux semences en Europe. Une production importante, qui s’exporte massivement : en 2015-2016,  la filière a réalisé 47% de son chiffre d’affaires à l’export, soit 1,8 Md€ réalisés à l’étranger sur un total de 3,3 Md€. Des chiffres qui augmentent chaque année : entre 2008 et 2013, la filière a connu une augmentation de près de 30% de son chiffre d’affaires, qui continue de grimper. Une excellence reconnue à l’étranger, souvent imitée mais jamais égalée, se vante le GNIS, le Groupement national interprofessionnel des semences et plants. « On observe un mouvement de relocalisation des entreprises en France. Certaines qui avaient délocalisé la production dans les pays de l’Est reviennent en France, se félicite Benoit Laffineur, le délégué régional Nord du GNIS. La qualité de la production à l’étranger n’est pas toujours satisfaisante. » En tout, la filière française des semences et plants comprend 72 entreprises de sélection, 248 entreprises de production, 19 000 agriculteurs multiplicateurs et 8 100 distributeurs. Un ensemble d’acteurs qui comptabilisent 15 000 emplois sur le sol français, assure le GNIS.

 

Les Hauts-de-France, leader. Au sein de cette filière dynamique, la région fait bonne figure. Avec 11 entreprises de sélection et 28 entreprises de production, la filière génère 1 000 emplois directs, plus de 300 emplois indirects et l’équivalent de 500 ETP en emplois saisonniers, compte le GNIS. Et ce, sans compter les 1 700 agriculteurs multiplicateurs et leurs salariés et saisonniers, qui s’emploient à produire des semences sur le sol régional, ni les salariés des 951 points de vente régionaux. Spécialisée dans les céréales, la betterave sucrière, la pomme de terre et les endives, avec 85% de la production nationale, la région fournit la France entière et exporte majoritairement vers l’Europe du nord, de l’est et l’Angleterre. Elle est également la 2e région productrice française pour le lin après la Normandie. Une plante dont les multiples usages font le succès et pour laquelle la demande augmente régulièrement, particulièrement en Inde.  « En 2017, on estime qu’il va y avoir une hausse de 10% de la surface plantée en lin dans la région, à 88 000 hectares, et les semenciers doivent suivre. Mais attention : si le marché est prometteur, il reste un marché de niche, donc fragile. Nous appelons plutôt à la prudence« , met en garde Benoit Laffineur.

Forte d’un savoir-faire reconnu et d’entreprises nombreuses et innovantes, la région reste à la pointe pour répondre aux défis qui s’annoncent à l’avenir, assure le GNIS. « Nos défis pour 2017, c’est de continuer à assurer la sécurité alimentaire et la compétitivité de nos semences pour les agriculteurs, en leur proposant des plantes qui résistent toujours mieux aux évolutions des conditions climatiques pour assurer la stabilité de la production« , résume le délégué régional du GNIS.