Un carnet de commandes bien rempli pour le chantier naval boulonnais

La Socarenam met à l’eau deux chalutiers pour les Côtes-d’Armor

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9637 par

Les lancements de navires s’enchaînent au chantier naval Socarenam de Boulogne-sur-Mer. Le 27 avril, à marée haute, ce sont même deux gros chalutiers qui, en moins d’une heure, ont été sortis de la cale couverte par le remorqueur Le Boulonnais.

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Le premier lancé est destiné à Jimmy Eouzan et Antoine Travadon. Equipé d’un Caterpillar C32, le California (21,50 mètres de long, 7 mètres 20 de large, 150 UMS de jauge), aux formes racées, porte le nom d’une Ferrari, comme les trois autres déjà lancés par la Socarenam pour les deux armateurs de Plérin (Côtes-d’Armor), le Stradale (en 2012), le Scuderia (en 2014) et le Maranello (en 2016), sans compter les navires qu’ils ont achetés d’occasion. «Une véritable Ferrari de la mer !», commentent-ils. «Cela fait quatre sister-ships en cinq ans, se félicite Jimmy Eouzan, aux côtés de son père Emile qui a fondé l’armement. Avec le chantier naval, nous avons beaucoup travaillé autour de la réduction de la consommation, tant dans la ligne du bateau pour réduire la prise au vent que dans la propulsion. Nous sommes satisfaits des économies de carburant réalisées.»

D.R.

Les armateurs Jimmy Eouzan (à gauche) et Antoine Travadon, devant leur nouveau chalutier, le California.

 

Le second va également rejoindre la Bretagne, plus précisément la baie de Saint-Brieuc. Il enrichira la flottille d’un autre fidèle client du chantier boulonnais, l’armateur d’Erquy Jean Porcher. Son Diogène (25 mètres de long, 7 m 80 de large, 200 UMS de jauge) est le dix-huitième qu’il fait construire à Boulogne depuis 25 ans. Le navire a la particularité d’être doté d’un vivier à crabes et d’une machine à glace Geneglace d’une capacité de 2,5 tonnes par 24 heures.
Sa propulsion est assurée par un moteur diesel Eneria.

Les principaux sous-traitants conjoints aux deux chalutiers sont Bopp (treuils et enrouleurs), Leroy-Sommer (alternateurs), Johnson Controls Boulogne (froid cale à poissons), AME Saint-Brieuc (électronique de navigation), Cegelec Dieppe (électricité de bord), Menuiserie navale Lefèvre d’Etaples, EPMI Baincthun (sablage et peinture), Protection incendie de Cornouaille (détection).

D.R.

Sortant de la cale sèche de la Socarenam, le Diogène est le 18e chalutier construit à Boulogne pour l’armement costarmoricain Porcher.

 

Encore cinq navires en chantier. Philippe Gobert, le patron de la Socarenam, a retrouvé… la pêche. Il a encore trois chalutiers à livrer prochainement : deux unités de 25 mètres pour les frères Sagot du Tréport et une de 21 mètres 50 pour l’Armement cherbourgeois de David et Sophie Leroy.

«Nous faisons le pari du renouvellement de la flottille française, explique-t-il. Il n’y a pas eu de renouvellement depuis dix ans, mais cela représente un vrai potentiel pour nous.» Lors du bilan dressé à l’issue des douze premiers mois d’exploitation de l’Arpège («le chalutier du futur»), Philippe Gobert a assuré qu’ «il peut construire ce chalutier en série au prix unitaire de 4,5 millions d’euros, c’est-à-dire à peine 10% supérieur à celui d’un chalutier traditionnel».

S’il compte sur cette avance technologique pour engranger de prochaines commandes pour la pêche, il a su parallèlement gagner la confiance de la Marine nationale et des Douanes en s’appuyant sur son site de Saint-Malo qui construit les coques de plus de 50 mètres. Les lancements de navires gris s’enchaînent. Après la vedette de surveillance générale Seudre (32,40 mètres) pour la douane de Royan, et le patrouilleur léger guyanais La Confiance (60 mètres), le chantier est en train d’achever la construction de leurs sister-ships : le Libecciu pour la douane de Bastia et La Résolue, de nouveau pour la Guyane.