Les usagers du port de Boulogne éditent un livre blanc

Le mareyage fixe ses priorités pour Capécure

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9639 par

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Capécure est le moteur économique du Boulonnais. On y recense en 2016 quelque 81 entreprises de transformation et de commercialisation, pour un effectif total de 2 300 salariés (en baisse de 20% par rapport à 2007), qui traitent annuellement 274 000 tonnes de produits de la mer. «Ces seules activités de transformation et de commercialisation dégagent 161 millions d’euros de valeur ajoutée, rappelle Aymeric Chrzan, secrétaire général du syndicat de la corporation, soit presque le double de la richesse produite par le complexe industrialo-portuaire de Calais.»

D.R.

Le port de Boulogne est riche de différents bassins dédiés à la pêche, au commerce et à la plaisance, mais aussi de terre-pleins concédés, via des autorisations d’occupation temporaire du domaine public maritime, à des entreprises de mareyage.

Des taxes exorbitantes du droit commun. Les professionnels de la filière souhaitent être davantage associés aux décisions et au choix des investissements portuaires. Ils l’expriment dans les quatorze pages de ce livre blanc adressé aux élus des collectivités territoriales et aux responsables des organismes en charge de la gestion du port. Les entreprises, qui désirent maîtriser leur foncier, réclament la remise à plat du système des autorisations d’occupation temporaire du domaine public maritime (DPM) soumises à redevances, mais qui ne leur donnent aucun titre de propriété. Ils exigent, immédiatement, la suppression de la «surtaxe démolition», taxe exorbitante du droit commun, qui fait supporter par l’occupant d’un terre-plein la destruction de son bâtiment afin que le terrain soit rendu nu à l’échéance du bail. Un système de caution serait, à leurs yeux, plus approprié.

Les chefs d’entreprise souhaitent également une mise aux normes de la zone (très haut débit, gardiennage, voiries et aires de stationnement, signalétique, lutte contre les nuisibles, outil collectif de traitement des eaux usées), la sécurisation des accès routiers au port et une meilleure promotion portuaire. Pour faciliter le renouvellement de la flotte de pêche, est demandée la création d’un outil de capital-investissement fédérant les divers concours publics et privés.

D’autres doléances plus sectorielles. Les entreprises de la nouvelle zone Capécure 2 réclament une passerelle piétonne à l’écluse Loubet pour raccourcir la route de leurs salariés non motorisés. D’autres souhaitent un nouveau bâtiment collectif de marée ou l’installation d’ateliers-relais en complément de la pépinière d’entreprises Haliocap. De même, la rénovation et le développement de moyens d’assèchement sont jugés indispensables à la construction navale et à l’entretien de la flottille de pêche locale.

D.R.

Les mareyeurs réclament également l’accélération de l’automatisation des transmissions des données de la criée.

A contrario, certains choix stratégiques opérés par les décideurs locaux, sont considérés comme non prioritaires : aquaculture, thalassothermie, port de plaisance, éoliennes, projets touristiques ou ludiques. Ce qui n’étonne pas de la part de professionnels, essentiellement concernés par la pêche, qui tiennent à conforter la vocation halieutique de leur port. «Les collectivités auraient-elles abandonné cette vocation ? interrogent-ils en conclusion de leur livre blanc. On est en droit d’attendre des réponses. A chacun d’assumer ses responsabilités : aux professionnels de faire leur métier avec le maximum de dynamisme ; aux décideurs, institutions publiques et gestionnaire délégué, d’en créer ensemble toutes les conditions.»